diffĕrō, fers, ferre, distŭlī, dīlātum + AB = (v. intr.) différer
a.dis + fĕrō >
diffĕrō - assimilation ;
b.dis + tŭlī >
distŭlī ;
c.dis + lātum >
dīlātum - syncope et allongement vocalique.
Selon la consonne initiale du mot, le même préverbe (préfixe inséparable
dis-) a souffert différents phénomènes phonétiques. Comment cela a pu s'opérer ? Y a-t-il des explications?
Oui, bien sûr, il y a des explications, et ces phénomènes sont de plus assez réguliers, on peut donc les décrire rationnellement.
differo : assimilation régressive du mode d'articulation : le group -sf- est difficile à prononcer, -f- apparaît en position de force, derrière une syllabe fermée, et il forme l'initiale du mot simple ; il assimile le -s-.
distuli : le même phénomène aurait pu se produire, mais -st- est prononçable (cf sto, etc…) ; pas d'assimilation.
dilatum : assimilation à -l-, son très stable, du groupe difficilement prononçable -sl-, peut-être après un intermédaire -zl-, tout aussi peu satisfaisant ; le -s- disparaît donc complètement.
A signaler que l'orthographe, par purisme, n'enregistre pas toujours ces assimilations. Cela dépend des auteurs et surtout des manuscrits.
Merci beaucoup d'avoir répondu aux questions que je me posais sur l'assimilation ! 😀