Continuer à / continuer de

Langue française

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Pas le même sens.
Tu commences de nous ennuyer = tu commences à nous apporter de l'ennui. Sens réel.
Tu commences à nous ennuyer = tu commences à nous agacer. Plus péjoratif.
(Même remarque que pour Léah…)


Je pense que ceci n'est pas tout-à-fait incompatible avec mon pavé…

_ "Tu commences de nous ennuyer." => Tu es en train de nous ennuyer, et ce depuis un instant.

_ "Tu commences à nous ennuyer." => Tu es en train d'entrer dans ton état, dans tes coutumes, tes comportements habituels, dont on sait qu'ils sont très ennuyeux. Ce qui laisse à supposer que tu es quelqu'un de régulièrement ennuyeux.

Mais, en toute rigueur, qu'il y ait un ensemble de sens avec "à" et un ensemble de sens avec "de", chaque préposition ayant son apport sémantique propre, n'exclue pas forcément qu'il y ait une intersection à ces deux ensemble, où les deux emplois sont possible. Mais, à ce moment, je conseillerai le "de".
"Tu commences de nous ennuyer", ce n'est pas "tu es en train", c'est "tu commences". "Tu es en train", veut dire que ça dure depuis un peu. "Tu commences" n'est pas égal à "tu es en train". "Tu commences à monter dans le train", à la première marche. "Tu es en train de", c'est peut-être la seconde marche et presque fini de monter, continuité. Pas de continuité à "tu commences". "En train", plus proche de l'idée de continuité.
"lexème"?
Très difficile en effet cher Bâ !
Mais comme vous dites, les deux ensembles ont une intersection. J'ai du mal à la définir
Je vais relire votre pavé malgré les termes techniques

Tu commences DE marque à mon sens un début "à ce moment-là" tu commences DE, sans incidence sur le futur ; ça peut s'arrêter
Tu commences À et ça va durer ! (ce qui se recoupe avec votre idée "tu vas entrer dans un état")

Un autre exemple
Je commence de lire ce pavé : à ce moment zéro, commence ma lecture
Je commence à lire ce pavé : je commence et je vais continuer
Vous me direz, c'est idiot, si tu commences tu vas continuer. Ben, avec DE, pas si sûr

Il commence d'écrire : sa plume se pose sur le papier
Il commence à écrire ; et ça sera peut-être un roman-fleuve
Un autre exemple
Je commence de lire ce pavé : à ce moment zéro, commence ma lecture
Je commence à lire ce pavé : je commence et je vais continuer
Vous me direz, c'est idiot, si tu commences tu vas continuer. Ben, avec DE, pas si sûr
Vrai, Léah
Il commence d'écrire : sa plume se pose sur le papier
Il commence à écrire ; et ça sera peut-être un roman-fleuve
C'est un bon exemple
Bonsoir !

Vos distinctions sémantiques sont intéressantes, mais j'ai déjà dit que, selon Grevisse et Hanse, les deux constructions étaient d'un emploi indifférent pour le sens.

Le Robert des difficultés :
- la construction avec A est la plus courante,
- la construction avec DE a le même sens et se rencontre surtout chez les écrivains "classicisants".

Le Bidois dit qu'on a le choix entre le tour courant (avec à) et le tour précieux (avec de). Il ajoute que la construction avec A est la plus conforme à l'usage normal, mais qu'on peut choisir DE si l'oreille le préfère.

Riegel dit simplement : le verbe commencer à (de) exprime l'inchoatif : le procès est saisi à son début.
* Il commence à pleuvoir.
Le Bidois dit qu'on a le choix entre le tour courant (avec à) et le tour précieux (avec de).
Je souligne ce passage, Edy, qui me semble tout à fait exact tel que je pense le percevoir. Ce qui confirme que:
Il ajoute que la construction avec A est la plus conforme à l'usage normal, mais qu'on peut choisir DE si l'oreille le préfère.
Tu commences DE marque à mon sens un début "à ce moment-là" tu commences DE, sans incidence sur le futur ; ça peut s'arrêter
Tu commences À et ça va durer ! (ce qui se recoupe avec votre idée "tu vas entrer dans un état")
J'ai le même sentiment que toi, Léah. 🙂
Le bébé commence à marcher: il s'agirait de ses premiers pas.
Pierre commence à écrire: il s'agit de ses premier pas (même en tant qu'auteur).

Continuer de marcher ou d'écrire est de reprendre une activité déjà entamée, dirais-je.

Mais je pense que c'est l'usage, plutôt qu'un pavé qui m'a aidé à comprendre ça.
Bonjour Édy!

Vous êtes sans-doute le plus documenté et le plus minutieux d'entre nous… Simplement, ce que je voudrais dire, c'est que j'ai toujours tendance à rejeter une source qui dit: "Ça ne change rien.". C'est tellement facile d'écrire cela!
Si le langage est ainsi, c'est qu'il y a une raison. Que cette raison soit difficile à saisir, même par les plus expérimentés est une chose. Mais que ceux-ci se permettent dans leurs ouvrages d'écrire de telles phrases plutôt que d'avouer humblement qu'ils n'ont pas encore trouvé me révolterait un tout petit peu… On ne peut pas faire de la langue comme ça.

Je rappelle cette phrase: "Quand je ne comprends pas quelque-chose, il y a deux solutions, ou c'est la chose qui est bête, ou c'est moi qui suis bête.". Personnellement, je me refuse toujours à considérer que c'est la chose qui est bête. Si elle n'était pas plus explicable qu'on le dit, c'est-à-dire, due à rien et vouée à rien, elle n'aurait pas survécu. Alors, moi qui ne suis pas savant, je cherche…

J'ai justement à peu près le même sentiment que Léah… Après avoir recopié sur ce forum mes premières idées, bien abstraites et peu compréhensibles, je vous ai proposé le "pavé", qui est une sorte de suite, déjà un peu moins abstraite et un peu plus compréhensible…

Pour moi, "à + infinitif" serait l'expression de l'état d'effectuer l'action et "de + l'infinitif" serait simplement l'énonciation de l'action du verbe.

Ainsi:
_ "Commencer à + infinitif" <=> "Se placer dans tel ou tel état d'action",
_ "Commencer de + infinitif" <=> "Débuter une action"…

De même:
_ "Continuer à + infinitif" <=> "Demeurer dans tel ou tel état d'action",
_ "Continuer de + infinitif" <=> "Poursuivre ce qui est commencé"…



Chère Léah, n'étant pas spécialiste, j'emploie tout-de-même peu de "termes techniques". Mais, si certains mots vous dérangent, je reviendrai dessus, n'hésitez pas!
Mais comme vous dites, les deux ensembles ont une intersection. J'ai du mal à la définir
Je pense qu'il s'agit simplement des cas triviaux où un langage atone ne cherche pas à établir de distinctions sémantiques précises: Un professeur dirait: "Je l'ai puni, mais il continue de s'agiter." ou "Je l'ai puni mais il continue à s'agiter.". Certes, avec mon interprétation et avec la vôtre, on pourrait très bien trouver des nuances et choisir par un autre moyen qu'un tirage au sort… Mais, dans ces cas triviaux, on ne s'en soucie pas forcément…
Bonjour tous,

Bâ, très bien:
Je rappelle cette phrase: "Quand je ne comprends pas quelque-chose, il y a deux solutions, ou c'est la chose qui est bête, ou c'est moi qui suis bête.". Personnellement, je me refuse toujours à considérer que c'est la chose qui est bête. Si elle n'était pas plus explicable qu'on le dit, c'est-à-dire, due à rien et vouée à rien, elle n'aurait pas survécu. Alors, moi qui ne suis pas savant, je cherche…
C'est exactement mon attitude lorsque je ne comprends pas.
Bonjour,

Voici deux documents qui avait été trouvés pour une autre discussion :

Continuer à/Continuer de :

https://webs.ucm.es/info/circulo/no19/verroens.htm
https://www.seinan-gu.ac.jp/~trubert/A-DE.html

Muriel
Bonjour Muriel,

Merci, mis dans mon dossier !
Bonsoir, Muriel !

Merci beaucoup, les textes sont très intéressants. Je vais les étudier. Mais il me semble déjà que ces études de linguistes universitaires sont trop pointues pour être vraiment utiles à ceux qui nous interrogent. Je verrai de mon côté ce qu'on peut en tirer de concret.
Bonsoir…

Je crois que j'avais lu ces textes pour mes recherches et que je n'en avais pas tiré grand-chose de plus…

Mais peut-être Édy saura-t-il voir ce que je n'ai pas vu! Affaire à suivre…
Bonjour,

Besoin d'avoir une confirmation. Dans le cas de :

"… et lui, il continue à divaguer, à rêver…"

ou

"… et lui, il continue de divaguer, de rêver…"

Selon un message de Bâ :

_ "Continuer de + infinitif" = "Poursuivre ce qui est commencé": on continue de cuisiner tout comme on continue sa cuisine, etc., etc.
_ "Continuer à + infinitif" = "Demeurer dans son état "de faire", ou "faisant", etc.: on continue à cuisiner tout comme on reste une heure à travailler sur un exercice ou on passe un quart d'heure à se raser, par exemple, etc., etc.

Merci pour vos réponses.
Bonjour Francyne!


Dans le cas où ce que je propose serait pertinent, vous voyez qu'aucune des deux formulations ne serait fausse dans votre phrase. Ce n'est que des petites nuances sémantiques et c'est à vous de choisir…

Même dans le cas où j'aurais totalement tort, je pense que rien n'a été proposé à ce jour qui puisse rendre exclusive l'une des deux possibilités ici (comme ailleurs)…


À bientôt!
Francyne a écrit :Bonjour,

Besoin d'avoir une confirmation. Dans le cas de :

"… et lui, il continue à divaguer, à rêver…"

ou

"… et lui, il continue de divaguer, de rêver…"

Merci pour vos réponses.
Pour moi, les deux sont corrects mais n'ont pas le même sens :
- "… et lui, il continue à divaguer, à rêver…" : c'est plus un état

- "… et lui, il continue de divaguer, de rêver…" : c'est plus une action
d'après le dictionnaire, la préposition qui convient est "à". "de" est-il un terme juste? Voir aussi cette page.
Bonjour Yéochoua,

L'un et l'autre se disent.

Vois le Littré : https://www.littre.org/definition/continuer
assorti de ce commentaire
CONTINUER À, CONTINUER DE. D'après l'Académie, on doit se servir de continuer à quand il s'agit d'une action commencée et que l'on continue, et de continuer de quand il s'agit d'une action qu'on a l'habitude de faire. Cet homme, tenant son verre, continue à boire ; c'est-à-dire il achève ce qu'il avait commencé ; mais cet homme est un ivrogne, et, malgré ses promesses, il continue de boire, c'est-à-dire il persiste dans ses habitudes d'ivrognerie. Mais cette distinction, qui n'est pas fondée sur le sens des prépositions à ou de, ne l'est pas non plus sur les exemples des auteurs qui usent, ou indifféremment ou suivant l'oreille, des deux prépositions. Laveaux voulait que à indiquât une intention dirigée vers un but, et qu'on se servît de la préposition de quand rien n'indiquait un but, une intention ; cette distinction, fondée sur la conception abstraite des rapports exprimés ordinairement par à et de, n'est pas appuyée par l'usage.