Bonjour
Je n'ai pas trouvé comment montrer que le poème illustre les mouvements littéraires de De Vigny et Verlaine dans les poème "Paris" et "Le bruit des cabarets, la fange du trottoir". Pouvez-vous m'aider SVP?
Merci
Je n'ai pas trouvé comment montrer que le poème illustre les mouvements littéraires de De Vigny et Verlaine dans les poème "Paris" et "Le bruit des cabarets, la fange du trottoir". Pouvez-vous m'aider SVP?
Merci
Paris (A. de Vigny)
« Prends ma main. Voyageur, et montons sur la tour. —
Regarde tout en bas, et regarde à l’entour.
Regarde jusqu’au bout de l’horizon, regarde
Du nord au sud. Partout où ton oeil se hasarde,
Qu’il s’attache avec feu, comme l’oeil du serpent
Qui pompe du regard ce qu’il suit en rampant,
Tourne sur le donjon qu’un parapet prolonge,
D’où la vue à loisir sur tous les points se plonge
Et règne, du zénith, sur un monde mouvant
Comme l’éclair, l’oiseau, le nuage et le vent.
Que vois-tu dans la nuit, à nos pieds, dans l’espace,
Et partout où mon doigt tourne, passe et repasse ?
— Je vois un cercle noir si large et si profond,
Que je n’en aperçois ni le bout ni le fond.
Des collines, au loin, me semblent sa ceinture,
Et pourtant je ne vois nulle part la nature,
Mais partout la main d’homme et l’angle que sa main
Impose à la matière en tout travail humain.
Je vois ces angles noirs et luisants qui, dans l’ombre,
L’un sur l’autre entassés, sans ordre ni sans nombre,
Coupent des murs blanchis pareils à des tombeaux.
— Je vois fumer, brûler, éclater des flambeaux,
Brillant sur cet abîme où l’air pénètre à peine
Comme des diamants incrustés dans l’ébène.
— Un fleuve y dort sans bruit, replié dans son cours,
Comme dans un buisson la couleuvre aux cent tours.
Des ombres de palais, de dômes et d’aiguilles,
De tours et de donjons, de clochers, de bastilles,
De châteaux-forts, de kiosks et d’aigus minarets ;
De formes de remparts, de jardins, de forêts,
De spirales, d’arceaux, de parcs, de colonnades,
D’obélisques, de ponts, de portes et d’arcades,
Tout fourmille et grandit, se cramponne en montant,
Se courbe, se replie, ou se creuse ou s’étend.
— Dans un brouillard de feu je crois voir ce grand rêve.
La Tour où nous voilà dans ce cercle s’élève ;
En le traçant jadis, c’est ici, n’est-ce pas,
Que Dieu même a posé le centre du compas ?
Le vertige m’enivre, et sur mes yeux il pèse.
Vois-je une Roue ardente, ou bien une Fournaise ? »
— Oui, c’est bien une Roue ; et c’est la main de Dieu
Qui tient et fait mouvoir son invisible essieu.
Vers le but inconnu sans cesse elle s’avance.
On la nomme PARIS, le pivot de la France.
Le bruit des cabarets, la fange du trottoir (P. Verlaine)
Le bruit des cabarets, la fange du trottoir,
Les platanes déchus s'effeuillant dans l'air noir,
L'omnibus, ouragan de ferraille et de boues,
Qui grince, mal assis entre ses quatre roues,
Et roule ses yeux verts et rouges lentement,
Les ouvriers allant au club, tout en fumant
Leur brûle-gueule au nez des agents de police,
Toits qui dégouttent, murs suintants, pavé qui glisse,
Bitume défoncé, ruisseaux comblant l'égout,
Voilà ma route - avec le paradis au bout.



