Bonjour,
Quelqu'un pourrait-il m'expliquer la différence qui existe entre une anaphore et une coréférence ?
J'ai bien compris qu'une anaphore était dans un rapport asymétrique entre deux expressions contrairement à la coréférence qui fonctionne sur une relation symétrique mais je ne trouve pas d'exemples très éloquents…
Merci d'avance !
Bonjour Dedalus,
Une anaphore reprend une expression introduite précédemment mais ne désigne pas forcément la même entité que cette expression.
Une coréférence est une référence à la même entité ; c'est grâce au sens, au contexte qu'on trouve le lien entre les deux expressions.
Exemple d'anaphore non coréférentielle :
"J'ai lu un livre. Les pages étaient jaunies."
Le GN "les pages" est une anaphore de "un livre" mais n'est pas une coréférence ("les pages" constitue un nouveau référent).
Exemple de coréférence non anaphorique :
"C'est alors qu'apparut le renard.(…)
-Je suis là, dit la voix, sous le pommier."
"Je" fait référence au renard mais n'est pas anaphorique : hors contexte, on ne peut pas savoir à qui se réfère ce pronom.
Pour moi une anaphore est la répétition d'une même mot ou groupe de mot en début de paragraphe (pour les romans et autres) ou en début de vers (pour la poésie). C'est un procédé qui vise à créer une forte insistance sur qql chose.
Exemple dans le conte « Le secret de Don Juan » ; LE JOURNAL ; Rémy de Gourmont ; 1893 :
A une défaillante blonde, il prit le geste de comprimer d'une main adroite le douloureux battement d'un cœur absent ;
A une autre, il prit un ironique clignement des paupières qui donnait l'illusion de l'impertinence et qui n'était que la souffrance d'un œil faible devant la lumière ;
A une autre, il prit le geste du petit doigt levé et regardé avec soin comme une trouvaille rare ;
A une autre, il prit le joli frappement d'un pied subtilement impatient ;
A une autre, languide et pure, il prit le sourire où, comme dans un miroir magique, on voit, avant les contentements d'après le jeu, et après le jeu, la réviviscence des joies du désir ;
A une autre, non moins pure, mais vive et sans langueurs, toujours agitée de mouvements pareils à ceux d'une chatte aux heures d'orage, il prit encore un sourire, le sourire où il y a des baisers si puissants qu'ils déconcertent le cœur des vierges ;
A une autre, il prit le soupir, le long soupir brisé qui est le timide frère du sanglot, le soupir impressionnant et qui annonce la tempête comme un vol précipité d'oiseau ;
A une autre, il prit la lente et inquiétante démarche de celles qui sont aimées de trop d'amour ;
A une autre, il prit l'amoureuse façon de dire à mi voix des riens et de susurrer : « Il pleut », comme s'il pleuvait des anges.
Exemple dans le poème "Strophe pour se souvenir" ; LE ROMAN INACHEVÉ ; Louis Aragon :
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant.
Et la définition de la coréférence me semble correcte.
@Elo-Lettre-L1
Bonjour,
Comme cela a été indiqué récemment dans
cette discussion, l’anaphore a un sens précis en grammaire.
Je donne ici la définition de Roland Eluerd dans sa
Grammaire descriptive de la langue française (chez A. Colin, 2008, § 297, page 207):
On appelle anaphore la reprise d’un élément antérieur du texte.
En stylistique, le sens d’anaphore est celui que vous indiquez.
Voir aussi :
https://www.etudes-litteraires.com/figures-de-style/anaphoreAutant pour moi, si mon post dois être supprimé qu'il le soit.
Et désolée d'avoir spamé pour rien…
Bonne continuation.
Il n’y a aucun souci : on est là pour discuter. 🙂
Merci beaucoup pour vos réponses en tout cas 🙂
Dans le même style…
Auriez-vous un exemple qui illustrerait la différence entre un déictique et un faux déictique ?