Linguiste comparée : les subordonnées complétives

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Je propose aujourd'hui un sujet relevant de la linguistique comparée : les subordonnées complétives (sans jamais frôler les interrogatives indirectes). Bien qu'il porte sur plusieurs langues, j'ai décidé de reculer aux temps lointains.
  • Le latin ne connait pas de conjonction complétive ;
  • L'anglais connait une conjonction complétive (that), qui est, pourtant, souvent omise ;
  • Le français connait une conjonction complétive (que), qui est obligatoire.
En outre, dans les deux langues modernes, les conjonctions complétives mentionnées sont issues des pronoms relatifs (ou y a-t-il de l'anachronisme ?). Est-ce une tendance des langues modernes (d'ailleurs, le même comportement est analysable en portugais) ? Quelles conclusions peut-on en tirer ?
Le latin a des conjonctions introduisant une complétive : ut, ne…
La conjonction de subordination française que ne vient pas du relatif.
Anne345, merci pour vos précisions. Alors, d'où vient-elle, la conjonction complétive ?
Que conj. représente la conj. lat. quia, qui, dans la lang. class. exprime la cause, fréq. en corrélation avec eo, hoc, ob id … Dans la lang. vulg., quia assume peu à peu d'autres empl., prenant la première place parmi les conj. complétives. Dès Plaute, quia concurrence quod pour introduire une prop. constituant le suj. ou le compl. du verbe principal « ce fait que; à savoir que » (PLAUTE, Mil., 1210: istuc mihi acerbumst quia…; Stich., 506 ds Lat. Gramm. Synt. und Stil., § 316c: mi volup est … quia). Quia est empl. en concurrence avec quod pour introduire une complétive apr. les verbes d'opinion, d'affirmation et de sentiment [quod ayant alterné avec la prop. infinitive], dep. Pétrone, 46, 4: dixi quia (A. STEFENELLI, die Volksprache im Werk des Petron, Stuttgart, 1962, pp. 100-102); il est fréq. dans cet empl. dans les trad. du gr., chez les auteurs chrét. (v. J. HERMAN, La Formation du système roman des conj. de subordination, Berlin, 1963, pp. 37-40). De même à la faveur des trad. bibliques, quia s'emploie en concurrence avec quod pour introduire le discours direct (cf. la conj. gr. ), v. Lat. Gramm., id., § 312a, ; LERCH t. 1, p. 143. D'autre part, à basse époque, quia s'affaiblit progressivement en qua devant consonne init. et qui devant voyelle; ces deux formes s'étant par la suite, empl. indistinctement, qua se localisa notamment en Italie du Nord et du Sud, et qui en Italie centrale, dans le domaine ibéro-roman et dans le domaine gallo-rom. où il est relevé au VIIIe s. sous la forme que. Cette forme favorise sa confusion avec le rel. quem, cas régime (que rel.) et la conj. quam, spéc. dans son empl. en corrélation avec un compar. (IXe s.), v. FEW t. 2, 1466ab et J. HERMAN, op. cit., pp. 125-129.
(Tlfi)