Beckett, En attendant Godot, acte II - Quelle journée !…

Entraide scolaire

3 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, alors je suis en classe de 1ère S et je dois faire un commentaire sur un extrait de En attendant Godot, j'ai un plan donc j'aimerai savoir si la direction que je vais prendre est la bonne; voilà le texte et le plan j'attends vos réponses et je vous remercie d'avance 🙂;

ESTRAGON
Quelle journée !

VLADIMIR
Qui t'a esquinté ? Raconte-moi.

ESTRAGON
Voilà encore une journée de tirée.

VLADIMIR
Pas encore.

ESTRAGON
Pour moi elle est terminée, quoi qu'il arrive. Tout à l'heure, tu… je t'ai entendu.

VLADIMIR
C'est vrai je me rappelle.

ESTRAGON
Cela m'a fait de la peine. Je me disais, il est seul, il me croit parti pour toujours et il chante.
VLADIMIR
On ne commande pas à son humeur. Toute la journée je me suis senti dans une forme extraordinaire. Je ne me suis pas levé de la nuit, pas une seule fois.

ESTRAGON
Tu vois, tu pisses mieux quand je ne suis pas là.

VLADIMIR
Tu me manquais - et en même temps j'étais contend. N'est-ce pas curieux ?

ESTRAGON
Content ?

VLADIMIR
Ce n'est peur-être pas le mot.

ESTRAGON
Et maintenant ?

VLADIMIR
Mainteant… te revoilà… nous revoilà… me revoilà.

ESTRAGON
Tu vois, tu vas moins bien quand je suis là. Moi aussi, je me sens mieux seul.

VLADIMIR
Alors pourquoi rappliquer ?

ESTRAGON
Je ne sais pas .

VLADIMIR
Mais moi je le sais. Parce que tu ne sais pas te défendre. Moi je ne t'aurais pas laissé battre.

ESTRAGON
Tu n'aurais pas pu l'empêcher.

VLADIMIR
Pourquoi ?

ESTRAGON
Ils étaient dix.



VLADIMIR
Mais non, je veux dire que je t'aurais empêche de t'exposer à être battu.

ESTRAGON
Je ne faisais rien.

VLADIMIR
Alors pourquoi ils t'ont battu ?

ESTRAGON
Je ne sais pas.

VLADIMIR
Non, vois-tu, Gogo, il y a des choses qui t'échappent qui ne m'échappent pas à moi. Tu dois le sentir.

ESTRAGON
Je te dis que je ne faisais rien.

VLADIMIR
Peur-être bien que non. Mais il y a la manière, il y a la manière, si on tient à sa peau. Enfin ne parlons plus de ça. Te voilà revenu, et j'en suis bien content.

ESTRAGON
Ils étaient dix.

VLADIMIR
Toi aussi, tu dois être content, au fond, avoue-le.

ESTRAGON
Conten de quoi ?

VLADIMIR
De m'avoir retrouvé.

ESTRAGON
Tu crois ?

VLADIMIR
Dis-le, même si ce n'est pas vrai.

ESTRAGON
Qu'est-ce que je dois dire ?

VLADIMIR
Dis, je suis content.

ESTRAGON
Je suis content.

VLADIMIR
Moi aussi.

ESTRAGON
Moi aussi.

VLADIMIR
Nous sommes contents.

ESTRAGON
Nous sommes contents. Qu'est-ce qu'on fait, maintenant qu'on est contents ?

VLADIMIR
On attend Godot.

ESTRAGON
C'est vrai.
Et voilà ma problématique et mon plan

En quoi les personnages/l'Homme est-il rattrapé par la réalité de la condition humaine et en quoi cette tentative d'échapper à cette réalité est-elle vouée à l'échec?
Nous verrons tout d'abord en quoi le retour d'Estragon illustre-t-il l'échec de la séparation, et de la non-communication, puis nous verrons comment les deux protagonistes acceptent la réalité (de la condition humaine) progressivement.

Voilà j'attend vos réponses juste pour savoir si la direction que je prends est la bonne🙂
J'avoue ne pas bien comprendre ce que tu appelles "ta problématique".
Cet extrait pose le problème de la relation Vladimir/Estragon. Qu' est-ce qui les sépare ? Qu' est-ce qui les relie ?
Comme un retour à la case départ …

I. Vestige de la conversation
qui mène le dialogue
le contenu
le langage qui tourne à vide

II. Vestige du temps
allusion à la séparation et au retour
impression de temps suspendu nuit … jour
cycle de répétitions (lexique-tournures)

III. Vestige de l'action
traces de verbes d'action (esquinté/il chante/tu pisses/défendre/battre …)
traces de ressenti (humeur, content …)
Les acteurs qui n'agissent pas : Je/Tu/Nous

Pour retrouver finalement le temps étale :
ESTRAGON
Nous sommes contents. Qu'est-ce qu'on fait, maintenant qu'on est contents ?


VLADIMIR
On attend Godot.


ESTRAGON
C'est vrai.
Premièrement merci de m'avoir répondu, je voulais en fait exprimer le fait que la conversation "inutile", cette attente interminable pousse Estragon a quitter Vladimir, échapper à la réalité qui est d'attendre sa mort en quelque sorte, or le retour d'Estragon montre bien qu'on ne peut pas échapper à la réalité, qu'il soit avec Vladimir ou non il passera sa vie à attendre, cette réalité les rattrappe donc et les deux protagonistes le comprennent aussi on peut le voir dans la gradation (je suis désolée il n'y avait pas les didascalies dans cet extrait sur internet) "VLADIMIR-Mainteant… (joyeux)te revoilà…(neutre) nous revoilà… (triste)me revoilà." Malgré cette réalité les 2 hommes qui se retrouvent recommencent à parler et c'est à ce moment là que la parole inutile en apparence apporte une dimension exeptionnelle à l'attente.

Et sinon dans ce que vous me proposez je ne comprends pas très bien la problématique, l'enjeu du texte….Voilà merci encore de m'avoir répondu j'attends vos réponses 🙂

Edit: je rajoute que les disputes, la relation des deux personnages pousse également Estragon à quitter Vladimir, et la gradation montre bien qu'on est revenu à la case départ, ils sont encore là tout les deux.

Edit 2: Vladimir dit qu'il était dans une forme extraordinaire quand Estragon n'était pas là mais on voit que c'est révolu, il dit que Estragon lui manquait mais qu'il était content tout de même c'est un paradoxe et on peut le comparer au "paradoxe" de la vie dans l'absolu on est content de vivre mais on sait qu'on va mourir et c'est triste dans l'absolu….