Langues anciennes : pourquoi si peu d’élèves ?

Langues anciennes

103 réponses · Page 2 / 6

le prof contribue à l'attrait d'une langue, j'ai aimé le latin en parti grâce à mon professeur, elle nous a appris des tas de choses, en dehors de la langue, c'est extraordinaire
Bonjour à tous,
Pour moi qui souhaite faire une prépa Chartes, le latin est au coeur de mes apprentissages. Je suis en 1°L et passe l'année prochaine en terminale avec toujours le même but: réussir les Chartes et devenir à mon tour ou professeur de lettres classiques, ou historienne au choix, selon les possibilités bien entendu.
Lorsque j'entends que le latin est inadapté à notre cerveau, je fais des bonds sur ma chaise. Pourquoi un système différent devrait-il repousser des étudiants à apprendre une langue?
Toutefois, je veux bien concevoir que pour un élève de 12 ans, cette langue peut matériellement paraître inutile, et c'est d'ailleurs à cause de ça que beaucoup de collégiens choisissent de ne pas faire latin. Cependant, ne perdons pas du vu que, toujours très matériellement, le latin n'apporte que du bonus pour le bac s'il est choisi en option facultative, et est une matière facilement maniable s'il est choisi en option de spécialité. Par ailleurs, je ne doute absolument pas que l'on puisse être un excellent prof de français si l'on n'a pas fait du latin, cependant je pense aussi qu'il faut savoir manier les bases car elles sont le fruit d'un héritage lourd et qui a tendance à disparaître…
Il suffit simplement de trouver le juste milieu…
Hey !
Je fais du Latin au lycée, et ce depuis la 5e…j'avoue que des fois j'ai envie de tout arrêter !
Soyons honêtes, une fois que j'aurai passé mon épreuve de bac je ne ferai plus jamais de latin de ma vie…!
Mais si j'ai continué, c'est avant tout parceque j'aime ça. L'étude du latin est quelque chose de très enrichissant, tant au niveau hétymologique ( c'est fou tous les mots que l'on peut retrouver en réfléchissant bien ! ) qu'au niveau de la culture G…
De plus, les élèves qui font Latin, je le constate très souvent dans ma classe, acquièrent une rapidité de réflexion et une capacité d'analyse et de jonglage avec les informations suppérieures aux autres élèves ( sans prétention aucune ).


C'est vrai que ça n'est pas très utile en soi, tout le monde peut s'en sortir dans la vie même dans des études littéraires sans langues anciennes, mais c'est toujours un plus, toutes les connaissances sont toujours bonnes à prendre !
Aura a écrit :Tiens, alors je n'ai rien compris à la litterature du Moyen Age et à l'ancien français puisque je ne fais pas de latin. Pourtant j'ai un bon niveau dans cette discipline… De plus, je connais des professeurs n'ayant jamais fait de latin et qui s'en sortent très bien. Peut être devrait-ils changer de profession? Je ne voudrais pas paraître agressive, mais j'ai tendance à m'insurger quand on sous-entend que je ne pourrais jamais faire un bon professeur parce que je n'étudie pas le latin.
Je vais nuancer mon propos à ce sujet (je suis visé) :

Je pense qu'il est préférable mais non indispensable pour un professeur de collège d'apprendre le latin. On peut être un très bon professeur si l'on arrive à transmettre le goût pour la littérature, même en n'ayant pas fait de latin !
Vanille a écrit :Hey !
Je fais du Latin au lycée, et ce depuis la 5e…j'avoue que des fois j'ai envie de tout arrêter !
Soyons honêtes, une fois que j'aurai passé mon épreuve de bac je ne ferai plus jamais de latin de ma vie…!
Mais si j'ai continué, c'est avant tout parceque j'aime ça. L'étude du latin est quelque chose de très enrichissant, tant au niveau hétymologique ( c'est fou tous les mots que l'on peut retrouver en réfléchissant bien ! ) qu'au niveau de la culture G…
De plus, les élèves qui font Latin, je le constate très souvent dans ma classe, acquièrent une rapidité de réflexion et une capacité d'analyse et de jonglage avec les informations suppérieures aux autres élèves ( sans prétention aucune ).


C'est vrai que ça n'est pas très utile en soi, tout le monde peut s'en sortir dans la vie même dans des études littéraires sans langues anciennes, mais c'est toujours un plus, toutes les connaissances sont toujours bonnes à prendre !
En fait, le latin c'est un trésor pour la vie. C'est vrai qu'à première vue ça ne sert à rien ! C'est complètement décalé par rapports aux critères de notre société : productivité-rentabilité-consommation (si possible des trucs qui font pas réfléchir). Mais ce qu'on apprend dans le secondaire, et ça vaut pour toutes les matières, s'encre dans notre mémoire. Et un jour, alors qu'on pensait avoir tout oublié du latin (ou autre matière), ressort comme par enchantement. A ce sujet, il faut lire le très beau le livre de Jacqueline de Romilly : le trésor des savoirs oubliés. En fait il n'y a rien de plus connecté que la latin puisque plus que jamais, la communication est au centre de notre société, et qu'on utilise le français pour communiquer ! Savoir le latin c'est accèder à la pleine "intelligence" de la langue, à sa maîtrise totale en plus de l'apprentissage des règles de grammaire/orthographe/conjugaison.
Vous ne vous êtes jamais demandé d'où vient l'adjectif 'médisant" ?
A ce sujet lire le dernier livre de Jacqueline (ou j'adore Jacqueline !) de Romilly : dans le jardin des mots.
William a écrit :On peut être un très bon professeur si l'on arrive à transmettre le goût pour la littérature, même en n'ayant pas fait de latin !
Ah nous sommes donc d'accord 🙂 . Je pensais pourtant que tu affirmais qu'un professeur ne sachant pas le latin ne pouvait être un bon professeur, mais je n'arrive pas retrouver le message (sûrement dans une autre discussion de ce type, dans la section "filière littéraire"). J'ai parfois l'impression que c'est l'avis de beaucoup, et c'est surtout cela qui m'énerve, parce-que je n'ai absolument rien contre le latin. Je trouverais même dommage que la filière des lettres classiques disparaisse. Je suis parfaitement consciente que le latin a son importance et est très utile, jamais je n'ai pensé que ça ne servait à rien de l'apprendre. C'est juste que pour moi, les qualités d'un bon professeur ne se limitent pas à ça.
Bonjour tout le monde,
Je vais dire mon avis. Je suis étudiant de lettres classiques et je désire devenir enseignant de lettres classiques via l'aggrégation. Le latin et le grec sont des matières importantes pour la compréhension des textes littéraires. Combien d'auteurs font des références à la Grèce ou à Rome. Certes, on peut devenir prof sans faire de latin (le latin est facultatif au C.A.P.E.S )., toutefois je pense que certaines bases sont essentielles pour le français.
En ce qui concerne la disparition des lettres classiques, je ne pense pas que cela va arriver un jour, peut être que je suis utopique mais supprimer ces langues reviendrait à scier la branche sur laquelle nous sommes assis. Il faut que les étudiants de LC se mobilisent. Personnellement, je vais dans des collèges et des lycées pour partager mes expériences en tant que "classique"
Faites tous de même!
Vive le latin et le grec
VIVE LES LETTRES CLASSIQUES
Bonjour Jéjé,
Je suis allée avec ma classe de Latin (5 malheureux élèves qui se courent après) dans un collège pour clamer haut et fort que le Latin est important.
Aucun ne souhaite continuer le Latin au collège et beaucoup nous ont dit que nous, nous aimons le Latin, mais qu'évidement il n'en va pas de même pour tout le monde.
Après 1h30 de débat acharné, nous sommes repartis de notre propre initative parce que nous en avions trop entendu.
Ce jour là j'ai réellement compris que si la passion et le goût ne sont pas là, les paroles ne sont que du vent…
Je regrette énormément que les choses se soient passées ainsi mais je m'aperçois que la réalité scolaire est de plus en plus dure avec les langues anciennes…
Bien sûr, il y a façon et façon de parler du latin. Sérieusement je trouve que c'est un peu tôt d'apprendre le latin en 5ème car il faut, je pense une certaine maturité d'esprit (surtout pour digérer les déclinaisons, gloups).
En tout cas, je pense que c'est une erreur de refuser l'enseignement du latin: peut être que l'apprentissage est ingrat au début, mais c'est un précieux instrument.
Oui, d'accord avec toi, au collège on n'est pas conscient que ce qu'apporte le Latin…
Donc je pense que tout le monde est ENFIN d'accord sur cette discusion épineuse
🙂
coucou moi je suis d'accord avec toi Sythiliah car moi je fais de l'occitan et on est plus que 10 dans ma classe je trouve ça dommage car c une langue comme les autre. bon bye…
En effet c'est étrange…
De plus, lorsque l'on parle du Latin, il s'agit d'une langue répandue, mais en ce qui concerne des langues régionales ou des dialectes, qui s'en soucie? Je trouve cela dommage car une fois de plus ces langues font partie d'un héritage lourd qui ne doit pas se perdre…
Jéjé17 a écrit :Bien sûr, il y a façon et façon de parler du latin. Sérieusement je trouve que c'est un peu tôt d'apprendre le latin en 5ème car il faut, je pense une certaine maturité d'esprit (surtout pour digérer les déclinaisons, gloups).
En tout cas, je pense que c'est une erreur de refuser l'enseignement du latin: peut être que l'apprentissage est ingrat au début, mais c'est un précieux instrument.
Peut être faudrait-il davantage axer l'enseignement du latin au collège sur la civilisation. Mais je pense que l'apprentissage de la langue en est indissociacle, parce qu'elle est au fondemement de celle-ci. On perd beaucoup de la civilisation latine sans le latin. Cependant, avoir une approche de la civilisation latine c'est toujours mieux que rien ! Et pour un professeur de français, au collège comme au lycée, c'est indispensable.

Pour en revenir au collège, je pense que le gros problème est qu'on pousse toujours de plus en plus les jeunes à choisir la facilité, et c'est vrai que le latin c'est tout sauf de la facilité. Je pense que le latin souffre beaucoup des réformes de l'enseignement du français au primaire. En effet,iIl faut apprendre par coeur les déclinaisons latines (tâche ingrate, surtout qu'on fait apprendre de moins en moins de choses par coeur au primaire, donc au collège les élèves ne sont pas du tout habitués face à cela), les conjugaisons, les règles de grammaire (et là c'est aussi problème, vu que les règles de grammaire française sont de moins en moins sues). Il ne faut donc pas s'étonner non plus que le latin rebute tant d'élèves.
Sythiliah a écrit :En effet c'est étrange…
De plus, lorsque l'on parle du Latin, il s'agit d'une langue répandue, mais en ce qui concerne des langues régionales ou des dialectes, qui s'en soucie? Je trouve cela dommage car une fois de plus ces langues font partie d'un héritage lourd qui ne doit pas se perdre…
Le latin et les langues régionales : même combat !

A une différence près que la culture géco-latine concerne tous les pays de culture européenne, soit au moins la moitié des habitants de la planète. Elle est au fondement de tous nos savoirs.
Cependant, je ne veux pas retirer de l'importance aux langues régionales ! Etant breton, Je suis même franchement partisant ! Mais je pense que la situation des langues anciennes est vraiment très préoccupante, qu'il y a un grand danger qui se profile pour les sciences humaines (car le savoir c'est comme une plante : si l'on coupe les racines elle crève ; allez faire de la géométrie sans le théorème de pythagore …).
Pour les langues régionales, bien sûr qu'il faut les promouvoir car derrière ces langues il y a tout un peuple, toute une culture, qui ne demande qu'à vivre encore et encore dans ce monde de plus en plus globalisé où chacun cherche à préserver son identité, parce que le sentiment d'appartenir à une, ou des cultures clairement déterminées c'est fondamental pour l'individu, c'est un repère qui lui permet de se construire.
Pour moi si l'on parle tant d'identité en ce moment en France, et ailleurs en Europe, ce n'est pas un hasard, c'est parce qu'avec la remise en cause de l'enseignemnt des sciences humaines, le non-respect du français, il y a un certain malaise qui s'est établi. Faute de miser sur l'enseignement des sciences humaines, on transforme ce maiaise en haine des autres, ceux qui en apparence (couleur de peau, coiffure, vêtements …) n'ont pas la même culture que nous. Le racisme nait de l'ignorance, du malaise identitaire qui fragilise l'individu et engendre une peur des autres.
Je vais donner mon petit avis aussi.

Il est vrai qu'il y a peu d'élèves mais tout de même, dans mon lycée, il y a plus d'élèves qui font du latin que d'élèves qui font de l'allemand. Et ce pour une raison, celle du baccalauréat. Il y a un coefficient 3 sur la première option facultative si elle est une langue ancienne, autant vous dire que ça attire pas mal de monde. Il y a d'ailleurs (pour compléter un peu le portrait), 3 élèves qui viennent de L et 15 de S ou ES dans ma classe de latin. Je trouve que cela révèle une seule chose, c'est que l'attrait pour le latin a uniquement pour but de faire acquérir des points pour le bac. En conséquence, les cours des profs s'en font ressentir.

Je n'ai jamais eu un seul cours de civilisation au lycée. En seconde, la prof estimait qu'après 30 minutes de cours, nous étions fatigués, il fallait donc se reposer, je n'exagère que très peu. En 1ère, nous avons fait du texte, du texte et du texte (et c'était bien, bon et very good). En terminale la même chose, très axé sur le bac et sa préparation.

Je trouve qu'en fait, le plus grand problème ce n'est pas le fait qu'il y a relativement peu d'élèves en langues anciennes au lycée mais plutôt que c'est une hécatombe dans les études supérieures. Dites moi si je me trompe mais dans la fac la plus proche de chez moi, ils sont 18 en L1 et 8 en L3 …

Et puis le bac représente une barrière je trouve. On doit apprendre à traduire, pour ma part, 16 textes en latin et 10 en grec ancien, ce qui représente 26 textes et ce qui représente un travail assez conséquent. Certains, qui "ne comprennent plus rien" en rentrant chez eux, apprennent par coeur les traductions des 26 textes … ce qui provoque une lourde indigestion, un stress énorme pour l'épreuve qui se finit parfois en catastrophe avec des "j'ai eu un trou NOIR ! L'horreur !" ou avec des "j'ai récité ma traduction mais je prenais les mauvais groupes de mot !", bref je ne trouve pas que ça ouvre à un véritable apprentissage de ces langues. Une partie ressort avec un dégout profond du latin et ne voudront plus jamais en entendre parler plus tard.

Bref le bac, toujours le bac … je trouve qu'en fin de compte, il empêche pas mal de choses et notamment les profs de faire leur cours comme ils l'entendent, avec de la civilisation, les textes qu'ils veulent nous faire découvrir, pourquoi pas les films, les découvertes sur le terrain (car on ne peut guère se permettre d'aller faire un tour en Grèce ou même à Lyon ou Trèves en terminale, quand on doit passer … le bac !). Tout cela rebute pas mal, sauf ceux qui veulent une mention, ou quelques points pour l'examen, mais qui ne garderont rien d'autre de leurs années de latin et de grec.
bonjour tous le monde.

Je suis au lycée où j'étudie actuellement le latin et le grec. Je fait du grec depuis 2 ans (la seconde) et du latin depuis la 4ème.

Si au départ je ne voulais pas faire de latin (théoriquement les cours de latin commencent en 5ème dans mon collège) mon petit esprit obtus de l'époque a fini par admettre que le latin pouvait m'être utile dans mes futures études littéraires (merci papa et maman ).
Mais j'ai tout de suite aimé le latin, son histoire et surtout l'atmosphère du cours (être 10 élèves cela change des cours "ordinaires" de 30 élèves!) Et qu'elle ne fut pas ma surprise de voir que certains élèves (très bons en traduction…) "réussissaient" à avoir 5 de moyenne en latin! Ces élèves avaient été eux aussi poussés par leurs parents et baclaient autant les leçons que les devoirs. Je pense que le latin est une affaire de goûts mais que même obligés, certains élèves ne peuvent supporter le latin et ses devoirs supplémentaires! (bouh! honte à eux!)

Par contre, en première, les élèves se sont retrouvés entre élèves passionnés et le rythme de travail a sensiblement accéléré (surtout en grec: alpabet appris en moins de 3h, toutes les bases en 1 an). Mais pourtant personne n'aurait songé à abandonner; d'une part pour les points au bac (il faut bien avoué que c'est une motivation); d'autre part pour la convivialité qui se dégage du cours (5 élèves en latin et 6 en grec!); et enfin pour la culture que cela nous apporte. Cependant, nous n'allons pas forcément continuer ces langues dans nos études supérieures puisque nous sommes toutes en S (autant en latin qu'en grec).

Je pense donc que si les élèves se dévient de cette voie, c'est à la fois par paresse et par manque de moyens. En effet, il faut bien avouer que la grammaire latine n'est guère amusante mais les élèves réveillent leur attention dès qu'il s'agit de mythologie ou d'éthymologie. Peut- être que plus d'élèves seraient intéressés si il y avait plus de cours de ce genre?

PS: Où habites-tu Shadow artist pour qu'aussi peu d'élève fassent allemand? Parce que là où j'habite (en Lorraine) près d'un quart des élèves allemand en LV1 et presque la moitié en LV2…
Quid de l'enseignement du latin dans les autres pays de langue romane (Espagne, Portugal, Brésil, Italie, Roumanie, Suisse, Argentine, Mexique, Belgique) comme le français ? Qu'en est-il du latin (et du grec ancien) dans les pays de langue germanique (Allemagne, Autriche, Suisse, Pays-Bas, Grande-Bretagne, Irlande), scandinave (Suède, Danemark, Norvège) ou slave (Pologne, Russie, Bulgarie, Tchéquie) ?
En Italie, latin et grec sont obligatoires dans les licei classici. Qu'on me corrige si je me trompe.

En Russie je n'en sais rien, mais je vais essayer de me renseigner ! (les sites ministériels sont mal fichus…)
Alors en Russie, il semble que le latin (apparemment obligatoire) soit commencé en 5e (notre classe de 6e) ; j'ai trouvé moins de choses sur le grec ; en tout les deux langues sont enseignées en licence de lettres classiques, avec en plus le slavon d'église.