En furetant à la bibliothèque de Lyon, où Apollinaire disait vers 1897 avoir fait d’ « immenses lectures », et où il n’a jamais cessé d’aller périodiquement jusqu’en 1912, j’ai eu la surprise de découvrir, dans un vieil in-quarto contenant des textes ésotériques, trois feuillets arrachés à un livre ou à une revue littéraire, à moins qu’il ne s’agisse d’une épreuve (mais non corrigée), ce qu’inclinerait à penser un professeur d’Université à qui je les ai montrés. Ces feuillets comportent cinq séries de quatrains regroupés par deux, trois ou quatre, dont la facture et l’inspiration font immédiatement penser à Vitam impendere amori d’Apollinaire. J’ai toujours pensé que cette maigre plaquette publiée en 1917, et généralement annexée à Alcools, devait certainement être plus étoffée dans le projet initial de son auteur. Je n’ai pas dérobé ce document, je me suis contenté de le recopier et de le replacer soigneusement dans le volume d’où je l’avais extrait. Dans l’attente d’une expertise et d’une éventuelle publication, j’ai décidé de faire l’hommage de trois de ces quatrains à mon forum de prédilection. Vous comprendrez que, pour le moment, je ne puisse faire plus, et dès à présent, je vous demande d’avoir l’honnêteté de ne pas révéler l’existence de ce texte, de ne pas le divulguer ni même le copier ; ce dernier est du reste peut-être déjà connu et il n’est pas non plus nécessairement d’Apollinaire.
C’est pourquoi j’ai également besoin des lumières des spécialistes, ceux notamment qui excellent dans la recherche sur Internet, pour tenter de dissiper mes doutes.
J’aimerais donc savoir avant tout si ces textes ont été publiés ; dans le cas contraire, s’ils sont susceptibles d’avoir été écrits par Apollinaire. Tout semble l’indiquer : le recours aux quatrains, le thème du temps qui passe, celui de l’amour déchu, les saisons (dont l’automne) et, dans le style, une tendance à la juxtaposition des notations et même un certain flottement syntaxique à la fin, bien qu’ici le discours reste toujours clair, comme c’est du reste le cas dans le recueil précité. En revanche, il s’agit d’hexasyllabes alors que le recueil publié ne comporte que des octosyllabes…
Quoi qu’il en soit, voici ces quatrains :
Filles aux cheveux d’or
N’approchez pas de l’ombre
Les bleuets sont-ils morts
Cet automne tout sombre
Tu les réveilleras
Prends-moi la main déesse
Ton ciel pur me rendra
Les jours de ma jeunesse
Sur ton bassin brisé
Les eaux vives chantonnent
Bel amour dégrisé
Ce beau ce triste automne ©
Qu’en pensez-vous ?
C’est pourquoi j’ai également besoin des lumières des spécialistes, ceux notamment qui excellent dans la recherche sur Internet, pour tenter de dissiper mes doutes.
J’aimerais donc savoir avant tout si ces textes ont été publiés ; dans le cas contraire, s’ils sont susceptibles d’avoir été écrits par Apollinaire. Tout semble l’indiquer : le recours aux quatrains, le thème du temps qui passe, celui de l’amour déchu, les saisons (dont l’automne) et, dans le style, une tendance à la juxtaposition des notations et même un certain flottement syntaxique à la fin, bien qu’ici le discours reste toujours clair, comme c’est du reste le cas dans le recueil précité. En revanche, il s’agit d’hexasyllabes alors que le recueil publié ne comporte que des octosyllabes…
Quoi qu’il en soit, voici ces quatrains :
Filles aux cheveux d’or
N’approchez pas de l’ombre
Les bleuets sont-ils morts
Cet automne tout sombre
Tu les réveilleras
Prends-moi la main déesse
Ton ciel pur me rendra
Les jours de ma jeunesse
Sur ton bassin brisé
Les eaux vives chantonnent
Bel amour dégrisé
Ce beau ce triste automne ©
Qu’en pensez-vous ?



