Hésitations entre lettres modernes et lettres classiques

La filière littéraire

41 réponses · Page 2 / 3

Arthur a écrit :la note la plus fréquemment donnée est 0,5/20…
Comment explique-t-on cela ?
J'imagine que de telles notes sont dues principalement à des versions inachevées / à peine commencées.
Je veux dire… les versions sont-elles si difficiles et la préparation pendant deux ou trois ans "insuffisante"? Est-ce dû au fait que les élèves - ayant peu ou pas fait de grec, en tout cas du vrai grec, comme le dit Jean-Luc Picard, dans le secondaire - n'arrivent pas par la suite en général à se hisser au niveau du concours ? Que pointent en général les rapports de jury concernant les langues anciennes et le grec en particulier ?


Edit: je viens d'aller consulter le rapport de jury concernant la version grecque du concours Ulm 2009 : la moyenne s'établit en fait à 08,55 / 20 (contre 08,22 en 2008 et 08,51 en 2007), un résultat "plutôt satisfaisant" d'après le jury, qui note aussi très peu de copies inachevées. Avec certes des notes proches de 0/20, mais aussi des 20. Il est cependant écrit "Le manque de familiarité avec le grec, que la plupart d'entre eux ne pratiquent que depuis l'hypokhâgne, est évidemment le premier coupable. Nous ne pouvons donc qu'encourager les candidats à lire et à relire sans cesse des pages de grec pour acquérir l'aisance qui leur manque (…)".
Cette note correspond à des copies bourrées de fautes mais non blanches.

Les versions sont notées selon un système de points-fautes (un contresens = -2, un faux sens = -1, etc). Beaucoup de candidats font bien plus de 20 points-fautes. Ils mériteraient donc zéro, selon ce système.

Cependant, dans les concours, la note zéro n'est, par principe, attribuée qu'aux copies blanches. Quand le candidat a remis une traduction comportant au moins un mot, il ne peut pas avoir zéro.
Il a alors la plus basse note possible différente de zéro, soit, selon les concours: 0,5 ou 0,33 ou 0,25 (l'agreg utilise des quarts de points pour mieux départager les ex aequo; de mon temps, Ulm notait au tiers de point).

Tous les candidats très faibles ont donc cette même note, très basse quoique non nulle.
Je comprends mieux pourquoi à une certaine époque en tout cas (est-ce toujours le cas ?), il arrivait que l'on se voie attribuer en prépa des notes très très négatives (de l'ordre de -200, m'a-t-on dit! ) =)
Héhé, c'est encore le cas en latin avec un de mes anciens professeurs de khâgne, même s'il préfère exprimer la note en points-fautes (ce qui fait que l'on peut avoir une note très positive =D).
Arthur a écrit :Héhé, c'est encore le cas en latin avec un de mes anciens professeurs de khâgne, même s'il préfère exprimer la note en points-fautes (ce qui fait que l'on peut avoir une note très positive =D).
Je dépasse de temps en temps les 100 points-fautes en version grecque, sans pour autant avoir une mauvaise note sur 20. Mais j'ai une prof… exigeante xD.
D'accord, je vois. Le tout est de s'habituer à ces nouveaux repères… 😉
Oui, certains profs indiquent la note "brute" dans un coin de la copie. Et quand on voit qu'on est passé de -174 à -87, on sait qu'on a fait de grands progrès, même si cela reste encore trop juste pour le concours…
Certains élèves prennent au contraire cela à la dérision, et font des concours entre eux: "T'as eu combien? -137? Hé hé, je te bats, j'ai eu -211!".
Vous me faites un peu peur là … Ca voudrait dire que si l'on n'a pas commencé latin et/ou grec de manière sérieuse dans le secondaire, l'agrèg en lettres classiques est quasi inaccessible ? Parce que du thème … O_o Déjà, faire une bonne version, dans un français correct mais correspondant néanmoins au texte original, je trouve ça délicat, mais passer du français au latin/grec, ça me semble de l'ordre de l'impossible. Mais peut-être qu'après la prépa et l'université et des années de pratique, le thème devient un peu moins … Terrifiant 😜
AnneGabrielle a écrit :ça me semble de l'ordre de l'impossible
Mieux vaut, je crois, partir du principe que rien n'est impossible… Cela dit, si nos prédecesseurs ont des conseils pour nous permettre d'approcher un jour la note de 0/20 en langues anciennes - 😜 -, que ce soit pour les versions ou les thèmes, le latin ou le grec, je suis preneuse… =)
Tout à fait 🙂
Quelle ambition, mes aïeux … Je vois d'ici le bulletin de premier trimestre d'hypokhâgne :
Latin moyenne de classe : - 15 moyenne de l'élève : -75
"Vous êtes passée au dessus de la barre des -100, félicitations ! En progrès, poursuivez vos efforts …" 😂
Pas de panique, il y a toujours une note sur 20 qui accompagner les points-fautes, et c'est cette note qui est reportée sur le bulletin.
Contrairement à ce qui a été dit plus haut, je ne trouve pas que le niveau en langues anciennes dans l'option Lettres Classiques soit aussi exigeant que cela, et le thème, qui ne compte que pour 1/5e (ou 1/4, je ne sais plus), de la note globale, est très rentable à bosser un tout petit peu. On a 4-5 lignes à traduire, c'est pas non plus la mer à boire!
Merci à tous pour vos réponse !

Oui, comme l'a dit Hugo le nombre de points-fautes est transposé en une note sur 20 (heureusement hum 😜 et puis imaginez la tête de l'informaticien s'il doit rentrer des notes négatives sur les bulletins 😂). En général, pour la version grecque, je tourne autour de 50 points-fautes. En latin, ma prof marque seulement la note sur 20.

D'après ce que vous dites, le niveau en langues anciennes semble exigeant. Je ferais peut-être mieux de choisir lettres modernes avec l'option latin, même si ça m'attriste d'abandonner le grec.
Sinon, est-il possible de prendre lettres modernes avec l'option grec? J'ai cru comprendre qu'on pouvait le faire en khâgne mais que ça posait ensuite des problèmes au niveau des concours de l'enseignement. Pourriez-vous m'en dire plus?
En fait, c'est bizarre, parce que depuis l'année dernière, on pouvait choisir le grec à l'agreg de lettres modernes, mais si tu consultes le site du siac et les nouvelles modalités du concours à partir de la section 2011, il est marqué "version latine" et non "version latine ou grecque", donc j'imagine que payer ces saletés de correcteurs de version grecque pose des petites difficultés à notre gouvernement bienveillant. Ce n'est qu'une question de sous puisque le rapport de jury avait justement salué la performance des candidats qui avaient choisi la version grecque. Merci Lucky Luke et désolé pour toi, mais il va falloir choisir le latin si tu pars en lettres modernes :/
borisvian a écrit :Je ferais peut-être mieux de choisir lettres modernes avec l'option latin, même si ça m'attriste d'abandonner le grec.
Sinon, est-il possible de prendre lettres modernes avec l'option grec? J'ai cru comprendre qu'on pouvait le faire en khâgne mais que ça posait ensuite des problèmes au niveau des concours de l'enseignement. Pourriez-vous m'en dire plus?
Pour Ulm, ça ne pose aucun problème (pour l'agrégation, c'est incertain en effet). Si vous êtes meilleur en grec, vous avez tout intérêt à passer le grec au concours. En gardant à l'esprit que vous serez (à l'écrit) en concurrence avec vos camarades de lettres classiques, ce qui n'est pas le cas en passant l'épreuve de latin.
AnneGabrielle a écrit :… Ca voudrait dire que si l'on n'a pas commencé latin et/ou grec de manière sérieuse dans le secondaire, l'agrèg en lettres classiques est quasi inaccessible ?
Inaccessible, non… Ardue, certainement. Cela dit, j'ai une amie qui avait commencé le latin en Hk, le grec en L3, et qui est aujourd'hui agrégée de LC.
Quant au thème grec, au début, c'est dur pour tout le monde, même pour les meilleurs, parce qu'on n'en fait presque jamais avant. Mais ça se bosse… Mon premier thème grec m'a pris 20 heures de travail pour une note humiliante (alors qu'en version je m'étais toujours baladé). Pendant plusieurs mois, je me suis fait des fiches de phrases-types à apprendre par coeur et j'ai mâché le précis d'accentuation de Lejeune. Finalement, j'ai eu 13 à mon thème d'agreg.
Je crois n'avoir jamais investi autant d'efforts pour acquérir des connaissances destinées à être si rapidement oubliées ensuite… :/
Foedor a écrit :En fait, c'est bizarre, parce que depuis l'année dernière, on pouvait choisir le grec à l'agreg de lettres modernes, mais si tu consultes le site du siac et les nouvelles modalités du concours à partir de la section 2011, il est marqué "version latine" et non "version latine ou grecque", donc j'imagine que payer ces saletés de correcteurs de version grecque pose des petites difficultés à notre gouvernement bienveillant. Ce n'est qu'une question de sous puisque le rapport de jury avait justement salué la performance des candidats qui avaient choisi la version grecque. Merci Lucky Luke et désolé pour toi, mais il va falloir choisir le latin si tu pars en lettres modernes :/
Et m… c'était trop beau pour durer, évidemment (enfin, je me renseignerais quand même pour la session 2012, mais je pense qu'il ne faut pas trop espérer de progrès à ce niveau-là). Merci de l'info, en tout cas…
Tout n'est pas non plus qu'une question d'agrégation, car il ne faudrait pas dissuader les bon latinistes ou hellénistes de faire lettres classiques pour des questions d'option, encore moins de résultats (toujours sujets à de tristes dialogues) en prépa…
Le CAPES de lettres classiques existe, il donne la possibilité d'enseigner aussi en lycée, je le rappelle, et reste malgré tout gratifiant. Je trouve quelques considérations ici assez élitistes, voire vexantes, pour les "capétiens" qui ne déméritent pas. Le niveau attendu en latin et en grec est tout à fait correct, en français également, d'autant que le coef de dissertation permet à un latiniste/helléniste hésitant d'avoir ses chances.
Soutenez les lettres classiques en n'optant pas pour des lettres modernes si vous aimez le latin et et grec…
Le CAPES de lettres classiques existe, il donne la possibilité d'enseigner aussi en lycée, je le rappelle, et reste malgré tout gratifiant. […] Soutenez les lettres classiques en n'optant pas pour des lettres modernes si vous aimez le latin et et grec…
+1 🙂 .
Tout n'est pas non plus qu'une question d'agrégation, car il ne faudrait pas dissuader les bon latinistes ou hellénistes de faire lettres classiques pour des questions d'option, encore moins de résultats (toujours sujets à de tristes dialogues) en prépa…
Au point même que certains professeurs, au niveau bien plus qu'honorable, vivent leur Capes avec un certain complexe… d'infériorité, alors qu'il n'a pas vraiment lieu d'être 🙂.