Aujourd'hui, je vous propose un sujet quelque peu différent…
Comment le concile Vatican II a-t-il changé la prépondérence du latin ?
Bonne question 🙂
Je ne vois que la liturgie : dans les grandes lignes, le passage de la messe dite tridentine de rite "extraordinaire" au rite "ordinaire" en français. Ceci dit les fidèles n'entendaient pas grands choses de la messe latine car elle était souvent récitée à voix basses par le prêtre. La "nouvelle" messe Paul VI n'est pas une traduction de la messe tridentine Saint Pie V, elle est largement remaniée et il existe une version latine de la messe Paul VI. Les trois "versions" (Paul VI en français, Paul VI en latin, St Pie V) sont célébrées de nos jours; dans une moindre mesure pour les latines bien entendu.
La pratique du latin en a sans doute pris un coup, un ami qui fait un master de sciences religieuses m'a dit qu'ils n'étaient plus qu'une dizaine au Vatican à parler couramment latin. C'est sans doute la vieille génération car avant Vatican II tous les prêtres devaient en avoir la maîtrise et il était extrêmement rare de pouvoir passer outre : le seul cas qui me vient à l'esprit est celui du curé d'Ars qui a obtenu une dérogation spéciale pour pouvoir être ordonné sans maîtriser le latin.
Il y a eu quelques changements concernant le latin antérieurs à Vatican II : les encycliques par exemple, je pense à celles dénonçant les fascismes et le national socialisme : Non abbiamo bisognio (1931) et Mit brennender Sorge (1937); elles furent rédigées en langue vernaculaire contrairement à l'usage latin. Inutile de vous dire que ce fut particulièrement mal pris par les dirigeants visés.
C'est juste 🙂
Pour le reste je n'ai aucune idée de l'influence - et si il y en a eu une - que cela a pu avoir sur l'enseignement, les intellectuels…