Le lyrisme traditionnel est renouvelé par des notations prosaïques, par la création poétique…
11 réponses
Bonjour à tous,
Voila, je suis en première scientifique avec une dissertation de français (très) difficile sur les bras et j'aurais grand besoin d'aide.
Le sujet étant : Au delà des audaces formelles, le lyrisme traditionnel dans bon nombre de poèmes consacrés à l'expression des sentiments est renouvelé par des notations prosaïques (=propre à la prose) ou par la création poétique d'images déroutantes. Que pensez-vous de ces orientations postérieures au Romantisme?
J'ai déjà établie un début de plan :
I.renouvellement
a) grâce à l'originalité face au lyrisme traditionnel
b) et à la diversité des sujets
II.appauvrissement
a) un registre médiocre pour des idées élevées
b) une baisse de la richesse poètique et lyrique
III.explication par époque (pk?+ aller de l'appauvrissemnet à l'originalité)
Au XIX° siècle, le romantisme est dépassé par plusieurs mouvements littéraires comme le symbolisme, le naturalisme, le parnasse…
Je ne comprend pas vraiment la question ni la troisième partie que la prof a mise en place et la dissertation est à préparer à la maison sans les différents textes du corpus que nous devons insérer durant une heure en classe.
Je ne trouve pas des exemples concrets. Cependant, je pensais citer des vers de Baudelaire dans Spleen :
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
[…]
Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;
ou
dans Alcools Zone Apollinaire (1913) :
« La religion seule est restée toute neuve la religion
Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation »
« Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d'aventure policières »
Qui je crois, insère des notations prosaïques
ou encore Robert Desnos.
En faite, je ne trouve pas des exemples concrets dans des poèmes lyriques de notations prosaïques ou bien d'images déroutantes.
J'ai besoin d'aide !!! Sauriez vous quels textes je peux citer ? est ce que les sous parties de mon plan sont bien ? pouriez vous également m'éclairer sur la troisième partie que je dois mettre en place ?
MERCII d'avance.
Valérie Rouzeau après la mort de son père a écrit ce genre de textes (qui ne sont pas du tout un apprauvissement des sentiments liés au deuil)
Bonjour,
dans : « Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d'aventures policières », les livraisons à 25 centimes c'est prosaïque, dans la poésie romantique on ne parlait pas des objets quotidiens et ordinaires qui nous entourent, mais plutôt des grands mouvements de l'âme par exemple.
On te demande d'étudier le renouvellement de la poésie après le romantisme. Les poètes se mettent à parler du quotidien, à créer des images que la poésie un peu plus "solennelle" n'aurait pas osé auparavant, car le registre de langue en poésie devait être soutenu, et attirer l'âme du lecteur vers les hauteurs. Il n'était donc pas question d'y trouver ce qui fait notre vie de tous les jours. En poésie, on recherchait l'élan du sublime, des grandes émotions, de la recherche du divin. La poésie moderne met tout cela en question, et marque un tournant.
Chez Apollinaire, les images déroutantes sont très nombreuses, chez Desnos aussi.
Bonjour,
J'ajouterai aussi que les poètes modernes "désacralisent" la poésie traditionnelle par des jeux de mots, des calembours qui viennent soutenir leur tentative décapante d'images nouvelles et de prosaïsme.
Deux exemples tirés de Zone d'Apollinaire :
Les inscriptions des enseignes et des murailles
Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent
J'aime la grâce de cette rue industrielle
Située à Paris entre la rue Aumont-Thieville et l'avenue des Ternes
Tu conviendras que les couleurs et les sons rendent ce quartier de l'avenue des Ternes tout… sauf terne.
Soleil, cou coupé
Tu perçois bien l'image de ce soleil levant rouge comme une gorge tranchée, mais en même temps tu entends le poète te faire coucou…
Je livre à ta réflexion aussi ce sonnet de Corbière qui dynamite le genre très classique par des comparaisons non seulement prosaïques mais aussi humoristiques, voire saugrenues :
Sonnet (Avec la manière de s'en servir)
Réglons notre papier et formons bien nos lettres :
Vers filés à la main et d'un pied uniforme,
Emboîtant bien le pas, par quatre en peloton ;
Qu'en marquant la césure, un des quatre s'endorme…
Ça peut dormir debout comme soldats de plomb.
Sur le railway du Pinde est la ligne, la forme ;
Aux fils du télégraphe : - on en suit quatre, en long ;
A chaque pieu, la rime - exemple : chloroforme.
- Chaque vers est un fil, et la rime un jalon.
- Télégramme sacré - 20 mots. - Vite à mon aide…
(Sonnet - c'est un sonnet -) O Muse d'Archiméde !
- La preuve d'un sonnet est par l'addition :
- Je pose 4 et 4 = 8 ! Alors je procède,
En posant 3 et 3 ! - Tenons Pégase raide :
" O lyre ! O délire ! O… " - Sonnet - Attention !
Jean-Luc !
J'ai lu maintes fois ce poème-manifeste, mais je n'avais pas encore entendu le coucou d'Apollinaire
Merci de m'en avoir fait prendre conscience 🙂
Salopette, voici deux poèmes de Valérie Rouzeau dont le lyrisme élégiaque s'accompagne de notations prosaïques. Trouves-tu que ça affablisse le genre ?
Mon père mon père en terre au vent d’été au vent d’hiver.
Oh mon père terra terraqué je te répète perroquet mon père mon père.
Au vent d’hiver au vent d’été en terre entier au vent chanté.
Enfant dans les grands sapins verts c’était toi qui sifflais soufflais enfant dans les grands sapins blancs
Mon père je te répète en l’air c’est une fleur lancée assez haut
Les deux pieds dans tes graviers clairs.
Les mains pour la fleur ou l’oiseau.
Valérie Rouzeau Pas Revoir Le Dé bleu
Villanelle d’un vieux papa
J’avais fini mes haricots
L’écuelle sous l’ampoule grillée
J’attendais de vivre bientôt
Mes ancêtres dans leurs sabots
Trépignaient depuis le passé
J’avais fini mes haricots
Et je buvais un noir pinot
À leur mémoire à ma santé
Espérant de vivre bientôt
J’étais le dernier des idiots
Ou le premier si vous voulez
J’avais fini mes haricots
Le front collé sur le carreau
enfin de ma nuit relevé
J’attendais de vivre bientôt
Ici s’arrête ce lamento
Ou les enfants vont me siffler
J’avais fini mes haricots
J’attendais de vivre bientôt
Valérie Rouzeau, Récipients d’air Le temps qu’il fait
bonsoir,
Tout d'abord je tenais à vous remerciez pour les exemples que vous m'avez fourni.
Mais le sonnet de Corbière ne pourra me servir car les poèmes doivent être lyriques et donc évoquer les sentiments.
En revanche, le poème de Valérie Rouzeau est interessant et je trouve plutôt qu'il affaiblit le genre par des répetitions, des allitérations et des assonances un peu trop nombreuses.
Je citerai donc desnos, Rimbault, Baudelaire, Appolinaire (merci pour les extraits), Laforgue ("un soleil blanc comme un crachat d'estaminet" : extrait de Derniers vers qui glorifie moins la poèsie lyrique que "la violon frémit comme un coeur qu'on afflige" des fleurs du mal de Baudelaire nan ?)…
Pour la troisième partie, je pensais parler du mouvement dada, des poètes maudits, du symbolisme ou du Parnasse .
Pourriez vous me donner plus d'informations sur ces différents mouvements?
merci encore.
Tu écris
explication par époque (pk?+ aller de l'appauvrissemnet à l'originalité)
Au XIX° siècle, le romantisme est dépassé par plusieurs mouvements littéraires comme le symbolisme, le naturalisme, le parnasse…
Je vois mal comment tu vas montrer que le romantisme est plus "pauvre", moins original que le Parnasse ou le symbolisme ? qu'est-ce que le Parnasse aurait, qualitativement, de plus ?
Et le Parnasse est bien loin de ton sujet, n'étant ni lyrique, ni avec notations prosaïques
bonjour,
tu dis que le Parnasse n'est pas lyrique mais Banville est l'un des "chef" de ce mouvement et il écrit pourtant des poèsies lyriques (il écrit "Je t'adjure en ces vers lyriques" au cours d'un poème a Paul Legrand tiré de dans la fournaise)
J'ai bien avancé dans mon travail mais il me manque encore l'ouverture de ma conclusion. Je pensais déboucher sur la peinture en citant un vers reliant les deux mais je ne trouve toujours pas. Si vous avez d'autres idées, n'hesitez pas… 😀
Enfin voici mon introduction, j'aimerai savoir ce que vous en pensez :
La poésie lyrique est souvent définie comme le genre littéraire qui accueille l’expression personnelle des sentiments du poète. Elle doit son nom à la lyre, instrument appolinien, qui accompagnait les chants de l'Antiquité. Symbole d’unité et d’harmonie, la poèsie lyrique vise principalement à sublimer l'expérience et la vie affective du poète. On peut donc se demander si les libertées poètiques que s'accordent les écrivains à partir du XIX°siècle telles que des notations prosaïques ou la création d'image déroutantes, ne restreint pas la beauté et l'émotion du lyrisme poètique traditionnel en l'appauvrissant ? Cependant, on se souvient de Desnos, Baudelaire ou Ponge qui nous ouvrent les portes d'une poèsie lyrique osée et moderne mélangeant des sujets quotidiens et une écriture sensible afin de renouveller la poèsie d'antan.
😉
Le Parnasse ne se limite pas à Banville (qui d'ailleurs s'est opposé aux épanchements romantiques). Et de toutes façons ça n'explique pas ton idée que le Parnasse a "dépassé" le romantisme. Quels seront tes arguments ?
Bonne introduction
Pour les vers sur la peinture, tu en as chez Baudelaire à foison, Mallarmé, René Char, et bien d'autres
En faite, je travaille sur la troisième partie et je vais de mouvement en mouvement afin de définir pourquoi la poèsie lyrique postèrieure au romantisme connait plutôt un renouvellement ou un appauvrissement. Mais je n'y arrive pas vraiment bien.
J'utilise le Parnasse pour montrer le rejet face au romantisme et l'origine du symbolisme. En faite c'est ce rejet et ensuite les poètes maudits, le réalisme et le symbolisme qui vont introduire dans la poèsie lyrique des sujets plus diversifiés mais avec une écriture moins perfectionnée, des notations prosaiques et des images déroutantes. Enfin c'est ce que j'en pense mais la troisème partie me pose un peu de soucis…
D'accord, le Parnasse te sert alors de transition. Après avec Baudelaire tu as un renouvellement du lyrisme (à mon avis considérablement enrichi, lien entre la poésie formelle classique et les thèmes modernes, la ville, le mal de vivre…)
Des poètes comme Saint-John Perse très lyriques avec des notations prosaïques enrichissent le genre ; ainsi que Lautréamont.