De architectura, Vitruve

Langues anciennes

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J'ai déjà cité la « condition préalable supposée réalisée » de Sausy :
cependant, à supposer que la disposition du lieu l'empêche, …
Si elle est supposée réalisée, on ne peut pas parler de potentiel ; et, dans ce cas, pourquoi pas le subjonctif présent, beaucoup plus fréquent ? (Le parfait est limité à quelques exemples, dont le célèbre exemple cicéronien si quisgladium… )
Plus rare qu'une protase au futur antérieur avec l'apodose au subjonctif présent ?

Est-il utile de continuer ?
Non. Sauf si on aime pinailler.
habeant n'exprime nullement une hypothèse, mais une ehortation : "qu'ils aient…" , c'est le pendant de eligendus du début.

Je ne voulais pas pinailler, mais creuser une problème à résoudre en interrogeant le SENS du texte et la grammaire. Bien sûr, Gabiana, ça n'empêchera pas votre terre de tourner…
Et maintenant, basta !
Un exemple sans ambiguïté :
Ne aegrotus sim, inquit, sed si fuerim, sensus adsit, sive secetur quid sive avellatur a corpore.
Tusculanes, 3,6
Jacques, MA terre a probablement de fortes ressemblances avec la vôtre. Je n'apprécie guère ce genre d'allusion sournoise et empreint d'un sentiment de supériorité.

Anne,
En quoi ton exemple est-il sans ambiguïté ?
Pourquoi vouloir prouver à tout prix l'existence d'un subjonctif parfait si rarement employé après "si" ?
Fuerim ne peut pas être un futur antérieur…
Dans l'extrait de Cicéron, j'entends bien.
Anne345 a écrit :Fuerim ne peut pas être un futur antérieur…
De même que " viderim" dans "Quamobrem, quoniam placatis iis utor, uideor sperare debere, si te uiderim, et ea, quae premant, et ea, quae impendeant, me facile transiturum ( Cic, Lettres à des familiers, IX, 1)… 🙂
« Primum eligendus locus est quam calidissimus, id est aversus ab septentrione et aquilone. Ipsa autem caldaria tepidariaque lumen habeant ab occidente hiberno, sin autem natura loci inpedierit, utique a meridie, quod maxime tempus lavandi a meridiano ad vesperum est constitutum. »
Traduction 1 : Jean Martin (1618)

« Auant toute œuure il faut eʃlire vn lieu chaut de ʃa nature, cõme ʃont ceux qui ne ʃont pas tournés au Septentrion, & au vent de Biʃe. Apres eʃt beʃoin que les retraictes où l’on ʃue, & les tiedes où l’on reprend haleine, ayent leurs feneʃtres & lumieres du coʃté de l’Occident d’hiuer. Mais ʃi la nature de la place y repugnoit, faudra qu’elles regardent vers le Midi, pource que le temps de ʃe lauer, eʃt ordonné depuis le miiour iuʃques au veʃpre. »


Traduction 2 : Charles-Louis Maufras (1847)

« Il faut commencer par choisir un lieu très-chaud, c'est-à-dire un lieu qui ne soit tourné ni vers le nord ni vers le nord-est. Les étuves chaudes et les tièdes auront leurs jours au couchant d'hiver; si la nature du lieu s'y opposait, il faudrait les placer au midi, parce qu'on se baigne de préférence depuis midi jusqu'au soir. »


Traduction 3 : Auguste Choisy (1909)

« D’abord, l’emplacement doit être choisi le plus chaud possible, c’est-à-dire à l’opposé du septentrion et de l’aquilon. Et que, spécialement les (bains) chauds et tièdes, aient leur jour (venant) de l’occident d’hiver ; ou, si la nature de l’emplacement s’y oppose : que du moins (elles l’aient) du midi ; parce que c’est surtout entre le milieu de la journée et le soir que l’usage a placé le temps de se baigner. »
1° Les traductions, surtout anciennes, ne sont nullement le reflet de l'analyse grammaticale qu'ont pu faire les auteurs avant de rédiger leur traduction.
2° Il ne sert à rien d'alléguer des exemples de si employé avec le subjonctif parfait ; comme le laissait entendre Gabiana, personne ne conteste cet usage, assez rare toutefois, et non recommandable en thème (je constate que les textes sont quelquefois corrigés par les éditeurs, dont l'exemple produit pas Anne).
3° Ce qu'il faut interroger, c'est le texte de VITRUVE, afin de voir si d'autres formules comparables apparaissent, avec des éléments incontestables dans l'apodose.

Or il se trouve que la tournure si + futur simple ou futur antérieur (ce ne peut être que ce temps-là en ce cas) en relation avec une principale au futur, au subjonctif d'exhortation ou pourvue d'une tournure équivalente, est assez fréquente dans certains passages. J'ai trouvé - sans chercher très longtemps - un exemple qui présente à peu près toute les possibilités, tiré du livre VI, 8 :

1. Aedificia quae plano pede instituuntur (76), si fundamenta eorum facta fuerint ita, ut in prioribus libris de muro et theatris a nobis est expositum, ad vetustatem ea erunt sine dubitatione firma. Sin autem hypogea concamarationesque instituentur, fundationes eorum fieri debent crassiores quam quae in superioribus aedificiis structurae sunt futurae, eorumque parietes, pilae, columnae ad perpendiculum inferiorum medio collocentur, uti solido respondeant : nam si in pendentibus (77) onera fuerint parietum aut columnarum, non poterunt habere perpetuam firmitatem. (site en ligne de P. Remacle)

J'ajoute qu'un système hypothétique, donc portant sur le futur n'aurait que faire dans ce type de texte, d'ordre purement technique ; comme je l'ai déjà dit, l'auteur exprime des alternatives logiques de type : si a alors b, si non a, alors c ou si c, alors d, etc…