Bonjour tout le monde!!
J'ai passé hier mon oral blanc de français, et en entretien j'ai eu une question à laquelle je n'ai pas su répondre en totalité..
Mon examinateur m'a demandé si la relation maître et valet avait évolué du 18ème au 20ème siècle ?
Il me semble que c'est à partir du 18ème siècle que les valets affirment leur envie d'indépendance et ne sont plus soumis à leur maître (est-ce bien cela ou pas uniquement ?) mais je suis incapable de dire ce qu'il en est lors du 19ème et du 20ème siècle… pouvez-vous me renseigner ?
Merci beaucoup !🙂
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Bonjour Oksong,
La relation maître-valet est un topos de la littérature depuis l'apparition du théâtre dans l'Antiquité. Concernant à proprement parler de son évolution, c'est au 18[sup]ème[/sup] siècle que l'on note une volonté d'indépendance chez le valet. Cela traduit les effets du crac boursier qui s'est passé au 18[sup]ème[/sup] , en effet suite à cette crise économique au profit des bourgeois, les rôles s'inversent. On assiste à une apparition de "nouveaux riches". Cette situation inversée est notamment visible dans les pièces de Marivaux (exemple: L'isle des esclaves : Arlequin ancien valet se retrouve dans la position du maître et profite de son indépendance).
Pour dessiner à (très) gros traits la condition des serviteurs au 19ème il me semble que l'image des bonnes et des valets venant de province, logés dans les combles des immeubles haussmanniens et tenus à des horaires de travail difficiles est assez parlante. La bourgeoisie du 19ème a instauré une distance entre maîtres et valets qui n'était pas aussi marquée au 18ème : la soubrette ou le valet dans la littérature du 18ème joue souvent soit un rôle de confident soit un rôle comique (ou les deux) auprès de son maître.
La galerie de portraits des domestiques est riche :
Les bonnes engrossées par les maîtres (Une vie de Maupassant)
Les bonnes exemplaires : un Cœur simple de Flaubert/Catherine Nicaise Leroux dans Madame Bovary
La bonne qui s'installe et prend la place : Hauteclaire de Barbey d'Aurevilly
Les Bonnes qui prennent leur revanche de Genet
Voir aussi Le Journal d'une femme de chambre de Mirbeau; les nouvelles de Maupassant (une dont je ne me rappelle pas le titre où une bonne ayant tué ses jumeaux se trouve au tribunal), hors du cadre littéraire la fameuse Bécassine, incarnation de la bretonne émigrée à Paris dans une famille bourgeoise pour y être nounou
Rosalie Prudent
Guy de Maupassant
La bonne qui s'installe et prend la place : Hauteclaire de Barbey d'Aurevilly
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/43454-evolution-de-la-relation-maitrevalet-du-xviiie-au-xxe-siecle.html
A mon avis, Hauteclaire Stassin ne relève pas de la catégorie des serviteurs : elle est maître d'armes, elle est la maitresse de Serlon de Savigny, et elle se déguise en femme de chambre pour vivre chez lui et accessoirement l'aider à empoisonner sa comtesse dont elle prend ensuite la place.
Pour une servante maitresse, voir plutôt
la Rabouilleuse de Balzac.