Philosophie - Le salut dans la fuite

Entraide scolaire

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour 🙂

Je suis en première année de prépa ECS, et mon sujet de khôlle de cette semaine n'est autre que ce charmant sujet, "Le salut dans la fuite", qui me prend un peu de court.

J'ai du mal à savoir comment partir sur une problématique et sur un plan, tournant en rond sur 3 parties, et aussi à trouver des références digne de ce nom sans partir dans du HS :S.

Je pensais faire une première partie sur le salut au sens religieux, et de dire qu'on ne peut l'atteindre si l'on fuit, car il ne faut rien craindre étant donné que le salut que l'on obtiendra nous permettra d'échapper à la damnation éternelle.
Mais après, je ne suis absolument pas une spécialiste de la religion, et j'ai un peu de mal à voir quoi mettre dedans.

Après, je pensais réfléchir au problème suivant : Peut-on réellement fuir quelque chose ? La fuite ne peut-elle pas plutôt apparaître comme une force et permettre donc finalement d'accéder au salut ?

Je pensais dire que, pour prendre la fuite vis-à-vis de certaines situations/personnes, il faut faire preuve de plus de courage et de force que si l'on reste. La non-fuite pourrait alors apparaître plus lâche, et surtout comme un acte idiot, contrairement à la fuite.

J'avais aussi pensé à prendre fuir dans le sens de refuser d'obéir, mais j'ai peur de m'égarer un peu.
Dans ce cas là, le droit naturel pourrait exiger de fuir pour arriver au salut. Je pensais à utiliser comme exemple Antigone de Sophocle, La Désobéissance civile de Henri-David Thoreau ou encore, plus simplement, l'article 21 de la constitution de 1958.

Je songeais aussi à rappeler que certaines populations ont été contraintes de fuir, comme la population juive pour des raisons politiques ou encore certaines pour des raisons climatiques, et à demander si cette fuite ne les a pas plutôt rapproché du salut, ou, si l'on reste purement dans un vision divine, si elles ont ainsi refusé de se soumettre à ce que Dieu leur avait "envoyé" et donc se sont empêché d'accéder au salut.

Bref, j'ai pas l'impression d'avancer beaucoup dans ma réflexion et de trouver grand chose :S. Je m'excuse d'ailleurs d'avance des idées décousues que je vous ai exposé ici-même.


Je vous remercie d'avance de l'attention que vous voudrez bien porter à ce sujet,
Sapht.
Bonjour,

Il me semble qu'il faudrait partir d'un niveau basique et évident.
Devoir son salut à la fuite n'est pas glorieux mais peut se révéler sage.
C'est tout le sujet de l'Iliade[ et de l'Odyssée. Chercher la gloire au combat au risque d'y perdre sa vie ou bien faire preuve de sage roublardise pour rentrer chez soi vivant comme Ulysse.
C'est d'une autre manière la leçon des Horaces et des Curiaces. Fuir apparemment pour affronter un adversaire plus nombreux en une succession rapide de combats singuliers.
A l'inverse tu peux noter comment le manque de courage de la France dans les années 30 du XXe siècle a permis en partie le second conflit mondial.
La problématique pourrait donc se formuler comme suit : peut-on trouver un équilibre durable en refusant les nécessaires affrontements ?
Les notions en jeu seraient le courage, la paix, la raison, la violence, la volonté, la liberté, la valeur de l'affrontement, la responsabilité…
Tu peux alors élever le débat en sortant du domaine de la guerre pour examiner les relations humaines puis l'accomplissement de la personne.
Tout d'abord, merci beaucoup ! 🙂

J'avoue ne pas avoir pensé à Homère, or cela s'y prête effectivement drôlement bien, de même que l'histoire des Horaces et des Curiaces.
Pour le cas de la France, j'y avais pensé, il faut dire du début des années 30 à la fin de la guerre, de biens tristes exemples peuvent servir à ce sujet… Je pensais également à la trêve de Noël lors de la Première Guerre mondiale, en montrant que c'est peut-être en fuyant le combat et les armes mais en acceptant l'autre et en allant à sa rencontre qu'on atteint le salut, même si l'idée de fuite n'est peut-être pas des plus claires.

La problématique me parait intéressante, mais je pèche toujours sur le plan je dois dire. Je crois que je commence à cerner le contenu global, mais pas vraiment comment l'organiser…

De plus, penses-tu que je doive développer l'aspect religieux qu'évoque le salut ? Et si oui, comment par rapport à la fuite ? Je dois avouer que, fervente athée, ce ne sont pas les questions que je maîtrise le plus, et la lecture des textes sacrés figure toujours à ma liste des choses à faire…

En tout cas, au risque de me répéter, merci beaucoup pour cette réponse constructive et d'une grande aide !
J'ai préféré l'accomplissement de la personne à la notion de salut religieux.
En effet il te sera difficile en tant qu'agnostique ou athée d'aborder intelligemment ce désir de rencontrer Dieu. En revanche une vie humaine accomplie nécessite toujours des affrontements avec soi-même ou avec ses semblables. Débat politique, relations d'affaires, vie professionnelle, vie de couple, honneur, fierté de soi, accidents, maladie… nous offrent des confrontations que nous pouvons parfois repousser mais jamais éluder sauf à….
L'affrontement est alors l'occasion de nous révéler qui nous sommes vraiment, ce que nous valons, nous pouvons développer ou détruire notre estime…Il est difficile de tricher quand nos intérêts vitaux sont en jeu.
J'avais peur de ne pas traiter entièrement le sujet sinon, mais j'avoue que si je peux éviter, c'est moins risqué.

Quant à mon plan, est-ce que quelque chose de ce type pourrait aller :
I. La fuite semble seulement repousser un problème et non le régler, et empêche ainsi d'accéder au salut.
A) Nous pouvons repousser des nombreuses confrontations sans jamais les éluder
B) Certaines confrontations sont nécessaires pour l'accomplissement de l'homme : il ne faut donc pas fuir devant elles
C) Mais ne pas fuir peut parfois résulter d'un comportement plus idiot qu'héroïque

II. Mais la fuite apparaît parfois être le choix le plus judicieux et le plus courageux, permettant ainsi l'accès au salut.
A) La fuite comme moyen de survie.
B) La fuite nécessite parfois un immense courage
C) Prôner le droit naturel même lorsqu'il s'oppose aux lois civiles semble la condition nécessaire de l'accès au salut.

III. Le salut ne peut-être atteint qu'après un affrontement avec soi-même, et des fuites nécessaires.
A) Il faut accepter de fuir ce qui est nuisible pour soi
B) Il est vain de se fuir soi-même
C) L'affrontement peut alors permettre de se révéler à soi-même

Je ne sais guère comment remplir ma troisième partie, ce qui n'est pas bon signe…
De plus, j'ai l'impression de passer à côté du problème suivant : Peut-on critiquer une fuite nécessaire et refuser le salut à quelqu'un voulant simplement demeurer vivant ? Mais je ne vois pas bien comment l'intégrer…

En tout cas, encore merci pour la qualité des réponses et le temps de réponse remarquable, moi qui doutait d'avoir des éléments de réponse à temps !
Chère "Sapht",

Je vous rappelle que les khôlles de philosophie sont une réflexion strictement personnelle.

EHP