Voltaire, Candide, chapitre 14

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,

J'ai un devoir de français à faire et je n'y arrive pas vraiment, c'est pour cela que je vous demande votre aide. Je dois examiner le chapitre 14 et son utopie. Après de longues relectures du chapitre et de longues recherches, n'ayant rien trouvé, je viens poster mon problème ici. Je ne vois pas vraiment en quoi il y a une utopie dans ce chapitre.
S'agit-il de cet extrait ?
Dans ce cas, s'il faut parler d'utopie, peut-on parler d'une utopie ironique ?
CHAPITRE QUATORZIÈME

COMMENT CANDIDE ET CACAMBO FURENT REÇUS CHEZ LES JÉSUITES DU PARAGUAY


Candide avait amené de Cadix un valet tel qu'on en trouve beaucoup sur les côtes d'Espagne et dans les colonies. C'était un quart d'Espagnol, né d'un métis dans le Tucuman ; il avait été enfant de choeur, sacristain, matelot, moine, facteur, soldat, laquais. Il s'appelait Cacambo, et aimait fort son maître parce que son maître était un fort bon homme. Il sella au plus vite les deux chevaux andalous. « Allons, mon maître, suivons le conseil de la vieille ; partons, et courons sans regarder derrière nous. » Candide versa des larmes. « O ma chère Cunégonde ! faut-il vous abandonner dans le temps que monsieur le gouverneur va faire nos noces ! Cunégonde amenée de si loin, que deviendrez-vous ? -- Elle deviendra ce qu'elle pourra, dit Cacambo ; les femmes ne sont jamais embarrassées d'elles ; Dieu y pourvoit ; courons. -- Où me mènes-tu ? où allons-nous ? que ferons-nous sans Cunégonde ? disait Candide. -- Par saint Jacques de Compostelle, dit Cacambo, vous alliez faire la guerre aux jésuites ; allons la faire pour eux : je sais assez les chemins, je vous mènerai dans leur royaume, ils seront charmés d'avoir un capitaine qui fasse l'exercice à la bulgare ; vous ferez une fortune prodigieuse ; quand on n'a pas son compte dans un monde, on le trouve dans un autre. C'est un très grand plaisir de voir et de faire des choses nouvelles.

-- Tu as donc été déjà dans le Paraguay ? dit Candide. -- Eh vraiment oui ! dit Cacambo ; j'ai été cuistre dans le collège de l'Assomption, et je connais le gouvernement de Los Padres comme je connais les rues de Cadix. C'est une chose admirable que ce gouvernement. Le royaume a déjà plus de trois cents lieues de diamètre ; il est divisé en trente provinces. Los Padres y ont tout, et les peuples rien ; c'est le chef-d'oeuvre de la raison et de la justice. Pour moi, je ne vois rien de si divin que Los Padres, qui font ici la guerre au roi d'Espagne et au roi de Portugal, et qui en Europe confessent ces rois ; qui tuent ici des Espagnols, et qui à Madrid les envoient au ciel : cela me ravit ; avançons ; vous allez être le plus heureux de tous les hommes. Quel plaisir auront Los Padres quand ils sauront qu'il leur vient un capitaine qui sait l'exercice bulgare ! »

Dès qu'ils furent arrivés à la première barrière, Cacambo dit à la garde avancée qu'un capitaine demandait à parler à monseigneur le commandant. On alla avertir la grande garde. Un officier paraguain courut aux pieds du commandant lui donner part de la nouvelle. Candide et Cacambo furent d'abord désarmés ; on se saisit de leurs deux chevaux andalous. Les deux étrangers sont introduits au milieu de deux files de soldats ; le commandant était au bout, le bonnet à trois cornes en tête, la robe retroussée, l'épée au côté, l'esponton à la main. Il fit un signe ; aussitôt vingt-quatre soldats entourent les deux nouveaux venus. Un sergent leur dit qu'il faut attendre, que le commandant ne peut leur parler, que le révérend père provincial ne permet pas qu'aucun Espagnol ouvre la bouche qu'en sa présence, et demeure plus de trois heures dans le pays. « Et où est le révérend père provincial ? dit Cacambo. -- Il est à la parade après avoir dit sa messe, répondit le sergent ; et vous ne pourrez baiser ses éperons que dans trois heures. -- Mais, dit Cacambo, monsieur le capitaine, qui meurt de faim comme moi, n'est point espagnol, il est allemand ; ne pourrions-nous point déjeuner en attendant Sa Révérence ? »

Le sergent alla sur-le-champ rendre compte de ce discours au commandant. « Dieu soit béni ! dit ce seigneur ; puisqu'il est allemand, je peux lui parler ; qu'on le mène dans ma feuillée. » Aussitôt on conduit Candide dans un cabinet de verdure orné d'une très jolie colonnade de marbre vert et or, et de treillages qui renfermaient des perroquets, des colibris, des oiseaux- mouches, des pintades, et tous les oiseaux les plus rares. Un excellent déjeuner était préparé dans des vases d'or ; et tandis que les Paraguains mangèrent du maïs dans des écuelles de bois, en plein champ, à l'ardeur du soleil, le révérend père commandant entra dans la feuillée.

C'était un très beau jeune homme, le visage plein, assez blanc, haut en couleur, le sourcil relevé, l'oeil vif, l'oreille rouge, les lèvres vermeilles, l'air fier, mais d'une fierté qui n'était ni celle d'un Espagnol ni celle d'un jésuite. On rendit à Candide et à Cacambo leurs armes, qu'on leur avait saisies, ainsi que les deux chevaux andalous ; Cacambo leur fit manger l'avoine auprès de la feuillée, ayant toujours l'oeil sur eux, crainte de surprise.

Candide baisa d'abord le bas de la robe du commandant, ensuite ils se mirent à table. « Vous êtes donc allemand ? lui dit le jésuite en cette langue. -- Oui, mon Révérend Père », dit Candide. L'un et l'autre, en prononçant ces paroles, se regardaient avec une extrême surprise et une émotion dont ils n'étaient pas les maîtres. « Et de quel pays d'Allemagne êtes-vous ? dit le jésuite. -- De la sale province de Westphalie, dit Candide : je suis né dans le château de Thunder-ten-tronckh. -- Ô ciel ! est il possible ? s'écria le commandant. -- Quel miracle ! s'écria Candide. -- Serait-ce vous ? dit le commandant. -- Cela n'est pas possible », dit Candide. Ils se laissent tomber tous deux à la renverse, ils s'embrassent, ils versent des ruisseaux de larmes. « Quoi ! serait-ce vous, mon Révérend Père ? vous, le frère de la belle Cunégonde ! vous, qui fûtes tué par les Bulgares ! vous, le fils de monsieur le baron ! vous, jésuite au Paraguay ! Il faut avouer que ce monde est une étrange chose. Ô Pangloss ! Pangloss ! que vous seriez aise si vous n'aviez pas été pendu ! »

Le commandant fit retirer les esclaves nègres et les Paraguains qui servaient à boire dans des gobelets de cristal de roche. Il remercia Dieu et saint Ignace mille fois ; il serrait Candide entre ses bras ; leurs visages étaient baignés de pleurs. « Vous seriez bien plus étonné, plus attendri, plus hors de vous-même, dit Candide, si je vous disais que Mlle Cunégonde, votre soeur, que vous avez crue éventrée, est pleine de santé. -- Où ? -- Dans votre voisinage, chez M. le gouverneur de Buenos-Ayres ; et je venais pour vous faire la guerre. » Chaque mot qu'ils prononcèrent dans cette longue conversation accumulait prodige sur prodige. Leur âme tout entière volait sur leur langue, était attentive dans leurs oreilles et étincelante dans leurs yeux. Comme ils étaient allemands, ils tinrent table longtemps, en attendant le révérend père provincial ; et le commandant parla ainsi à son cher Candide.
Oui il s'agit bien de cet extrait. Ironique dans quel sens ? Voltaire utilise l'utopie pour dénoncer le peuple jésuite ?
Eh bien, compare ce gouvernement à celui de l'Eldorado (chapitre XVIII)
je ne comprends toujours pas où est l'utopie dans ce chapitre
Chercher le sens de utopie.
j'ai cherché le sens de utopie mais il n'y a pas vraiment de monde idéal dans ce chapitre 14
En fait il s'agit d'une dystopie, d'une utopie à l'envers. Notons également que les réductions ont bien existé et que donc il ne s'agit pas non plus d'une utopie au sens d'un lieu imaginaire.
ok
Voltaire est particulièrement injuste à l'égard de l'oeuvre des Jésuites dans le Nouveau Monde. Voir le film Mission. Il règle ses comptes avec ses ennemis particuliers comme dans toute son oeuvre.
d'accord merci

quelqu'un aurait-il un plan à me proposer pour l'analyse de ce chapitre ? J'ai pensé à une problématique : En quoi ce système de société est-il utopique ?
L'effet voulu par Voltaire est d'abord une violente satire des Réductions. C'est à partir de cette constatation que tu dois élaborer ta problématique.
Utopie ne signifie pas a priori lieu idéal mais étymologiquement lieu qui n'existe pas.
Bonjour je voudrais rédiger un commentaire avec plan détailler sur le chapitre 14 de Candide mais je n'arrive pas a trouver une problématique que je pourrais ensuite develloper en deux axes . Pouvais vous m'aider SVP c'est vraiment urgent
[J'ai déjà chercher l'introduction du plan mais la problématique que j'ai ''est pas coerante avec le texte , je n'arrive pas a continuer se devoir car je bloque a cause de la problématique .. J'essaye de comprendre se que Voltaire montre dans se texte mais n'est pas compréhensible pour moi ..]
As-tu lu les messages précédents sur ce chapitre ? Ils pourraient t'inspirer.