Lucrèce, De rerum natura - Suave, mari magno turbantibus aequora ventis…

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à vous,
ma professeur nous a donné aujourd'hui une nouvelle version à préparer chez nous, et le texte est:
Suave, mari magno turbantibus aequora ventis
E terra magnum alterius spectare laborem;
Non quia vexari quemquamst jucunda voluptas,
Sed quibus ipse malis careas quia cernere suavest.
Suave etiam belli certamina magna tueri
Per campos instructa tua sine parte pericli;
Sed nihil dulcius est, bene quam munita tenere
Edita doctrina sapientum templa serena,
Despicere unde queas alios passimque videre
Errare atque viam palantis quaerere vitae,
Certare ingenio, contendere nobilitate,
Noctes atque dies niti praestante labore
ad summas emergere opes rerumque potiri.
O miseras hominum mentes, o pectora caeca!
Qualibus in tenebris vitae quantisque periclis
Degitur hoc aevi quod cumquest.
Nonne videre nil aliud sibi naturam latrare, nisi ut qui
Corpore seiunctus dolor absit, mensque fruatur
Jucundo sensu cura semota metuque?
Pour l'instant ma traduction donne
Suave est: Il est doux
turbantibus ventis: les vents agitant
mari magno aequora: la grande plaine marine
e terra spectare: de regarder depuis la terre
magnum laborem alterius: le grand labeur des autres
non quia vexari quemquam: non parce que quelqu'un d'accablé
est jucundas voluptas: est un plaisir agréable,
sed quia suave est: mais parce qu'il est agréable
cernere: de voir
quibus malis: a quels maux
ipse careas: tu échappes toi même.
Suave etim tueri: il est doux aussi d'observer
magna certamina belli: les grands combats de la guerre
per campos instructa: menée dans les camps
sine tua parte pericli: sans ta part au danger.
Sed nil dulcius est: mais il n'est rien de plus doux
quam tenere bene munita: que de tenir bien protégés
edita doctrina sapientum: edifiés par la doctrine des sages
templa serena: les temples sereins
unde queas despicere alios: desquels on regarde les autres
passimque videre: et on voit partout
errare taque quarere palentes: se tromper et chercher en hésitant
viam vitae: le chemin de la vie
certare ingenio: rivaliser de génie
contendere nobilitas: faire effort de noblesse
noctes atque dies: nuit et jour
niti praestante labore: s'efforcer par un travail remarquable
emergere ad summas opes: de s'élever au sommet de la richesse
rerumque potiri: et de se rendre maître des biens.
O miseras hominum mentes: o misère de l'esprit des hommes
o pectora caeca: o coeurs aveugles
qualibus in tenebris: dans quels tenebres
quantisque periclis: et quels dangers
degitur hoc aevi quodcumque est vitae: se passe cette durée qu'est la vie (cette phrase je n'ai pas vraiment compris)
Nonne videre: ne voyez vous pas
nil aliud sibi natural latrare: que la nature ne réclame a grand cris rien d'autre pour elle
nisi ut qui: si ce n'est que
corpore sejunctus dolor absit: la douleur, séparée du corps, soit absente
mensque fruatur: et que l'esprit jouisse
jucundo sensu: d'un sentiment agréable
semota cura metuque: éloigné de tout souci et crainte.


Je ne suis vraiment pas très sure de ma traduction, qui est pour l'instant encore à l'état de traduction "littérale" du texte latin…
Pourriez vous m'aider à corriger ce qui ne va pas?

Merci d'avance!
Domitia Lepida a écrit :Bonjour à vous,
ma professeur nous a donné aujourd'hui une nouvelle version à préparer chez nous, et le texte est:

Suave, mari magno turbantibus aequora ventis
E terra magnum alterius spectare laborem;
Non quia vexari quemquamst jucunda voluptas,
Sed quibus ipse malis careas quia cernere suavest.
Suave etiam belli certamina magna tueri
Per campos instructa tua sine parte pericli;
Sed nihil dulcius est, bene quam munita tenere
Edita doctrina sapientum templa serena,
Despicere unde queas alios passimque videre
Errare atque viam palantis quaerere vitae,
Certare ingenio, contendere nobilitate,
Noctes atque dies niti praestante labore
ad summas emergere opes rerumque potiri.
O miseras hominum mentes, o pectora caeca!
Qualibus in tenebris vitae quantisque periclis
Degitur hoc aevi quod cumquest.
Nonne videre nil aliud sibi naturam latrare, nisi ut qui
Corpore seiunctus dolor absit, mensque fruatur
Jucundo sensu cura semota metuque?

Pour l'instant ma traduction donne
Suave est: Il est doux
turbantibus ventis: les vents agitant
mari magno aequora: la grande plaine marine
Seul aequora est COD, mais ce n'est pas facile à traduire : l'étendue des flots sur la vaste mer.
e terra spectare: de regarder depuis la terre
magnum laborem alterius: le grand labeur des autres : d'autrui
non quia vexari quemquam: non parce que quelqu'un d'accablé : le fait que quelqu'un soit accablé (prop. inf.)
est jucundas voluptas: est (soit) un plaisir agréable,
sed quia suave est: mais parce qu'il est agréable doux
cernere: de voir
quibus malis: a quels maux
ipse careas: tu échappes toi même.
Suave etim tueri: il est doux aussi d'observer
magna certamina belli: les grands combats de la guerre
per campos instructa: menée dans les camps : disposés dans les plaines
sine tua parte pericli: sans ta part au danger.
Sed nil dulcius est: mais il n'est rien de plus doux
quam tenere bene munita: que de tenird'occuper, bien protégés
edita doctrina sapientum: edifiés par la doctrine des sages
templa serena: les temples hauteurs sereines
unde queas despicere alios: desquels on regarde tu puisses regarder les autres
passimque videre: et on voit et les voir partout
errare taque quarere palentes: se tromper et chercher en hésitant
viam vitae: le chemin de la vie
certare ingenio: rivaliser de génie
contendere nobilitas: faire effort assaut de noblesse
noctes atque dies: nuit et jour
niti praestante labore: s'efforcer par un travail remarquable
emergere ad summas opes: de s'élever au sommet de la richesse
rerumque potiri: et de se rendre maître des biens.
O miseras hominum mentes: o misère de l'esprit malheureux esprits des hommes
o pectora caeca: o coeurs aveugles
qualibus in tenebris: dans quelles tenebres
quantisque periclis: et dans quels grands dangers
degitur hoc aevi quodcumque est vitae: se passe cette durée qu'est la vie (cette phrase je n'ai pas vraiment compris)
hoc aevi vitae : ce moment du temps de vie quodcumque : quel qu'il soit
Nonne videre: ne voyez vous pasvidere = videris (tibi) : ne te semble-t-il pas que
nil aliud sibi natural latrare: que la nature ne réclame a grand cris rien d'autre pour elle
nisi ut qui: si ce n'est que
corpore sejunctus dolor absit: la douleur, séparée du corps, soit absente
mensque fruatur: et que l'esprit jouisse
jucundo sensu: d'un sentiment agréable
semota cura metuque: éloigné de tout souci et craintela crainte et la souci éloignés.


Je ne suis vraiment pas très sure de ma traduction, qui est pour l'instant encore à l'état de traduction "littérale" du texte latin…
Pourriez vous m'aider à corriger ce qui ne va pas?

Merci d'avance!
Merci beaucoup pour cette aide…
Mais il y a quelque chose que je ne comprends pas: pourquoi "unde quels despicere alios" se traduit par "desquels tu puisses regarder les autres"… l'idée de "pouvoir" est sous-entendue? ou elle est exprimée par une tournure de la phrase?
Et si j'ai bien compris, dans "mari magna aequora", on traduit aequora par l'étendue des flots c'est ça?
Si on met les mots de la phrase latine comme s'ils étaient du français, ça donne bien "suave est ventis turbantibus aequora mari magno…"?

Je suis désolée de poser ces questions assez stupides, mais je n'ai pas vraiment un bon niveau en latin, alors que j'adore cette langue et j'aimerais énormément progresser, et c'est pour ça que je viens demander votre aide 🙂
Oui, aequora signifie métaphoriquement "plaines" (de la mer)
Queas est le subjonctif de queo : pouvoir.