Bien, mais à quoi bon imposer des langues si les élèves ne s'y intéressent pas? Ce n'est pas l'impossibilité de les étudier que l'on déplore, mais le manque d'intérêt plus que visible qu'ont les élèves vis-à-vis de ces langues…
Langues anciennes : pourquoi si peu d’élèves ?
103 réponses · Page 3 / 6
Perso je fais du latin depuis la 5ème (je passe ne terminale L), je suis content d'en faire car les cours sont sympa (bonne ambiance… on est 10) mais honnêtement la langue en elle même ne m'intéresse pas beaucoup, il faut dire qu'elle est quand même très compliquée. Au collège, il fallait tout apprendre par coeur (vocabulaire, grammaire, déclinaisons) pour finalement tout oublié un mois après (sauf les déclinaisons qui sont assez bien restées). Je n'ai jamais été capable de faire une traduction et je n'en serai jamais capable tellement l'organisation des phrases et la grammaire latines sont compliquées.
Notre prof est très consciente de notre niveau en latin, elle nous mâche tout le travail, et bien souvent c'est elle qui fait la traduction elle ne nous laisse que le découpage (proposition cas fonction en français conjugaisons) a faire! Nous serions de toute façon incapables de faire la traduction même avec un dictionnaire ou elle serait très bancale.
Et puis on n'a pas assez de temps de cours et on a autre chose a faire que du latin au lycée donc elle ne veut pas nous donner beaucoup de travail perso.
De toute façon l'unique but que nous avons est de réussir le bac de latin qui peut nous rapporter bcp de points (et notre prof nous y encourage) et nous devrons donc revoir à fond les textes étudiés car on sait bien que surtout pour la traduction on risque d'avoir des difficultés… Peu de monde pour ne pas dire personne ne continuera le latin après…
Ça fait peine mais c'est la réalité, le latin sert à rapporter des points de moyenne (vu le niveau des contrôles) et pour le bac, un point c'est tout… enfin il y a aussi l'apport culturel qui n'est pas négligeable (et d'après notre prof c'est utile pour la philo…) d'autant que je veux faire des études d'histoire donc il est intéressant d'étudier la culture latine.
Mais je pense que le niveau des élèves n'est pas élevé du fait de la difficulté et il faudrait davantage pratiquer pour que les acquis restent… cette difficulté rebute bcp les élèves.
C'est assez découragent de se rendre compte que l'on apprend plein de choses qu'on oublie finalement très vite…
Par contre ma prof de latin se disait confiante pour l'avenir du latin puisque le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, a été prof de lettres classiques… a voir…
Notre prof est très consciente de notre niveau en latin, elle nous mâche tout le travail, et bien souvent c'est elle qui fait la traduction elle ne nous laisse que le découpage (proposition cas fonction en français conjugaisons) a faire! Nous serions de toute façon incapables de faire la traduction même avec un dictionnaire ou elle serait très bancale.
Et puis on n'a pas assez de temps de cours et on a autre chose a faire que du latin au lycée donc elle ne veut pas nous donner beaucoup de travail perso.
De toute façon l'unique but que nous avons est de réussir le bac de latin qui peut nous rapporter bcp de points (et notre prof nous y encourage) et nous devrons donc revoir à fond les textes étudiés car on sait bien que surtout pour la traduction on risque d'avoir des difficultés… Peu de monde pour ne pas dire personne ne continuera le latin après…
Ça fait peine mais c'est la réalité, le latin sert à rapporter des points de moyenne (vu le niveau des contrôles) et pour le bac, un point c'est tout… enfin il y a aussi l'apport culturel qui n'est pas négligeable (et d'après notre prof c'est utile pour la philo…) d'autant que je veux faire des études d'histoire donc il est intéressant d'étudier la culture latine.
Mais je pense que le niveau des élèves n'est pas élevé du fait de la difficulté et il faudrait davantage pratiquer pour que les acquis restent… cette difficulté rebute bcp les élèves.
C'est assez découragent de se rendre compte que l'on apprend plein de choses qu'on oublie finalement très vite…
Par contre ma prof de latin se disait confiante pour l'avenir du latin puisque le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, a été prof de lettres classiques… a voir…
Tout le problème est là…
Il me semble qu'au collège, et même au lycée, on ne fait pas du latin, on "latinotte". 😂
C'est le moins que l'on puisse dire mais a t-on les moyens de faire autrement… la seule optique du latin au lycée est le bac…
Une fois de plus, tout le problème est là… Non que le latin ne soit pas positif pour le bac (j'encourage tous les lycéens à prendre cette option), mais je trouve que le lycée ne montre pas assez - ou n'offre pas assez - d'autres perspectives pour les langues anciennes… On ne parle que très peu de Fac de Lettres Classiques, des métiers du patrimoine…
Encore une fois le problème est envisagé en termes de débouchés …
L'intérêt pour un collégien de faire du latin c'est bien pour sa culture personnelle. Pour qu'ensuite, quand il ira dans un musée (bah déjà qu'il sache d'où ça vient ce mot, musée !) il sache reconnaître tel épisode de la culture greco-romaine dans un tableau ou une sculpture …
Alors c'est sûr que ça ne lui servira pas pour son futur métier mais au moins il aura acquis des notions essentielles pour sa culture personnelle, et ça c'est un trésor pour la vie.
L'intérêt pour un collégien de faire du latin c'est bien pour sa culture personnelle. Pour qu'ensuite, quand il ira dans un musée (bah déjà qu'il sache d'où ça vient ce mot, musée !) il sache reconnaître tel épisode de la culture greco-romaine dans un tableau ou une sculpture …
Alors c'est sûr que ça ne lui servira pas pour son futur métier mais au moins il aura acquis des notions essentielles pour sa culture personnelle, et ça c'est un trésor pour la vie.
Tout à fait d'accord avec toi, William, cependant, il faut bien manger… 😉
Désolé je comprends pas cet argument. On peut pas faire du latin "comme ça" sans que cela serve pour son futur métier ? Je refuse cette logique utili
Je pense que le problème du latin c'est que c'est quand même une langue difficile à apprendre, d'autant plus que les collégiens maîtrisent de moins en moins bien le français selon les derniers rapports d'évaluation de 6ème. Je conçois donc qu'à la base, c'est déjà une option ouverte à des élèves d'assez bon niveau en français. Oui, c'est une matière assez élitiste.
Après pour le lycée je comprends que le latin soit une charge, parce que là encore ça demande de l'investissement. Cependant je crois que ça en vaut la peine, plus que certaines autres options. Certes je dis ça parce que je suis un classique mais honnêtement, faudrait revoir nos priorités. Il vaut mieux apprendre d'abord les fondements de notre culture que de se lancer dans l'étude du chinois (par exemple) en seconde …
et dire que maintenant il y a autant de sinoïstes que d'héllenistes à passer le Bac.
Sans rire, on devient barbare !
Je pense que le problème du latin c'est que c'est quand même une langue difficile à apprendre, d'autant plus que les collégiens maîtrisent de moins en moins bien le français selon les derniers rapports d'évaluation de 6ème. Je conçois donc qu'à la base, c'est déjà une option ouverte à des élèves d'assez bon niveau en français. Oui, c'est une matière assez élitiste.
Après pour le lycée je comprends que le latin soit une charge, parce que là encore ça demande de l'investissement. Cependant je crois que ça en vaut la peine, plus que certaines autres options. Certes je dis ça parce que je suis un classique mais honnêtement, faudrait revoir nos priorités. Il vaut mieux apprendre d'abord les fondements de notre culture que de se lancer dans l'étude du chinois (par exemple) en seconde …
et dire que maintenant il y a autant de sinoïstes que d'héllenistes à passer le Bac.
Sans rire, on devient barbare !
Attention, je me suis exprimée vite (mes excuses)… 😉
Quand je dis "il faut manger", c'était avec une touche d'ironie… Certains choisissent leurs options uniquement pour leurs débouchées, et non pour tous les + qu'elles peuvent leur apporter…
Quand je dis "il faut manger", c'était avec une touche d'ironie… Certains choisissent leurs options uniquement pour leurs débouchées, et non pour tous les + qu'elles peuvent leur apporter…
Oui c'est dans ce sens là que je l'ai compris, et je pensais que tu étais d'accord avec cette façon de voir les enseignements. En voyant ça comme ça, les élèves deviennent des consommateurs d'enseignement, et les profs des vendeurs de produits.
"regardez ça gagne pas mal de sous les antiquaires …" 😂
C'est marrant parce que moi j'ai jamais abordé la question sous l'angle de la rémunération future. Certains font vraiment des études (par exemple médecine ou droit) pour gagner beaucoup de fric ! Moi j'ai fait mes études selon mes goûts intellectuels …
Pour répondre à la question des débouchés, la filière lettres classiques mène aux mêmes débouchés que les lettres modernes, avec un plus pour les métiers du patrimoine. La plus grosse partie des étudiants en lettres se destinent à l'enseignement, mais il y a aussi le journalisme et les métiers de la culture et du patrimoine. Après niveau rémunération bah il faut savoir que quand on est fonctionnaire on est bien moins payé que dans le privé. Un cadre dans le privé, mettons la Société Générale, à Bac +5 va gagner minimum 3500 euros par mois en milieu de carrière et un prof certifié 2200 …
"regardez ça gagne pas mal de sous les antiquaires …" 😂
C'est marrant parce que moi j'ai jamais abordé la question sous l'angle de la rémunération future. Certains font vraiment des études (par exemple médecine ou droit) pour gagner beaucoup de fric ! Moi j'ai fait mes études selon mes goûts intellectuels …
Pour répondre à la question des débouchés, la filière lettres classiques mène aux mêmes débouchés que les lettres modernes, avec un plus pour les métiers du patrimoine. La plus grosse partie des étudiants en lettres se destinent à l'enseignement, mais il y a aussi le journalisme et les métiers de la culture et du patrimoine. Après niveau rémunération bah il faut savoir que quand on est fonctionnaire on est bien moins payé que dans le privé. Un cadre dans le privé, mettons la Société Générale, à Bac +5 va gagner minimum 3500 euros par mois en milieu de carrière et un prof certifié 2200 …
Oui…
Ma prof de latin m'a dit ce matin même:
"Je ne vous demande pas de savoir scander un vers, c'est déjà bien que vous fassiez du latin"…
Alors qu'il n'y a rien de plus facile et de plus logique que la scantion d'un vers… 🙄
Ma prof de latin m'a dit ce matin même:
"Je ne vous demande pas de savoir scander un vers, c'est déjà bien que vous fassiez du latin"…
Alors qu'il n'y a rien de plus facile et de plus logique que la scantion d'un vers… 🙄
C'est surtout marrant la scantion !
Avec notre prof on chantait tous en coeur les vers de Virgile … et on les chantait ensuite dans les couloirs sous les yeux ahuris de nos camarades !
C'est ça aussi le latin : des moments uniques à vivre en classe ! Dans un livre collectif "pour l'amour du grec" dirigé par Vernant et Romilly, une élève disait qu'en grec elle avait l'impression de faire partie d'un groupe d'initiés, presque comme dans une secte ! Et je partage assez ce sentiment-là 😉
Avec notre prof on chantait tous en coeur les vers de Virgile … et on les chantait ensuite dans les couloirs sous les yeux ahuris de nos camarades !
C'est ça aussi le latin : des moments uniques à vivre en classe ! Dans un livre collectif "pour l'amour du grec" dirigé par Vernant et Romilly, une élève disait qu'en grec elle avait l'impression de faire partie d'un groupe d'initiés, presque comme dans une secte ! Et je partage assez ce sentiment-là 😉
C'est exactement ça! Du Virgile pour le bac, et des vers dans les couloirs… 😂 😂 😂
Ma prof m'a déjà mis une bonne note parce que je lui avais scandé 20 vers… Par principe j'aurais vraiment pu la refuser!!! Ce n'est pas du latin à proprement parler…
C'est sûr que les cours de latins et de grecs ont tout du regroupement d'une minorité d'initiés 😂, mais c'est justement cette complicité entre les élèves qui est agréable…
Ma prof m'a déjà mis une bonne note parce que je lui avais scandé 20 vers… Par principe j'aurais vraiment pu la refuser!!! Ce n'est pas du latin à proprement parler…
C'est sûr que les cours de latins et de grecs ont tout du regroupement d'une minorité d'initiés 😂, mais c'est justement cette complicité entre les élèves qui est agréable…
Bonjour à tous! Juste un petit mot pour vous dire que je vous envie. Si si! Je suis en lettres modernes et ne fais pas de latin. Ce n'est pas faute de ne pas avoir essayé. J'ai fait du latin dans le secondaire, mais je ne suis jamais parvenue à intégrer les bases de cette langue. J'avais beaucoup trop de difficultés pour envisager de poursuivre à l'université. Il faut dire que je ne suis pas du tout douée en langues (je me suis ramassée en espagnol au bac et mon anglais est déplorable). Et pourtant, j'aurais aimé que ça se passe mieux, j'aurais aimé y arriver mais je ne sais pas pourquoi, ça n'est jamais passé. Alors oui, je sais que le latin n'est pas facile et que ça fait partie du jeu que de se frotter à la difficulté, et j'avoue avoir peut-être baissé les bras trop vite. Ca rejoint l'un des commentaires sur ce sujet, je crois, qui affirmait que les élèves n'avaient pas envie de faire face à la difficulté et que le latin leur paraissait trop compliqué.
Le fait est que le goût de l'effort a totalement disparu des jeunes générations. Si je répète ce que quelqu'un a déjà écrit, je m'en excuse, mais de nos jours, tout est fait pour que les élèves aient le moins de choses à apprendre. Le "par-coeur" n'est plus au goût du jour, il est interdit de donner des devoirs dans certaines sections, les dictées disparaissent petit à petit (ce n'est pas le sujet d'accord mais c'est mon petit coup de gueule),… Ce n'est donc pas étonnant si les élèves n'ont plus envie de se casser la tête à apprendre des déclinaisons. C'est bien dommage parce que c'est en faisant des efforts qu'on arrive à avancer, et ce n'est pas normal de laisser croire aux élèves que tout leur tombe tout cuit dans la main (il n'y a qu'à voir le nombre de bacheliers à qui on fait presque cadeau de ce fameux diplôme!).
En vous lisant, ça m'a fait regretter de ne pas avoir fait un peu plus d'efforts. Le fait de se retrouver entre "initiés" doit être bien plaisant. Malheureusement, il n'y avait pas du tout cet esprit lorsque je faisais du latin, et ça ne m'a pas aidé à m'accrocher… Aujourd'hui, je n'en fais plus du tout, mais j'essaye de compenser en accroissant ma culture littéraire, et en faisant un maximum pour maîtriser déjà ma propre langue. En tous cas, bonne continuation!
Le fait est que le goût de l'effort a totalement disparu des jeunes générations. Si je répète ce que quelqu'un a déjà écrit, je m'en excuse, mais de nos jours, tout est fait pour que les élèves aient le moins de choses à apprendre. Le "par-coeur" n'est plus au goût du jour, il est interdit de donner des devoirs dans certaines sections, les dictées disparaissent petit à petit (ce n'est pas le sujet d'accord mais c'est mon petit coup de gueule),… Ce n'est donc pas étonnant si les élèves n'ont plus envie de se casser la tête à apprendre des déclinaisons. C'est bien dommage parce que c'est en faisant des efforts qu'on arrive à avancer, et ce n'est pas normal de laisser croire aux élèves que tout leur tombe tout cuit dans la main (il n'y a qu'à voir le nombre de bacheliers à qui on fait presque cadeau de ce fameux diplôme!).
En vous lisant, ça m'a fait regretter de ne pas avoir fait un peu plus d'efforts. Le fait de se retrouver entre "initiés" doit être bien plaisant. Malheureusement, il n'y avait pas du tout cet esprit lorsque je faisais du latin, et ça ne m'a pas aidé à m'accrocher… Aujourd'hui, je n'en fais plus du tout, mais j'essaye de compenser en accroissant ma culture littéraire, et en faisant un maximum pour maîtriser déjà ma propre langue. En tous cas, bonne continuation!
Est-il trop tard pour reprendre?
Le sujet n'est pas récent, et je pense que tout a été dit, mais je tiens à faire part de mon témoignage.
Il est vrai que peu d'élèves sont attirés par les langues anciennes, mais je trouve tout de même qu'il y en a un bon nombre.. du moins, pour les points que ça rapporte au bac.
Dans ma classe de latin, personne n'est réellement intéressé par la langue (nous sommes d'ailleurs que deux L pour une demi-douzaine d'S), mais par le coeff 3 à la clef, qui n' "enlève" aucun point… Cela dit, même s'ils ne sont pas tous intéressés par l'étude de la langue, l'ambiance du petit groupe reste très sympathique, une "intimité" comme vous dites. Nous sommes les "pauvres" élèves qui sacrifient une heure du temps de pause-repas à l'étude de la langue ; ça ressere les liens ! 😉
Pas mal de choses - dont les horaires - font que ça n'attire plus personne.. C'est une option à part entière, et dans mon lycée les heures de latin sont donc mises sur les heures des repas, faute de trouver une heure libre commune à toutes les classes. Et c'est vrai que l'utilité du latin (et du grec, bien que je ne le pratique pas encore) ne coule pas de source, pour un petit collégien/lycéen qui débarque dans le monde des études. Ce problème en dégage un autre, qui a été effleuré par d'autres dans cette conversation : les élèves ne s'intéressent plus qu'à leur avenir, à tel ou telle option qui apporte tel ou tel débouché, plutôt qu'à leur culture, leur plaisir d'apprendre. Il en va de même pour l'étude des langues vivantes, qui, au lycée, est centrée sur l'épreuve de bac, et non pas sur le fait de communiquer et de découvrir la culture du pays.
Comme il est si bien dit, les heures de cours au lycée (et au collège, je ne parle pas du supérieur) sont tout d'abord une éducation générale, et non pas une préparation directe à la vie future, à la rentrée dans le travail. Les études au lycée se généralisent pour un bon nombre d'élèves qui pensent que c'est une "voie de débouchés" alors que c'est, comme je le disais, "juste" un lieu d'enseignement général, servant pour le savoir, la culture (et dans une autre mesure, pour le travail dans la vie future.)
Si on n'inculquait pas aux élèves, dès le collège, le souci de l'orientation, qu'il faille absolument faire une filière avec des débouchés, pour trouver un bon travail, je pense qu'ils seraient plus intéressés par les langues anciennes (et d'autres options oubliées) car ils penseraient à eux, juste à eux, plutôt qu'à leur futur incertain.
Cet avis est sûrement subjectif, car il n'y a pas à redire ; j'adore le latin, et m'intéresse fortement à la culture gréco-romaine, mais je ne pense pas être totalement dans le faux.
Désolée s'il se trouve, dans mon message, des redondances par rapports à ceux précédemment écrits 🙂
Il est vrai que peu d'élèves sont attirés par les langues anciennes, mais je trouve tout de même qu'il y en a un bon nombre.. du moins, pour les points que ça rapporte au bac.
Dans ma classe de latin, personne n'est réellement intéressé par la langue (nous sommes d'ailleurs que deux L pour une demi-douzaine d'S), mais par le coeff 3 à la clef, qui n' "enlève" aucun point… Cela dit, même s'ils ne sont pas tous intéressés par l'étude de la langue, l'ambiance du petit groupe reste très sympathique, une "intimité" comme vous dites. Nous sommes les "pauvres" élèves qui sacrifient une heure du temps de pause-repas à l'étude de la langue ; ça ressere les liens ! 😉
Pas mal de choses - dont les horaires - font que ça n'attire plus personne.. C'est une option à part entière, et dans mon lycée les heures de latin sont donc mises sur les heures des repas, faute de trouver une heure libre commune à toutes les classes. Et c'est vrai que l'utilité du latin (et du grec, bien que je ne le pratique pas encore) ne coule pas de source, pour un petit collégien/lycéen qui débarque dans le monde des études. Ce problème en dégage un autre, qui a été effleuré par d'autres dans cette conversation : les élèves ne s'intéressent plus qu'à leur avenir, à tel ou telle option qui apporte tel ou tel débouché, plutôt qu'à leur culture, leur plaisir d'apprendre. Il en va de même pour l'étude des langues vivantes, qui, au lycée, est centrée sur l'épreuve de bac, et non pas sur le fait de communiquer et de découvrir la culture du pays.
Comme il est si bien dit, les heures de cours au lycée (et au collège, je ne parle pas du supérieur) sont tout d'abord une éducation générale, et non pas une préparation directe à la vie future, à la rentrée dans le travail. Les études au lycée se généralisent pour un bon nombre d'élèves qui pensent que c'est une "voie de débouchés" alors que c'est, comme je le disais, "juste" un lieu d'enseignement général, servant pour le savoir, la culture (et dans une autre mesure, pour le travail dans la vie future.)
Si on n'inculquait pas aux élèves, dès le collège, le souci de l'orientation, qu'il faille absolument faire une filière avec des débouchés, pour trouver un bon travail, je pense qu'ils seraient plus intéressés par les langues anciennes (et d'autres options oubliées) car ils penseraient à eux, juste à eux, plutôt qu'à leur futur incertain.
Cet avis est sûrement subjectif, car il n'y a pas à redire ; j'adore le latin, et m'intéresse fortement à la culture gréco-romaine, mais je ne pense pas être totalement dans le faux.
Désolée s'il se trouve, dans mon message, des redondances par rapports à ceux précédemment écrits 🙂
Je suis tout à fait d'accord avec Aura, nous sommes dans la culture du moindre effort et justement, le latin développe la culture de l'effort et l'esprit d'analyse ! Et puis évidemment, pour faire du latin il faut apprendre certaines choses par coeur, et combien de fois j'ai entendu des profs (pas de latin bien sûr) dire que l'apprentissage du par coeur est un apprentisage bête ! Tout ça en réaction vis à vis des méthodes d'avant qui certes abusaient certainement du par coeur. N'empèche que je connais des grands-mères qui me récitent du Ronsard, du Hugo, du Verlaine par coeur, et à chaque fois avec une certaine émotion. Et pourtant, ce sont des grands mères au dos courbé, qui ont travaillé dans le vignoble nantais toute leur vie.
On peut aussi évoquer le sort de l'allemand : il y a eu une grosse baisse d'effetifs ces dix dernières années. Pourquoi ? Et bien parce que l'allemand est une langue germanique, moins proche de la notre que l'espagnol, et donc plus difficile à apprendre ! Pourtant sur le marché du travail français on a bien plus besoin de parler allemand qu'espagnol puisque l'Allemagne est notre premier partenaire.
Et je me demande aussi pourquoi l'on apprend pas d'avantage l'Italien ?! l'Italie a une grande littérature et c'est une langue d'opéra … 😉
On peut aussi évoquer le sort de l'allemand : il y a eu une grosse baisse d'effetifs ces dix dernières années. Pourquoi ? Et bien parce que l'allemand est une langue germanique, moins proche de la notre que l'espagnol, et donc plus difficile à apprendre ! Pourtant sur le marché du travail français on a bien plus besoin de parler allemand qu'espagnol puisque l'Allemagne est notre premier partenaire.
Et je me demande aussi pourquoi l'on apprend pas d'avantage l'Italien ?! l'Italie a une grande littérature et c'est une langue d'opéra … 😉
Le par coeur, il faut savoir le gérer… Combien de collégiens aprennent par coeur des leurs cours sans comprendre… Des règles de grammaire en étant ensuite incapable de les appliquer…
Pour les déclinaisons, le par coeur est évidement indispensable, mais parfois il faut savoir se détacher un peu de l'apprentissage mot pour mot d'une règle ou d'un point précis… Logique lorsque l'on est au lycée ou à la Fac, sûrement moins évident lorsque l'on a 12 ans… 😉
Pour les déclinaisons, le par coeur est évidement indispensable, mais parfois il faut savoir se détacher un peu de l'apprentissage mot pour mot d'une règle ou d'un point précis… Logique lorsque l'on est au lycée ou à la Fac, sûrement moins évident lorsque l'on a 12 ans… 😉
Oregann a écrit :Est-il trop tard pour reprendre?Et bien, suite à mes déboires en cours de latin au secondaire, je n'étais plus très chaude pour poursuivre à l'université. Comme je l'ai expliqué, j'ai toujours eu pas mal de difficultés avec les langues (pas seulement le latin), et j'avais envie de mettre le paquet pour réussir mon DEUG (qui est passé à la la licence entre temps enfin bref). J'aurais pu reprendre le latin en deuxième ou troisième année mais j'ai eu peur de ne pas m'en sortir, comme avant. Maintenant, je me pose toujours la question de savoir si j'ai les capacités pour dépasser ces difficultés. Mais j'entre cette année en master et compte ensuite passer le capes, alors il est peut-être bien trop tard pour m'y remettre sur une année. J'aurais à peine eu le temps de revoir les bases.
Pour en revenir au sujet, l'apprentissage au moyen du "par coeur" ne doit pas, à mon sens, être appliqué partout, mais est nécessaire pour faire travailler sa mémoire et habituer son esprit à l'effort. On explique des choses aux élèves, mais ça rentre par une oreille et ça ressort par l'autre. Moi-même, je regrette de ne pas avoir été obligée (et c'est bien le terme car on n'oblige plus les élèves à rien et on voit le résultat) d'appliquer cette méthode plus souvent, car, par exemple, je suis incapable de citer du Verlaine par coeur, mot pour mot!