Claudel, L’Échange - Moi je connais le monde…

Entraide scolaire

7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous !

pourriez vous me dire si mes axes sont bons s'il vous plaît 🙂

Merci d'avance 🙂

I) le personnage de Lachy
a.femme fière
b; femme intelligente

II) la vision des spectateurs par Lachy
a. dévalorisation et blame des spectateurs
b. fresque de la population

III) qu'est ce que le théâtre?
a. illusion du réel
b. un échappatoire à la vie quotidienne

Voici le texte :
L'Echange de Claudel

LECHY ELBERNON. — Moi je connais le monde. J'ai été partout. Je suis actrice, vous savez. Je joue sur le théâtre.
Le théâtre. Vous ne savez pas ce que c'est ?
MARTHE.
LECHY ELBERNON. — Non.
— Il y a la scène et la salle.
Tout étant clos, les gens viennent là le soir, et ils sont assis par rangées les uns derrière les autres, regardant.
MARTHE.
LECHY ELBERNON. — Quoi ? Qu'est-ce qu'ils regardent, puisque tout est fermé ?
— Ils regardent le rideau de la scène,
Et ce qu'il y a derrière quand il est levé.
Et il arrive quelque chose sur la scène comme si c'était vrai.
MARTHE.
LECHY ELBERNON.
THOMAS .
LECHY ELBERNON. — Mais puisque ce n'est pas vrai ! C'est comme les rêves que l'on fait quand on dort.
— C'est ainsi qu'ils viennent au théâtre la nuit.
— Elle a raison. Et quand ce serait vrai encore, qu'est-ce que cela me fait ?
— Je les regarde, et la salle n'est rien que de la chair vivante et habillée.
Et ils garnissent les murs comme des mouches, jusqu'au plafond.
Et je vois des centaines de visages blancs.
L'homme s'ennuie, et l'ignorance lui est attachée depuis sa naissance.
Et ne sachant de rien comment cela commence ou finit, c'est pour cela qu'il va au théâtre.
Et il se regarde lui-même, les mains posées sur les genoux.
Et il pleure et il rit, et il n'a point envie de s'en aller.
Et je les regarde aussi, et je sais qu'il y a là le caissier qui sait que demain
On vérifiera ses livres, et la mère adultère dont l'enfant vient de tomber malade,
Et celui qui vient de voler pour la première fois, et celui qui n'a rien fait de tout le jour.
Et ils regardent et écoutent comme s'ils dormaient.
MARTHE. — L'œil est fait pour voir et l'oreille
Pour entendre la vérité.
LECHY ELBERNON. — Qu'est-ce que la vérité ? Est-ce qu'elle n'a pas dix-sept enveloppes comme les oignons ?
Qui voit les choses comme elles sont ? L'œil certes voit, l'oreille entend.
Mais l'esprit tout seul connaît. Et c'est pourquoi l'homme veut voir des yeux et connaître des oreilles
Ce qu'il porte dans son esprit, — l'en ayant fait sortir.
Et c'est ainsi que je me montre sur la scène.
MARTHE.
LECHY ELBERNON. — Est-ce que vous n'êtes point honteuse ?
— Je n'ai point honte ! mais je me montre, et je suis toute à tous.
Pour apprécier ton travail, il faudrait connaître le sujet posé et la problématique à laquelle tu réponds.

"Puissances de Claudel. : je me souviens d’un jour où, tournant le bouton de la radio en quêtes d’un poste, j’entendis sortir de l’appareil la voix d’une actrice qui disait le passage de « ’Echange »sur le théâtre :

Il y a la scène, et il y a la salle..

Et ne sachant encore de quoi au juste il retournait, car je n’avais pas lu la pièce, je restai complètement coi et stupide, comme un lapin qu’on soulève de terre par les oreilles. » Julien Gracq Lettrines.
en fait la consigne était commentez ce texte c'est tout 🙂
Ce texte est riche à plus d'un titre.
Problématique possible : cette scène présente-t-elle un échange de points de vue entre l'actrice et Marthe ou bien entre l'auteur et le public. Double énonciation qui, par la parole de l'actrice, pose la question de l'essence du théâtre et des attentes du spectateur.

La parole de l'actrice
- l'évocation de l'espace théâtral
- son regard sur le public
- sa définition du théâtre

Le rapport entre le théâtre et la vie
- les objections de Marthe
- la comparaison avec les rêves
- la quête de vérité (Qui sait ? l'actrice, l'auteur ? le public ?)

L'auteur démiurge
Sa définition de l'échange, multiplié donc enrichissant
L'esprit qui crée
La langue poétique


Conclusion
Ta présentation de Lechy est intéressante, mais elle manque un élément essentiel : Lechy Elbernon est une actrice, précisément, ce qui la rend à la fois suspecte et insaisissable au spectateur (à la fin de la pièce, elle prétend être ivre, sans qu'on sache si elle joue ou non).
Songe aussi à dire que Claudel propose une réflexion sur le théâtre au sein du théâtre (certains diront "portée méta-littéraire" : ici les questions 1/ de la vérité et 2/ de la morale au théâtre, qui consacrent les grandes critiques du théâtre au XVIIe siècle), qui doit être analysée pour elle-même, mais aussi dans ses effets (rupture de l'illusion théâtrale prônée par le théâtre réaliste). D'ailleurs, tu as oublié de remarquer la valeur existentielle attribuée au théâtre : les spectateurs offrent un spectacle qui en dit long sur la nature humaine (décentrement du regard : le public assistant à la représentation de L'Echange est amené à se voir lui-même à travers le discours et la posture de Lechy). On retrouve au fond la vieille idée du theatrum mundi.
L'idée de décentrement est renforcée par le style de Claudel, très caractéristique dans cet extrait, dans la mesure où certaines expressions, par leur caractère abrupt, étrange, insolite, poussent le lecteur à s'étonner et à repenser ce qu'il ne regardait plus qu'avec les yeux de l'habitude. "De la chair vivante et habillée", "ils garnissent les murs comme des mouches jusqu'au plafond", etc.

Ton plan est bien équilibré, et progressif ; il manque certains éléments bien sûr, mais tu as déjà de bonnes bases pour offrir une réflexion solide. Attention cependant : je ne suis pas sûr que Lechy blâme les spectateurs ; au contraire, son point de vue consiste à remarquer que le spectacle leur est indispensable (c'est une position très moraliste - pas moralisatrice -, assez proche d'ailleurs de l'analyse du divertissement que propose B. Pascal au XVIIe siiècle). Enfin, dans ta troisième partie, essaie de préciser davantage, d'être plus précis.
Cette scène prend tout son sens quand elle est jouée :

le spectateur, assis dans la salle s'entend décrire sa situation. Je garde un grand souvenir d'Héléna Bossis, plantée au milieu du plateau lançant sa tirade en nous regardant dans les yeux. Il y a là une remarquable mise en abyme et le texte est une réflexion du dramaturge sur son art.
Enfin, dans le commentaire, ne pas oublier Marthe, la sincérité opposée à l'artifice, la femme que son mari a échangée contre Lechy.
D'accord 🙂

Merci beaucoup pour vos réponses aussi rapides ! 😀

Je prends note pour améliorer mes plans 🙂