Accord du participe passé des verbes pronominaux

Langue française

1262 réponses · Page 51 / 64

Jehan a écrit :Maintenant retraité. J'ai été instituteur… Dans les petites classes.
Quand as-tu approfondi l'étude de la langue française jusqu'au niveau supérieur ? Pendant que tu étais en activité ou une fois à la retraite ?
La retraite m'a certes permis d'approfondir un peu plus…
Mais j'ai toujours été passionné par la langue française !
Entendu. 🙂
Paulang a écrit :Vos phrases sont apparemment tirées de français facile qui, il faut le reconnaitre, n'explique rien.
"Français facile" donne les bonnes justifications.
Ce sont celles que j'ai données.
J'ai juste développé davantage.
Dans ce chapitre, "Français facile" suppose acquise l'identification correcte d'un COD.
Moralité : bien s'entraîner à identifier les COD !

On peut utiliser pour ce faire la "méthode Wilmet" et chercher qui est blessé (ma mère) ce qui est donné (la peine), ce qui est écrit ( pas de réponse, donc pas de COD).
Je peux vous affirmer qu'à celui qui éprouve des difficultés avec le français, une telle "explication" n'apporte rien. L'incompréhension de notre amie le confirme.
Comme vous dites : "J'ai juste développé davantage." et ce davantage fait toute la différence.
Jehan a écrit :
Paulang a écrit :Vos phrases sont apparemment tirées de français facile qui, il faut le reconnaitre, n'explique rien.
"Français facile" donne les bonnes justifications.
Ce sont celles que j'ai données.
J'ai juste développé davantage.
Dans ce chapitre, "Français facile" suppose acquise l'identification correcte d'un COD.
Moralité : bien s'entraîner à identifier les COD !

On peut utiliser pour ce faire la "méthode Wilmet" et chercher qui est blessé (ma mère) ce qui est donné (la peine), ce qui est écrit ( pas de réponse, donc pas de COD).
Jehan, tu seras décoré de l'ordre national de la méthode Wilmet ! 🙂

Méthode classique :

Se donner étant un verbe pronominal, on remplace être par avoir : Ma soeur a donné quoi ? La peine, C.O.D. placé après le participe passé ==> donné ne peut s'accorder avec la peine.
Par ailleurs, s' = C.O.S.(complément d'objet second) ==> donné ne peut pas s'accorder non plus avec s'

==> l'invariabilité est de mise.

J'ajoute qu'elle l'est également dans, par ex. : Elles se sont donné rendez-vous place de la Bastille. Ces amoureux se sont donné la main.

Mais l'accord doit être fait ici avec le C.O.D. (souligné) :
Jehan et Lamaneur se sont donnés à fond au présent forum.
Par contre, Ricardo et Roméo se sont donnés en spectacle sur ce même forum. 🙂
Merci à tous pour vos messages.
Je n'ai habituellement pas de problème avec le français, mais j'avoue que j'ai du mal à intégrer cette règle qui me semble compliquée

Et j'avoue être contrariée de ne pas la comprendre, car je suis étudiante en Lettres et que malgré ma pause pour raison de santé, je reprends mes études à la rentrée.

En tout cas merci à vous tous!
Je reviendrai vers vous si j'ai d'autres questions
Bonjour, je ne sais pas si la question a déjà été posée, mais je suis tombé sur une difficulté :
"Ils se sont emparé(s) de quelque chose". Le participe passé doit-il être accordé ou pas?
Il me semble qu'il doit l'être, car ce "quelque chose" n'est pas complément d'objet direct.
En revanche, pour "octroyer", il me semble que le participe passé ne s'accorde pas avec le sujet !
"Ils se sont octroyé le droit etc."
Merci de votre lumière.
S'emparer est un verbe essentiellement pronominal (toujours pronominal), il s'accorde donc avec son sujet : Ils se sont emparés de …
S'octroyer est un verbe accidentellement pronominal : octroyer quelque chose à quelqu'un, s'octroyer quelque chose. Le pronom n'est pas COD mais COI. Il n'y a donc pas d'accord du participe passé lorsque le COD, quelque chose, n'est pas placé avant le verbe : ils se sont octroyé quelque chose. La chose qu'ils se sont octroyée.
Merci pour cette confirmation de règle des accords.
Bonne journée.
Bonjour,

C’est la 1re fois que j’écris dans ce site, même si je lis les sujets et réponses depuis très longtemps. Aussi je tiens à m’excuser si je ne le fais pas au bon endroit. Voici ma question ; je pensais maîtriser l’accord du participe passé des verbes pronominaux, mais je suis tombé, durant une récente lecture, sur un exemple qui m’a interpellé. Il s’agit d’un passage dans Le Comte de Monte-Cristo de Dumas (chapitre XXXIV, Apparition) : « nous nous sommes trouvé en sympathie avec la comtesse… »
Je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas d’accord pour le participe passé du verbe trouver. J’aurais eu tendance à le mettre au pluriel, pensant que le pronom « nous » joue le rôle d’un COD.
Est-ce que quelqu’un peut m’éclairer ?

Merci par avance !
Bonjour.

Il s'agit peut-être d'une faute d'impression dans l'exemplaire que tu as consulté.
Dans Wikisource, le participe est bien accordé au pluriel.
— Eh bien ! voilà ce qui vous trompe et ce qui nous fera faire sans cesse, à nous autres Français, mille sottises ; et l’étrange, c’est de tout soumettre à nos points de vue parisiens ; en Espagne, et en Italie surtout, ne jugez jamais de l’intimité des gens sur la liberté des rapports. Nous nous sommes trouvés en sympathie avec la comtesse, voilà tout.
https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Comte_de_Monte-Cristo/Chapitre_34
Mais ç'aurait pu être un "nous" dit "de modestie" ou "de majesté" désignant une seule personne. Dans ce cas, l'accord au singulier aurait été justifié.
Ça doit être une très mauvaise édition, car tous les exemplaires anciens et nouveaux qu'on voit sur Google Livres portent bien le pluriel. Étrange !
Une "très mauvaise édition" ?

En réalité, c'est Franz qui dit, en parlant de lui, à Albert qu'il s'est trouvé en sympathie avec la comtesse G*** ; seulement, il emploie un nous au lieu et place d'un je.

Ce nous qui vous paraît singulier est donc en réalité un singulier…

https://books.google.fr/books?id=wLMNAAAAQAAJ&pg=PA54&lpg=PA54&dq=nous+nous+sommes+trouv%C3%A9+en+sympathie+avec+la+comtesse&source=bl&ots=j0RMuJCtKw&sig=G5forApj6p0MHuwcRVRTUROeVfs&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwj0tK_f3b_cAhUHWxoKHeKTAC4Q6AEwAXoECAkQAQ#v=onepage&q=nous%20nous%20sommes%20trouv%C3%A9%20en%20sympathie%20avec%20la%20comtesse&f=false
J'avais pensé moi aussi à un possible "nous" de modestie ou de majesté (voir plus haut) .
Mais il ne semble pas que tu aies réussi à trouver de ton côté, comme DemirelB, une édition avec le participe "trouvé" au singulier… alors qu'il devrait justement l'être dans le cas d'un "nous" de modestie ou de majesté.
J’ai bien vérifié, et je ne me suis pas trompé. Il est bien au singulier dans celle que j’ai. Il s’agit de l’édition de Gilbert Sigaux, Folio classique (je ne maitrise pas bien les règles pour citer les ouvrages, mais vous voyez de quelle édition il est question 🙂). Je ne pense pas qu’elle soit mauvaise, bien que je ne sois pas un grand connaisseur.

Quoi qu’il en soit, le nous de modestie explique tout. Je vous remercie infiniment. Cela me rongeait. ^^
Roméo31 a écrit :En réalité, c'est Franz qui dit, en parlant de lui, à Albert qu'il s'est trouvé en sympathie avec la comtesse G***
Oui, d'accord.
Roméo31 a écrit : seulement, il emploie un nous au lieu et place d'un je.
Ce nous qui vous paraît singulier est donc en réalité un singulier…
Pas d'accord !
D'abord, aucune édition ancienne, sauf omission dans mes recherches, ne montre le singulier. Toutes ont le pluriel.
Ensuite, même si un nous de modestie peut se concevoir, comme y avait songé Jehan, il n'est nullement nécessaire. Le tour ici est classique, où le sujet parlant utilise "nous" pour inclure un deuxième sujet qui est explicité dans le avec X.
Ma soeur et moi nous sommes promenés ==> nous nous sommes promenés avec ma soeur.
Il s'agit d'un nous pluriel ordinaire, pas d'un nous de modestie.

DemireIB, non, les éditions Folio ne sont pas, à priori, de mauvaises éditions, mais j'ignore sur quel fondement elles ont altéré le texte semble-t-il original et correct. Peut-être une préface explique-t-elle les choix éditoriaux ?
Le tour ici est classique, où le sujet parlant utilise "nous" pour inclure un deuxième sujet qui est explicité dans le avec X.
Entièrement d'accord avec Lamaneur.
Je ne vois pas pourquoi l'on glose sur un pseudo nous de modestie dans une situation de majesté qui viendrait ici comme un cheveu sur la soupe, si l'on considère le contexte et le dialogue entre les Franz et Albert.
(Oh ! je la connais de nom, s’écria Albert ; on la dit aussi spirituelle que jolie. Parbleu, quand je pense que j’aurais pu me faire présenter à elle au dernier bal de madame de Villefort, où elle était, et que j’ai négligé cela : je suis un grand niais !
— Voulez-vous que je répare ce tort ? demanda Franz.
J’ai eu l’honneur de lui parler trois ou quatre fois dans ma vie…)
Bien d'accord avec l'observation de Laoshi.
J'en profite pour donner quelques références littéraires sur le tour considéré, tirées du Bon Usage, 16e édition, §270 ou 12e édition, §262 :

https://books.google.fr/books?id=SX0wDQAAQBAJ&pg=PA339#v=onepage&q&f=false
Il est vrai que ce tour est considéré comme issu du langage familier et pour cela rejeté par certains auteurs, et d'une manière surprenante par Hanse, d'habitude beaucoup plus tolérant : « je continue à déconseiller ce tour, malgré sa fréquence, ses emplois littéraires (d'ailleurs peu nombreux) et l'indulgence du B. U n°261. » (2e édition, page 142). Déconseillé ou pas, le tour existe !



P.-S. L'édition Folio suit peut-être cette édition de 1981
https://books.google.fr/books?id=ysxFAQAAIAAJ&q=%22Nous+nous+sommes+trouv%C3%A9+en+sympathie+avec+la+comtesse%22&dq=%22Nous+nous+sommes+trouv%C3%A9+en+sympathie+avec+la+comtesse%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiN5tfAvsHcAhWsxYUKHb1oBdEQ6AEIKDAA
Si le nous peut paraître parfois étrange, il faut admettre qu'il s'impose parfois.
Comment faire l'économie du nous dans Nous marchons côte à côte avec Norette,…
En revanche, on écrira assurément je marchais à/au côté de Norette…