Bonjour! Je suis toute nouvelle sur ce forum. J'étudie les Lettres modernes, je suis en 2ème année. Je dois rendre une dissertation dont le sujet est:
"Le conte ne dit pas ce qu'il enseigne, ne montre pas comment il émeut. Il est à la fois trop primitif et trop raffiné".
Mes œuvres au programme sont: les contes de Perrault; La Princesse de Babylone de Voltaire; Les deux amis de Bourbonne de Diderot.
Il s'agit de voir si ce jugement nous paraît approprié à ces œuvres.
A première vue, ce sujet donne en fait une originale définition de ce qu'est un conte. Car le conte englobe toutes ces contradictions et ces ambiguïtés. Il est à la fois trop primitif, c'est-à-dire, trop simple, il apparaît comme un genre pour les enfants ; et trop raffiné car en effet, c'est un genre très travaillé qui souvent sert de cadre à une pensée sociale très élaborée (et je pense surtout aux contes philosophiques mais c'est aussi le cas de Perrault qui invite à une lecture symbolique de ces contes absolument pas explicitée dans ses morales).
Quant à la première partie du sujet: "ne dit pas ce qu'il enseigne"; "ne montre pas comment il émeut", ces caractéristiques semblent, selon moi, s'approprier à un genre raffiné. En effet, la "basse" littérature aurait tendance à expliciter des leçons ou exacerber des sentiments, ce qui en réalité, annulerait tout effet didactique et émotionnel. Pourtant, nous pouvons trouver de nombreux exemples démontrant qu'il y a bien "leçon" ou émotions explicitement rapportées dans le conte et je pense à Perrault et ses morales souvent simplistes (il faut être gentil) et ses émotions primaires d'enfants (peur de se faire manger par le loup, d'être abandonné par ses parents). Même Voltaire nous donne explicitement une leçon de géopolitique.
Alors voilà, j'ai bien entendu, beaucoup d'autres choses à dire! Mais je souhaitais avoir votre avis, car il est important d'avoir un avis extérieur plus objectif (j'étudie les contes depuis 2 mois, je n'en peux plus). Comment considérez-vous le conte? et surtout, comment envisageriez-vous de dépasser ce sujet, en proposant une nouvelle perspective du conte?
Je pensais développer l'idée d'un genre hybride assez insaisissable qui comporte des divergences de styles, de tons, d'écriture au sein même des recueils; et établir le conte comme un cadre et donc un moyen plutôt qu'une fin en soi divertissante. Donc un moyen de déployer tout un art: celui de peindre l'humanité, le monde.
J'ajouterai que le "trop" est un ajout péjoratif.
De même, "raffiné" peut être mal considéré, pensons aux Précieuses! et "Primitif" au contraire, pourrait être une notion sans connotation péjorative, car dans la notion de primitif, il y a l'idée de "primaire", de "premier", et donc, de fondamental.
Je vous remercie tous de votre aide et n'hésiterai pas à faire de même pour vous!
"Le conte ne dit pas ce qu'il enseigne, ne montre pas comment il émeut. Il est à la fois trop primitif et trop raffiné".
Mes œuvres au programme sont: les contes de Perrault; La Princesse de Babylone de Voltaire; Les deux amis de Bourbonne de Diderot.
Il s'agit de voir si ce jugement nous paraît approprié à ces œuvres.
A première vue, ce sujet donne en fait une originale définition de ce qu'est un conte. Car le conte englobe toutes ces contradictions et ces ambiguïtés. Il est à la fois trop primitif, c'est-à-dire, trop simple, il apparaît comme un genre pour les enfants ; et trop raffiné car en effet, c'est un genre très travaillé qui souvent sert de cadre à une pensée sociale très élaborée (et je pense surtout aux contes philosophiques mais c'est aussi le cas de Perrault qui invite à une lecture symbolique de ces contes absolument pas explicitée dans ses morales).
Quant à la première partie du sujet: "ne dit pas ce qu'il enseigne"; "ne montre pas comment il émeut", ces caractéristiques semblent, selon moi, s'approprier à un genre raffiné. En effet, la "basse" littérature aurait tendance à expliciter des leçons ou exacerber des sentiments, ce qui en réalité, annulerait tout effet didactique et émotionnel. Pourtant, nous pouvons trouver de nombreux exemples démontrant qu'il y a bien "leçon" ou émotions explicitement rapportées dans le conte et je pense à Perrault et ses morales souvent simplistes (il faut être gentil) et ses émotions primaires d'enfants (peur de se faire manger par le loup, d'être abandonné par ses parents). Même Voltaire nous donne explicitement une leçon de géopolitique.
Alors voilà, j'ai bien entendu, beaucoup d'autres choses à dire! Mais je souhaitais avoir votre avis, car il est important d'avoir un avis extérieur plus objectif (j'étudie les contes depuis 2 mois, je n'en peux plus). Comment considérez-vous le conte? et surtout, comment envisageriez-vous de dépasser ce sujet, en proposant une nouvelle perspective du conte?
Je pensais développer l'idée d'un genre hybride assez insaisissable qui comporte des divergences de styles, de tons, d'écriture au sein même des recueils; et établir le conte comme un cadre et donc un moyen plutôt qu'une fin en soi divertissante. Donc un moyen de déployer tout un art: celui de peindre l'humanité, le monde.
J'ajouterai que le "trop" est un ajout péjoratif.
De même, "raffiné" peut être mal considéré, pensons aux Précieuses! et "Primitif" au contraire, pourrait être une notion sans connotation péjorative, car dans la notion de primitif, il y a l'idée de "primaire", de "premier", et donc, de fondamental.
Je vous remercie tous de votre aide et n'hésiterai pas à faire de même pour vous!



