Accord du participe passé des verbes pronominaux

Langue française

1262 réponses · Page 57 / 64

Les verbes réfléchis ne sont pas à la fois sujets et COD : un verbe conjugué n'est évidemment ni un sujet ni un complément : c'est un verbe… 😉
Dis plutôt que les verbes réfléchis ont éventuellement à la fois un sujet et un COD.
Or, le verbe se passer au sens d'avoir lieu, de se dérouler, est toujours intransitif. Pas de COD possible pour lui.

Dans Il s'est passé une soirée , pas de COD, c'est une tournure impersonnelle, avec sujet grammatical (Il) et sujet réel (une soirée). La tournure équivaut à Une soirée s'est passée.

Quand le sens du verbe pronominal (se passer = avoir lieu ) est complètement différent du verbe simple (passer) le pronom s' n'est pas analysable séparément comme un COD. La soirée ne passe pas quoi ? elle-même.
Merci beaucoup Jehan pour ces précisions que je m'empresse de marquer.
@Jehan
Rien de plus simple, quoi !
Et dire qu'il y a encore des étrangers qui veulent apprendre le français. Courage, courage !
Bonjour !

Dans "Des archers de Cappadoce s'étaient peint avec des jus d'herbes, de larges fleurs sur le corps…"

C'est bien "peints" normalement, non ?

Merci !
Bonjour.

Flaubert a bien écrit :
Des archers de Cappadoce s'étaient peint avec des jus d'herbes de larges fleurs sur le corps…

Ils s'étaient peint quoi ? > de larges fleurs sur le corps.
Ils avaient peint de larges fleurs sur leur corps.
Le COD est après, on n'accorde donc pas le participe…
C'est un peu le même cas que : Ils s'étaient lavé les cheveux.
Non pas d'accord puisque le COD n'est pas le pronom réfléchi mais de larges fleurs :
des archers de Cappadoce s’étaient peint de larges fleurs sur le corps
Jehan a écrit :comment s'est passée la soirée = comment la soirée s'est passée.
Verbe pronominal, pronom s' non analysable, accord avec le sujet.
Bonjour,

Que veut dire ici "analysable" ?
Non analysable, cela veut dire qu'il n'a pas de fonction définie.
On ne peut pas dire qu'il soit COD, puisque la soirée ne passe pas la soirée ou quelque chose d'autre.
"pas de fonction définie" veut dire qu'on ne sait pas quelle fonction exerce le mot en question ? On le met dans la phrase par habitude ? Si on l'enlève, la phrase dont il fait partie garde le même sens ?
Ça arrive souvent, des mots sans fonction définie ?
Oui, cela arrive assez souvent, notamment pour des pronoms réfléchis de verbes essentiellement pronominaux, ou encore pour certains pronoms "en" de locutions verbales (s'en prendre à quelqu'un). Il est évident que le sens change quand on les supprime.
Eh bien !
Merci.

Je vais de surprise en surprise, sur ma langue à moi, depuis que je viens ici.
Rassure-toi, Hippo, tu n'es pas seul. 😉
Ouff.
Jehan a écrit :Bonjour.

Flaubert a bien écrit :
Des archers de Cappadoce s'étaient peint avec des jus d'herbes de larges fleurs sur le corps…

Ils s'étaient peint quoi ? > de larges fleurs sur le corps.
Ils avaient peint de larges fleurs sur leur corps.
Le COD est après, on n'accorde donc pas le participe…
C'est un peu le même cas que : Ils s'étaient lavé les cheveux.
Oh mais oui ! Merci ! Je n'avais pas saisi le sens de la phrase comme ça !
Bonsoir, toujours dans le sujet de l’accord des verbes pronominaux, quelle différence dans l’analyse de l'accord doit-on faire entre :

C’est la remarque qu’elle s’est permise. (accord avec cod la remarque/que placé avant)

et

C’est la remarque qu’elle s’est permis de faire. (pas d’accord m’a-t-on dit mais j’ai du mal à analyser pourquoi la remarque ne serait plus cod…)

Si vous pouvez m’éclairer, je vous en serais reconnaissant.

Christophe
Bonsoir.

C’est la remarque qu’elle s’est permise.
Elle s'est permis quoi ? > la remarque.
qu' (= la remarque) est bien COD de "s'est permis".
Donc accord du participe.

C’est la remarque qu’elle s’est permis de faire
Elle s'est permis de faire quoi ? > "la remarque".
qu' (=la remarque) n'est plus COD de "s'est permis", mais de l'infinitif "faire".
On n'accorde donc pas le participe.
Jehan a écrit :Bonjour.

Flaubert a bien écrit :
Des archers de Cappadoce s'étaient peint avec des jus d'herbes de larges fleurs sur le corps…

Ils s'étaient peint quoi ? > de larges fleurs sur le corps.
Ils avaient peint de larges fleurs sur leur corps.
Le COD est après, on n'accorde donc pas le participe…
C'est un peu le même cas que : Ils s'étaient lavé les cheveux.
Ne pourrait-on envisager que Flaubert ait oublié un s, ou que l'imprimeur l'ait omis?
"Ils s'étaient peints" : eux-mêmes. "Avec etc." complément circonstanciel?
Il y a bien un complément circonstanciel de moyen ("avec des jus d'herbe") et un complément circonstanciel de lieu ("sur le corps") mais "de larges fleurs" n'est pas complément circonstanciel : c'est le COD de "s'étaient peint".
Le COD étant après le participe, ce dernier ne s'accorde pas.

Sur le corps, avec des jus d'herbe, ils s'étaient peint de larges fleurs.
J'ai compris et je reconnais la pertinence de l'explication de Jehan. J'avais compris que les herbes étaient celles de larges fleurs. Si "avec des jus d'herbes" avait été placé entre deux virgules, j'aurais immédiatement saisi le sens voulu.
Mais qu'est-ce que ça aurait pu être, "des herbes de fleurs" ? Ç'aurait été une bien étrange expression…