Camus, L’Étranger - Dans quelle mesure le roman évoque-t-il l’absurde ?

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour je dois rédiger une question de corpus sur le roman de camus l'étranger. La question est :
Je compte faire ainsi
- meursault et Son indifférence a tout: a sa mère et a marie (refus conventions sociales)
2-meursault et sa lucidité inébranlable: lors du procès il avoue tout sans gène
3- meursault et son attitude enfantine car il dit "maman" et qu'il tire quatre fois sur l'arabe sans raisons
4- l'entourage de meursault : Raymond est boxeur mais demande a meursault de le défendre. Salamano n'aime pas sa femme et son chien mais il pleure quand même a leur décès
5- les événements s'enchaînent tel une fatalité


Qu'en pensez vous ???
N'oubliez pas le plus invraisemblable : un pied-noir guillotiné pour avoir tué un arabe en légitime défense.
Un pied noir guillotiné??
Tout le reste est bon ? J'ai l'impression d'en avoir beaucoup trop dit
Meursault est condamné à mort. Comme c'est lui l'instance narrative (à comparer avec le Dernier jour d'un condamné de Hugo), il n'est évidemment pas exécuté dans le roman, mais le lecteur comprend que la dernière page est sa dernière aube.
On a traité cent fois de l'absurde chez Camus. Regardez les autres sujets au bas de l'écran. Et attention à la formulation de la question : ce n'est pas le roman qui est absurde…
Vous ne pouvez pas juste me dire si ce que j'ai mis est bien pour une question de corpus ou si j'ai trop détaillé ? Les sujets sur camus sont tous des dissert..
Merci quand même
Oui, mais la notion d'absurde doit être bien comprise sous peine de contresens. Ce n'est pas parce que les sujets ne correspondent pas au vôtre qu'ils ne sont pas utilisables !
Meursault ne paraît pas "parfois absurde". C'est un personnage qui, en raison de son attitude, puis de son "engagement" nous aide à pénétrer la conception camusienne de l'absurde. Ce n'est pas tel ou tel personnage qui est ou non absurde, c'est le rapport qu'il entretient avec le monde et la plus ou moins grande cohérence qu'il croit lui trouver qui doivent être jugés tels.
Attention d'autre part à ne pas confondre absurde et invraisemblable. C'est un autre problème, trop vaste pour être traité en quelques lignes, mais important du fait que cette fois, c'est le roman lui-même qui peut être remis en question…
Très bien merci beaucoup !
Finalement ce qui relève de l'absurde dans ce roman c'est :
- le rapport qu'entretient meursault avec le monde car il ne se rappelle plus du jour ou sa mère est décédée, qu'il relate son traintrain quotidien pendant la première partie, le fait qu'il ne pleure pas a l'enterrement, "qu'il avoue tout sans vouloir se défendre"(?) et surtout qu'il désire des spectateurs a son exécution
- les événements qui s'enchaînent comme une fatalité
- les personnages comme Raymond qui est boxeur mais qui a besoin de meursault pour se défendre et Salamano qui n'aime pas sa gamme et son chien mais qui pleure a leur mort

-devrais je rajouter que le meurtre de l'arabe aussi relève de l'absurde par rapport au faut que le soleil y soit impliqué ?


(Tout en sachant qu'il s'agit d'une question de corpus)

Je vous remercie d'avance
Au début, Meursault semble "étranger" au monde dans lequel il évolue : les événements semblent glisser sur lui, il est indifférent à tout et se pose en spectateur détaché. Pourquoi ? C'est qu'en fait, Camus a donné à son héros une sorte de prédisposition à saisir l'absurdité du monde que les autres jugent rationnel, obéissant à une finalité discernable dans les moindres habitudes de la société ou des comportements, et dans lequel chacun pense jouer un rôle sérieux et majeur. Quelques exemples : l'attitude des autres lors de l'enterrement de sa mère (mais pourquoi n'a-t-il pas pleuré et pourquoi est-il allé voir un film comique juste après ?), son patron, qui a un souci excessif des formes (pour les condoléances), Marie, qui songe naturellement que l'amour doit aboutir au mariage, les supporters ("on les aura"/"on les a eus"), le personnage qui crache sur les chats…
A la suite de circonstances qu'il ne maîtrise évidemment pas (cf ses rapports avec Raymond Sintès, la présence du pistolet dans sa poche, le fameux soleil…), il commet un crime. Va s'ensuivre un procès auquel il reste étranger car, là encore, il n'adhère pas à cette pseudo-machine judiciaire, empreinte de rationalité, qui va "fabriquer" de toutes pièces une culpabilité dont les motifs n'ont rien à voir avec la réalité ; mais celle-ci, impénétrable aux juges, ne peut justement pas être rationalisée (à l'image du monde). Même la plaidoirie de son avocat manque totalement son objet. On peut dire que Meursault "assiste" à son procès en "étranger", et qu'il paraît tout aussi "étranger" (donc dangereux et condamnable aux autres).
Ce n'est que dans la prison, après la visite de l'abbé, que sa "révolte" (au sens camusien) va intervenir. Il refuse absolument que l'existence humaine ait sa finalité et son prolongement dans une quelconque transcendance. L'homme est condamné à mourir en ignorant ce pourquoi il est venu sur terre (il y a une explication ou il n'y en a pas, peu importe, cela revient au même), ainsi que le sens de ses actes, qui semblent dictés par un enchaînement de contingences impénétrables (en ce sens, on ne peut d'ailleurs pas parler de fatalité). Que lui reste-t-il ? Profiter des dernières heures de son existence, et accepter l'inéluctable, c'est à dire l'absurdité même du monde, mais cette fois en en ayant pris conscience. L'homme ne peut chercher à rationaliser le monde, et celui-ci se f… complètement de lui. D'où son attitude paradoxale : faire le jeu de cette absurdité. C'est ainsi qu'on peut expliquer pourquoi il veut qu'il y ait beaucoup de monde à son exécution ; c'est parce qu'il sent le monde "semblable à lui" et qu'il s'est en quelque sorte réconcilié avec lui. Il ne lui reste plus qu'à s'abîmer dans l'éclat des étoiles avant de retourner au néant… Je pense qu'il y a une préfiguration de cette attitude - mais tout instinctive alors - quand il avait continué à tirer sur sa victime, mais c'est une interprétation personnelle.

La question à traiter pourrait donc être : En quoi le personnage de Meursault nous aide-t-il à percevoir l'absurde selon Camus ?
Tu peux aussi traiter celle-ci : "En quoi Meursault est-il un "étranger" ?
Merci beaucoup de votre aide!
Cependant je ne peux pas me poser ces questions car le corpus consiste seulement a dire dans quelle mesure le roman évoque l'absurde

Il faut que je résume donc…
Attention, c'est une explicitation, pas un corrigé, et il faut aussi parler des autres personnages.
Et au final d'après vu qu'est ce qui relève vraiment de l'absurde dans ce roman?
Je crois que vous confondez deux sens du mot absurde :
1° "illogique", "irrationnel" (sens courant)
2° "dépourvu de finalité", "dépourvu de sens préétabli" (sens philosophique).
Les deux peuvent se rejoindre, car certains comportements peuvent sembler absurdes à l'observateur (vous avez cité le cas de Salamano, de Raymond), mais dans l'ensemble, vous n'avez à traiter que le sens philosophique du terme.
A signaler que pour la "société", Meursault ne paraît pas absurde, mais plutôt amoral, asocial et donc monstrueux, d'où l'importance que revêt le jugement dès le début du livre.
Ce qui peut nous paraître absurde et ce ql sur quoi je dois bâtir ma réponse est donc uniquement : le rapport que meursault entretient avec le monde et son jugement ?


Excusez moi je viens de le rendre compte que je me suis trompée en recopiant ma question de corpus sur le forum. Elle est en fait la suivante : dans quelle mesure le roman évoque l'absurde ? (C'est du niveau première)
Encore désolée et j'espère que vous pourrez m'éclairer ..
Si l'on revient à ta question initiale, tu peux adopter la démarche suivante :
1° Ce qui nous semble étrange dans le comportement de Meursault, au point qu'on peut le juger comme étant un inadapté, un marginal ou… un aliéné (étranger au sens étymologique) !
2° Mais on va découvrir que ce comportement est le refus instinctif de prendre un rôle convenu dans la société et d'appréhender le monde en pensant y trouver une cohérence, une finalité qu'il n'a pas et que lui prêtent les autres (les juges) : c'est le monde que nous jugeons absurde, cette fois dans le second sens du terme. Ce qui nous a permis de le faire est la "transparence" du regard de Meursault qui "enregistre" et transmet sans se faire juge (importance de l'écriture, ici).
3° Il ne reste plus qu'à "réconcilier" Meursault et le monde : celui-ci, loin d'être l'anti-héros qu'on pensait, nous montre l'art de bien mourir, puisque c'est la seule solution. Ce n'est pas un héros absurde, c'est le héros de l'absurde.

PS : J'ai commis une erreur : le personnage qui crache sur les matous, c'est dans la Peste !
Excusez moi je viens de me rendre compte que je me suis trompée en recopiant ma question de corpus sur le forum. Elle est en fait la suivante : dans quelle mesure le roman évoque l'absurde ? (C'est du niveau première)
Encore désolée et j'espère que vous pourrez m'éclairer ..
Pour ce qui est de t'éclairer… Il me semble que Jacques t'a tout de même déjà apporté quelques lumières !
Excusez-moi ce n'était pas avec une mauvaise intention que j'ai écrit ce message et oui il m'a beaucoup aidée.. Bonne soirée.
Gr… Je m'en doutais ! En ce cas, je crois effectivement avoir dit l'essentiel.

J'oubliais : dans sa prison, Meursault découvre aussi la liberté, chère aux existentialistes, mais avec la différence que chez Sartre, elle est inhérente à l'Homme (enfin, je crois) alors chez Camus, elle se conquiert.
Merci beaucoup beaucoup et encore désolée ! Merci de m'accorder de votre temps …
J'ai rédigé une écriture d'invention sur le sujet, seriez vous volontaire de la lire et de me donner votre avis ?
Il s'agit d'une scène du procès. J'ai du changer le point de vue et d'écrire la scène au point de vue d'un des personnages évoqués par Meursault : j'ai choisi le gendarme.