Bonjour,
Au vu de l'énoncé suivant, je suis un peu perdu sur les attentes de cette écriture d'invention :
En restant fidèle à l'esprit de la comédie, imaginez la mise en scène de la revanche de l'une des victimes du corpus par un tour à sa façon.
S'agit-il d'écrire une pièce de théâtre ou d'écrire de façon structuré et argumenté la façon dont nous mettrions en scène cette revanche (décor, costumes, lumières, jeux des personnages…) ?
J'opte pour la seconde hypothèse au vu de l'utilisation du verbe imaginer, et non de mettre en scène directement.
Merci de m'éclairer.
TEXTE 1
Au vu de l'énoncé suivant, je suis un peu perdu sur les attentes de cette écriture d'invention :
En restant fidèle à l'esprit de la comédie, imaginez la mise en scène de la revanche de l'une des victimes du corpus par un tour à sa façon.
S'agit-il d'écrire une pièce de théâtre ou d'écrire de façon structuré et argumenté la façon dont nous mettrions en scène cette revanche (décor, costumes, lumières, jeux des personnages…) ?
J'opte pour la seconde hypothèse au vu de l'utilisation du verbe imaginer, et non de mettre en scène directement.
Merci de m'éclairer.
TEXTE 1
DOM JUAN, M. DIMANCHE, SGANARELLE, Suite.TEXTE 2
DOM JUAN, faisant de grandes civilités.- Ah, Monsieur Dimanche, approchez. Que je suis ravi de vous voir, et que je veux de mal à mes gens de ne vous pas faire entrer d’abord [3] ! J’avais donné ordre qu’on ne me fît parler personne [4] , mais cet ordre n’est pas pour vous, et vous êtes en droit de ne trouver jamais de porte fermée chez moi.
M. DIMANCHE.- Monsieur, je vous suis fort obligé.
DOM JUAN, parlant à ses laquais.- Parbleu, coquins, je vous apprendrai à laisser M. Dimanche dans une antichambre, et je vous ferai connaître les gens.
M. DIMANCHE.- Monsieur, cela n’est rien.
DOM JUAN.- Comment ? vous dire que je n’y suis pas, à M. Dimanche, au meilleur de mes amis ?
M. DIMANCHE.- Monsieur, je suis votre serviteur. J’étais venu…
DOM JUAN.- Allons vite, un siège pour M. Dimanche.
M. DIMANCHE.- Monsieur, je suis bien comme cela.
DOM JUAN.- Point, point, je veux que vous soyez assis contre moi [5] .
M. DIMANCHE.- Cela n’est point nécessaire.
DOM JUAN.- Ôtez ce pliant, et apportez un fauteuil.
M. DIMANCHE.- Monsieur, vous vous moquez, et…
DOM JUAN.- Non, non, je sais ce que je vous dois, et je ne veux point qu’on mette de différence entre nous deux.
M. DIMANCHE.- Monsieur…
DOM JUAN.- Allons, asseyez-vous.
M. DIMANCHE.- Il n’est pas besoin, Monsieur, et je n’ai qu’un mot à vous dire. J’étais…
DOM JUAN.- Mettez-vous là, vous dis-je.
M. DIMANCHE.- Non, Monsieur, je suis bien, je viens pour…
DOM JUAN.- Non, je ne vous écoute point si vous n’êtes assis.
M. DIMANCHE.- Monsieur, je fais ce que vous voulez. Je…
DOM JUAN.- Parbleu, Monsieur Dimanche, vous vous portez bien.
M. DIMANCHE.- Oui, Monsieur, pour vous rendre service. Je suis venu…
DOM JUAN.- Vous avez un fonds de santé admirable, des lèvres fraîches, un teint vermeil, et des yeux vifs.
M. DIMANCHE.- Je voudrais bien…
DOM JUAN.- Comment se porte Madame Dimanche, votre épouse ?
M. DIMANCHE.- Fort bien, Monsieur, Dieu merci.
DOM JUAN.- C’est une brave femme.
M. DIMANCHE.- Elle est votre servante, Monsieur. Je venais…
DOM JUAN.- Et votre petite fille Claudine, comment se porte-t-elle ?
M. DIMANCHE.- Le mieux du monde.
DOM JUAN.- La jolie petite fille que c’est ! Je l’aime de tout mon cœur.
M. DIMANCHE.- C’est trop d’honneur que vous lui faites, Monsieur. Je vous…
DOM JUAN.- Et le petit Colin, fait-il toujours bien du bruit avec son tambour ?
M. DIMANCHE.- Toujours de même, Monsieur. Je…
DOM JUAN.- Et votre petit chien Brusquet ? gronde-t-il toujours aussi fort, et mord-il toujours bien aux jambes les gens qui vont chez vous ?
M. DIMANCHE.- Plus que jamais, Monsieur, et nous ne saurions en chevir [6] .
DOM JUAN.- Ne vous étonnez pas si je m’informe des nouvelles de toute la famille, car j’y prends beaucoup d’intérêt.
M. DIMANCHE.- Nous vous sommes, Monsieur, infiniment obligés. Je…
DOM JUAN, lui tendant la main.- Touchez donc là [7] , Monsieur Dimanche. Êtes-vous bien de mes amis ?
M. DIMANCHE.- Monsieur, je suis votre serviteur.
DOM JUAN.- Parbleu ! je suis à vous de tout mon cœur.
M. DIMANCHE.- Vous m’honorez trop. Je…
DOM JUAN.- Il n’y a rien que je ne fisse pour vous.
M. DIMANCHE.- Monsieur, vous avez trop de bonté pour moi.
DOM JUAN.- Et cela sans intérêt, je vous prie de le croire.
M. DIMANCHE.- Je n’ai point mérité cette grâce assurément, mais, Monsieur…
DOM JUAN.- Oh çà, Monsieur Dimanche, sans façon, voulez-vous souper avec moi ?
M. DIMANCHE.- Non, Monsieur, il faut que je m’en retourne tout à l’heure [8] . Je…
DOM JUAN, se levant.- Allons, vite un flambeau pour conduire Monsieur Dimanche, et que quatre ou cinq de mes gens prennent des mousquetons pour l’escorter.
M. DIMANCHE, se levant de même.- Monsieur, il n’est pas nécessaire, et je m’en irai bien tout seul. Mais…
Sganarelle ôte les sièges promptement.
DOM JUAN.- Comment ? Je veux qu’on vous escorte, et je m’intéresse trop à votre personne, je suis votre serviteur, et de plus votre débiteur.
M. DIMANCHE.- Ah, Monsieur…
DOM JUAN.- C’est une chose que je ne cache pas, et je le dis à tout le monde.
M. DIMANCHE.- Si…
DOM JUAN.- Voulez-vous que je vous reconduise ?
M. DIMANCHE.- Ah, Monsieur, vous vous moquez. Monsieur…
DOM JUAN.- Embrassez-moi donc, s’il vous plaît, je vous prie encore une fois d’être persuadé que je suis tout à vous, et qu’il n’y a rien au monde que je ne fisse pour votre service.
Il sort.
FOLLAVOINE. - C’est vrai ça !… (Rappelant Rose au moment où elle va sortir.) Au fait, dites donc, vous…TEXTE 3
ROSE, redescendant. - Monsieur ?
FOLLAVOINE. - Par hasard, les… les Hébrides… ?
ROSE, qui ne comprend pas. -Comment ?
FOLLAVOINE. - Les Hébrides ?… Vous ne savez pas où c’est ?
ROSE, ahurie. - Les Hébrides ?
FOLLAVOINE. - Oui.
ROSE. - Ah ! non !… non !… (Comme pour se justifier.) C’est pas moi qui range ici !… c’est Madame.
FOLLAVOINE, se redressant en refermant son dictionnaire sur son index de façon à ne pas perdre la page.
Quoi ! quoi, « qui range » ! les Hébrides !… des îles ! bougre d’ignare !… de la terre entourée d’eau… vous ne savez pas ce que c’est ?
ROSE, ouvrant de grands yeux. - De la terre entourée d’eau ?
FOLLAVOINE. - Oui ! de la terre entourée d’eau, comment ça s’appelle ?
ROSE. - De la boue ?
FOLLAVOINE, haussant les épaules. - Mais non, pas de la boue ? C’est de la boue quand il n’y a pas beaucoup de terre et pas beaucoup d’eau ; mais, quand il y a beaucoup de terre et beaucoup d’eau, ça s’appelle des îles !
ROSE, abrutie. - Ah ?
FOLLAVOINE. - Eh ! bien, les Hébrides, c’est ça ! c’est des îles ! par conséquent, c’est pas dans l’appartement.
ROSE, voulant avoir compris. - Ah ! oui !… c’est dehors !
FOLLAVOINE, haussant les épaules. - Naturellement ! c’est dehors.
ROSE. - Ah ! ben, non ! non je les ai pas vues.
FOLLAVOINE, quittant son bureau et poussant familièrement Rose vers la porte pan coupé. - Oui, bon, merci, ça va bien !
ROSE, comme pour se justifier. - Y a pas longtemps que je suis à Paris, n’est-ce pas… ?
FOLLAVOINE. - Oui !… oui, oui !
ROSE. - Et je sors si peu !
FOLLAVOINE. - Oui ! ça va bien ! allez… Allez retrouver Madame.
ROSE. - Oui, Monsieur !
Elle sort.
FOLLAVOINE. - Elle ne sait rien cette fille ! Rien ! qu’est-ce qu’on lui a appris à l’école ? (Redescendant jusque devant la table contre laquelle il s’adosse.) « C’est pas elle qui a rangé les Hébrides » ! Je te crois, parbleu ! (Se replongeant dans son dictionnaire.) « Z’Hébrides… Z’Hébrides… » (Au public.) C’est extraordinaire ! je trouve zèbre, zébré, zébrure, zébu !… Mais de Zhébrides, pas plus que dans mon œil ! Si ça y était, ce serait entre zébré et zébrure. On ne trouve rien dans ce dictionnaire !
KNOCK (cesse d’écrire, se lève et s’approche du tambour) : De quoi souffrez-vous ?
LE TAMBOUR : Attendez que je réfléchisse! (Il rit.) Voilà. Quand j'ai dîné, il y a des fois que je sens une espèce de démangeaison ici. (Il montre le haut de son épigastre.) Ça me chatouille, ou plutôt, ça me grattouille.
KNOCK (d'un air de profonde concentration) : Attention. Ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous grattouille ?
LE TAMBOUR : Ça me grattouille. (Il médite.) Mais ça me chatouille bien un peu aussi.
KNOCK : Désignez-moi exactement l'endroit.
LE TAMBOUR : Par ici.
KNOCK : Par ici … Où cela, par ici ?
LE TAMBOUR : Là. Ou peut-être là … Entre les deux.
KNOCK : Juste entre les deux ?… Est-ce que ça ne serait pas plutôt un rien à gauche, là, où je mets mon doigt ?
LE TAMBOUR : II me semble bien.
KNOCK : Ça vous fait mal quand j'enfonce mon doigt ?
LE TAMBOUR : Oui, on dirait que ça me fait mal.
KNOCK : Ah ! Ah ! (Il médite d'un air sombre.) Est-ce que ça ne vous grattouille pas davantage quand vous avez mangé de la tête de veau à la vinaigrette ?
LE TAMBOUR : Je n'en mange jamais. Mais il me semble que si j'en mangeais, effectivement, ça me grattouillerait plus.
KNOCK : Ah ! Ah ! très important. Ah ! Ah ! Quel âge avez-vous ?
LE TAMBOUR : Cinquante et un, dans mes cinquante-deux.
KNOCK : Plus près de cinquante-deux ou de cinquante et un ?
LE TAMBOUR (il se trouble peu à peu) : Plus près de cinquante-deux. Je les aurai fin novembre.
KNOCK (lui mettant la main sur l'épaule) : Mon ami, faites votre travail aujourd'hui comme d'habitude. Ce soir, couchez-vous de bonne heure. Demain matin, gardez le lit. Je passerai vous voir. Pour vous, mes visites seront gratuites. Mais ne le dites pas. C'est une faveur.
LE TAMBOUR (avec anxiété) : Vous êtes trop bon, docteur. Mais c'est donc grave, ce que j'ai ?
KNOCK : Ce n'est peut-être pas encore très grave. Il était temps de vous soigner. Vous fumez ?
LE TAMBOUR (tirant son mouchoir) : Non, je chique.
KNOCK : Défense absolue de chiquer. Vous aimez le vin ?
LE TAMBOUR : J'en bois raisonnablement.
KNOCK : Plus une goutte de vin. Vous êtes marié ?
LE TAMBOUR (s’essuie le front) : Oui, docteur.
KNOCK : Sagesse totale de ce côté-là.



