Jehan a écrit :Certes. Mais pour "La porte est fermée", deux sens possibles :
"On est en train de fermer la porte" (action) ou "La porte n'est plus ouverte". (état, résultat)
Selon le cas, on aura donc un participe d'un verbe au passif ou un participe employé comme adjectif.
Pour analyser correctement, tout dépendra donc du contexte de la phrase.
Bonsoir Jehan,
C'est bien tombé, je suis en train de me demander : dans cette phrase "Il prend une demi-heure pour déjeuner ________ les bureaux sont fermés.", les bureaux sont fermés , "fermés" doit être considéré comme participa passé utilisé dans la forme passive , ou bien comme adjectif, exprimant le résultat ?
Dans le contexte, il faut choisir entre "aussitôt que, dès que, pendant, depuis ", je tends à croire que c'est une passive vue "dès que " et "aussitôt que ", est-ce correct, s'il vous plaît ?
Merci d'avance , et bonsoir .
En fait, cela n'a pas une grande importance pour compléter correctement…
Mais les deux interprétations me semblent possibles.
Dans l'exemple de Limpersberg, le participe passé ''fermés'' établit un certain état des bureaux, possède donc une valeur adjectivale. Les bureaux sont fermés, comme ils pourraient aussi être propres, vastes, confortables, etc.
Cela dit, on peut supposer que les bureaux ne se sont pas fermés tout seuls, ont été fermés par un agent extérieur. Il faut donc rajouter un complément d'agent implicite, pas ici ''quelque chose'' mais ''untel''. ''Les bureaux sont fermés (par untel)'' (voix passive) devient ''On ferme les bureaux'' à la voix active. Le participe passé ''fermés'' exprime donc ici le résultat d'une action, initiée à la voix passive par le complément d'agent implicite ''untel''. Comme dit Jehan, ce n'est pas du tout incompatible avec sa valeur adjectivale !
Le participe passé possède en fait toujours une valeur adjectivale avec le verbe Être, peut être considéré en quelque sorte comme un attribut du sujet. Il peut s'agir de phrases purement descriptives, n'appelant même pas un complément d'agent implicite : ''Marie est fatiguée'' si elle est toujours ou naturellement fatiguée (voix neutre). Mais lorsque le participe passé se combine avec la voix active ou passive, il exprime en plus le résultat d'une action : "Marie s'est lavée", "s'est enfuie", "est venue", "est poursuivie (par untel)", "Cette langue s'est parlée" = "a été parlée (par untel)"…
Avec l'auxiliaire Avoir des temps composés, le participe passé précise par contre une action en soi, possède donc une valeur adverbiale. Il n'indique jamais un état du sujet : ''Marie a marché'', ''Marie a parlé à Jacques'', "On a poursuivi Marie''… Seule exception lorsque l'auxiliaire Avoir des temps composés se combine avec l'auxiliaire Être de la voix passive. Celui-ci est prioritaire, d'où l'accord du participe passé avec le sujet : ''Marie a été poursuivie (par untel).''
Je pense avoir expliqué assez bien tout cela dans mon travail sur le participe passé :
[Voir lien sur la page de mon profil]
Cela dit, je rajoute que vous n'êtes pas du tout obligés d'accepter pour autant mes thèses sur les accords du participe passé ! 😉
Merci à vous deux pour la réponse.
La deuxième question, pour compléter la phrase, qu'est-ce qu'il faut choisir entre "aussitôt que, dès que, pendant que, depuis que " ?
Il prend une demi-heure pour déjeuner ________ les bureaux sont fermés."
Cela dépend de ce que vous voulez exprimer :
A) Les locutions "dès que" et "aussitôt que" indiquent que la pause-déjeuner commence à la fermeture des bureaux. Choisissez plutôt "dès que", plus court.
B) La locution "depuis que" doit être écartée. En effet, le verbe "prend" dans "Il prend une demi-heure pour déjeuner" indique le début de cette pause-déjeuner d'une demi-heure. Par contre, "depuis que" implique une certaine durée. Bref, ne pas confondre l'instant précis et la période (étendue de temps). Il a fallu un certain temps pour déjeuner (une demi-heure), mais pas pour commencer à déjeuner !
C) La locution "pendant que" laisse indéterminé le moment où commence la pause-déjeuner. Elle ne débute pas forcément juste à la fermeture des bureaux !
Dans tous les cas, il vaut mieux mettre une virgule juste après "déjeuner". De cette façon, la phrase est moins lourde ! 🙄
Et pourquoi pas tout simplement : "Il prend une pause-déjeuner quand les bureaux sont fermés" ?
On pourrait en effet employer la conjonction "quand" au sens de "pendant que". Le participe passé "fermés" possède alors une valeur adjectivale, comme dans les autres cas, mais sans indiquer le résultat d'une action. Dans "Il prend une pause-déjeuner quand les bureaux sont fermés", aucun complément d'agent n'est en effet envisageable, même implicite (par untel, par quelque chose). La proposition "les bureaux sont fermés" est ici à la voix "neutre", ni active ni passive. La problématique de l'action n'est pas engagée.
Avec les locutions conjonctives "aussitôt que" et "dès que", il faut par contre nécessairement un complément d'agent implicite, "par untel" ici : "Il prend une demi-heure pour déjeuner aussitôt que (dès que) les bureaux sont fermés (par untel)." Le participe passé "fermés" y possède bien sûr une valeur adjectivale, mais indique aussi le résultat d'une action. La voix de la proposition "les bureaux sont fermés" n'est en effet pas "neutre" ici. Elle est passive en l'occurrence, mais aurait aussi bien pu être active pour signifier le résultat d'une action : auxiliaire Être des temps composés ou de la voix passive. Je renvoie à mes exemples du message 23 (supra)… 😉
Je ne comprends décidemment rien à cette notion de "voix neutre" !
Il prend une demi-heure pour déjeuner quand (dès que) on ferme les bureaux => Il prend une demi-heure pour déjeuner quand (dès que) les bureaux sont fermés (présent passif)
Il prend une demi-heure pour déjeuner quand (dès que) on a fermé les bureaux => Il prend une demi-heure pour déjeuner quand (dès que) les bureaux sont fermés (adjectif, résultat de l'action)
Sans contexte, il est impossible de trancher.
Avec depuis que, seule la solution adjectif est possible :
L'entreprise X a fermé ses bureaux il y a trois mois. Il prend une demi-heure pour déjeuner depuis qu'on a fermé les bureaux => Il prend une demi-heure pour déjeuner depuis que les bureaux sont fermés (adjectif, résultat de l'action).
La "voix neutre" est une appellation de mon invention pour indiquer qu'une phrase ne se trouve pas à la voix active ou passive. Exemple caricatural : "Marie semble (est probablement) fatiguée" si l'on suppose qu'elle est toujours et naturellement fatiguée. Nous ne rajouterons pas alors de complément d'agent implicite : "par untel", "par quelque chose"…
S'agissant de "quand", il me semble que cette conjonction est synonyme de "pendant que". Notre ami prend une demi-heure pour déjeuner quand (pendant que) les bureaux sont fermés, mais pas forcément dès la fermeture ! Dans ces conditions, un complément d'agent implicite (par untel) ne se justifie pas, comme déjà expliqué. Nous sommes ici à la "voix neutre". Le participe passé possède une valeur adjectivale avec le verbe Être, mais n'indique pas le résultat d'une action.
Pour "depuis que", je suis d'accord avec vos interprétations. Vous supposez toutefois que les bureaux sont fermés depuis longtemps (trois mois). Dans la formulation de Limpersberg, il m'a semblé qu'il faisait allusion à la fermeture quotidienne des bureaux, vers midi. Comme vous dites, la solution adoptée dépend du contexte ! 😉
mais n'indique pas le résultat d'une action.
Ma foi, d'une manière ou d'une autre, les bureaux ne se sont pas fermés seuls.
Je vais peut-être paraître naïve, au regard de toutes ces discussions pseudo-savantes sur des queues de poires, mais je ne vois vraiment pas l'intérêt de votre invention
d'une voix neutre.Les bureaux ne se sont pas en effet fermés tout seuls, mais il faut considérer la phrase précise. Dans "Il prend une demi-heure pour déjeuner dès que les bureaux sont fermés", il faut un complément d'agent implicite (par untel). Le participe passé possède alors une valeur adjectivale, tout en indiquant aussi le résultat d'une action. Plus précisément, la proposition "les bureaux sont fermés" est à la voix passive.
Mais dans "Il prend une demi-heure pour déjeuner pendant que les bureaux sont fermés", vous ne pouvez pas ajouter un complément d'agent implicite (par untel). Le participe passé possède alors seulement une valeur adjectivale, sans indiquer le résultat d'une action. La proposition "les bureaux sont fermés" est donc à la voix neutre.
La "voix neutre" n'est sinon pas une invention, mais une constatation. La voix est neutre quand elle n'est ni active ni passive. Facile à comprendre !
Je ne prétends vraiment pas révolutionner la grammaire avec cette notion de "voix neutre" ! Elle me permet seulement d'éviter certaines longueurs. Au lieu de dire "Dans cette proposition, la voix n'est ni active ni passive", je dirai simplement "Dans cette proposition, la voix est neutre" !
Il faut voir cela comme une abréviation, sans plus. 😉