De architectura, Vitruve

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Voici un court passage de cet ouvrage-là de Vitruve.
« […] si autem natura loci impedierit […] » (Livre V, Chapitre X)
Maintenant, en voici deux traductions.
« […] mais si la nature du lieu l'empêche […] » - Micheline Moreau-Rouault
« […] et, si l'on éprouve quelque empêchement pour cela […] - Perrault
Voici ma propre traduction.
« […] mais, si la nature du lieu [l']aura empêché […] »
Pouquoi personne n'a voulu traduire le futur antérieur « impedierit » par « aura empêché » ? À mon avis, en le traduisant à l'aide d'un présent, l'on y nie un aspect particulier - la préconisation de la tentative.
  • Qu'est-ce que vous en pensez ?
  • En avez-vous d'autres traductions ? D'autres commentaires…
marcosoliveirahelena a écrit :Voici un court passage de cet ouvrage-là de Vitruve.
« […] si autem natura loci impedierit […] » (Livre V, Chapitre X)
Maintenant, en voici deux traductions.
« […] mais si la nature du lieu l'empêche […] » - Micheline Moreau-Rouault
« […] et, si l'on éprouve quelque empêchement pour cela […] - Perrault
Voici ma propre traduction.
« […] mais, si la nature du lieu [l']aura empêché […] »
Pouquoi personne n'a voulu traduire le futur antérieur « impedierit » par « aura empêché » ? À mon avis, en le traduisant à l'aide d'un présent, l'on y nie un aspect particulier - la préconisation de la tentative.
  • Qu'est-ce que vous en pensez ?
  • En avez-vous d'autres traductions ? D'autres commentaires…
Bonjour, dans la mesure où " impedierit" n'est pas un subj parfait - et rien dans le texte de Vitruve ne permet d'exclure cette hypothèse- et qu'il est donc bien un futur antérieur, je pense que le traduire par un présent relève essentiellement de l'usage ( l'élégance?) en français. Et ici le contexte suffit à lui seul pour comprendre la chronologie des faits dans le futur sans devoir recourir , contrairement au latin qui d'ailleurs ne l'utilise pas systématiquement, au futur antérieur.

cordialement
En français, l'emploi du futur simple, du futur antérieur et des conditionnels présent et passé est incorrect derrière le si hypothétique. La seule façon d'exprimer ici l'accompli est d'utiliser le passé composé, mais ce n'est pas très élégant :
Mais si la nature du lieu l'en a empêché…
Voici ma propre traduction.
« […] mais, si la nature du lieu [l']aura empêché […] »
Pourquoi personne n'a voulu traduire le futur antérieur « impedierit » par « aura empêché » ?
Tout simplement parce que la phrase française ainsi obtenue serait incorrecte.
Si tu viens au cinéma avec moi, j'en serai enchanté est une formulation banale.
Qui songerait à écrire : Si tu viendras avec moi au cinéma, j'en serai enchanté.
La logique latine est imparable, mais les langues ne sont pas superposables. 😉

Voir inversement en anglais : I'll read this book when I have time.
Ma traduction en français a été calquée sur celle que j'ai faite pour le portugais.
[…] porém, se a natureza do lugar [o] tiver impedido […]
En portugais, le futur parfait du subjonctif va très bien…
Ma traduction en français a été calquée sur celle que j'ai faite pour le portugais
.
Peut-être le portugais est-il plus proche du latin.
si la nature du lieu s'y opposait, (Panckoucke)
if the nature of the situation prevents this (M. H. Morgan).

N'est-ce pas plus vraisemblablement une potentielle au parfait du subjonctif ?
Comme on est privé de contexte…
primum eligendus locus est quam calidissimus, id est aversus ab septentrione et aquilone. ipsa autem caldaria tepidariaque lumen habeant ab occidente hiberno, sin autem natura loci inpedierit, utique a meridie, quod maxime tempus lavandi a meridiano ad vesperum est constitutum. https://penelope.uchicago.edu/Thayer/L/Roman/Texts/Vitruvius/5*.html
Sans doute me suis-je mal exprimé dans mon intervention première: " impedierit peut bien être aussi un subj parfait exprimant le potentiel. Le texte de Vitruve n'exclut pas cette possibilité.

Voir: Itinera Electronica: Du texte à l'hypertexte
https://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/concordances/intro.htm

cordialement
Merci d'avoir donné le contexte. Malheureusement, il n'éclaire pas le problème. Je penche malgré tout pour le futur antérieur, vu le caractère pragmatique ou injonctif de l'ensemble du passage (eligendus /habeant)…
D'autre part, le parfait du subjonctif est rare derrière si.
Cette tournure se retrouve fréquemment dans le texte de Vitruve, comme j'ai pu le constater en parcourant le site indiqué :
sin autem ionicae columnae fient (V,9,4)
si duplices factae fuerint, meliorem habebunt usum… (V,10,3 (ici, fuerint est forcément un futur antérieur).
D'autre part, le parfait du subjonctif est rare derrière si.
C'est aussi mon avis. Je parierais sur le futur antérieur.
Dans beaucoup d’emplois où le futur II n’a pas valeur de perfectum, il rejoint le subjonctif parfait « atemporel » à valeur de potentiel. […] Les latins en pareils cas, devaient avoir l’impression d’employer une forme « mixte » qu’ils n’analysaient pas.
Ernout § 268

Mais je persiste à préférer la « condition préalable supposée réalisée » (Sausy, 427) à traduire par à « supposer que » qu’une condition qui « envisage l’avenir. » (Sausy, 425)
« […] caldaria tepidariaque lumen habeant ab occidente hiberno ; si autem natura loci impedierit, utique [eum habeant ] a meridie […]
« que les caldariums et les tépidariums reçoivent la lumière de l'ouest pendant l'hiver ; mais, si la nature du lieu l'empêchait, qu'ils la reçoivent au moins du sud » ⇔ [ si + imparfait ⇒ conditionnel présent]

Si l'on étudie cette traduction comme une formation autre du cas potenciel, je ne parviendrai plus à comprendre la différence sémantique entre le cas réel et le cas potenciel du présent…
Si l'on étudie cette traduction comme une formation autre du cas potenciel, je ne parviendrai plus à comprendre la différence sémantique entre le cas réel et le cas potenciel du présent…
Moi, c'est cette phrase que je ne comprends pas.

Quant à cette traduction …mais, si la nature du lieu l'empêchait, qu'ils la reçoivent,… elle ne correspond pas pour moi au texte latin. (le potentiel serait au subjonctif présent, non ?)
Il n'y a aucune raison pour que l'on ait un potentiel dans cette phrase. S'il s'agissait de l'expression d'une subjectivité, on pourrait admettre que ce potentiel affaiblisse le caractère trop direct de l'idée exprimée - une sorte de potentiel de "politesse', auquel correspondrait l'imparfait en français (encore faudrait-il l'admettre en latin derrière si). Mais ici, on a un raisonnement tout pratique :
Si pas obstacle, alors Ouest ; si obstacle, alors Sud.
Ce n'est pas du tout facile de travailler avec trois langues au même temps : la graphie "potenciel" est sans doute un autre calque du portugais ; je voulais, certes, écrire "potentiel" !

En ce qui concerne la construction du potentiel en latin, Borregana dit que l'on emploie bel et bien le subjonctif parfait…
Laoshi a écrit :
Si l'on étudie cette traduction comme une formation autre du cas potenciel, je ne parviendrai plus à comprendre la différence sémantique entre le cas réel et le cas potenciel du présent…
Moi, c'est cette phrase que je ne comprends pas.

Quant à cette traduction …mais, si la nature du lieu l'empêchait, qu'ils la reçoivent,… elle ne correspond pas pour moi au texte latin. (le potentiel serait au subjonctif présent, non ?)
Ernout - Thomas (éd 1964 § 371 ) estime que les subj présent et parfait peuvent tous deux marquer le potentiel. Dans le texte de Vitruve (impedierit) est- ce un subj parf ou un ind futur antérieur? Entre nous et quels que soient les arguments apportés ( tous respectables) pour l'une ou l'autre solution est-ce tellement important ? Peut-être devons nous admettre l'amphibologie et … le bénéfice du doute???
Je n'aurais garde de me battre sur un tel sujet. 🙂
J'aimerais connaître les arguments des tenants du potentiel ; dire qu'il est possible ne suffit pas !