Peut-on commencer à travailler pour l’ENS Lyon LSH seulement deux mois avant le concours ?
14 réponses
CE MESSAGE S'ADRESSE AUX NORMALIENS DE LYON:
J'ai besoin d'un avis, mais je ne sais pas trop à qui m'adresser. A vous?
Je vous explique la situation :
J’ai demandé le passage en khâgne sans trop y croire, et ai été à ma très grande surprise acceptée. Je souhaitais aller en deuxième année parce que j’ai littéralement adoré les 5 derniers mois de mon hypokhâgne, j’avais l’impression de m’ouvrir au monde, c’était fantastique, mais trop court, et je tenais vraiment à continuer cette expérience.
Mais de même que j’ai débarqué en hypo en m’autorisant à partir au bout de deux mois, je suis arrivée en khâgne en me persuadant que le concours, ce n’était pas pour moi, que je n’étais pas de taille, que c’était beaucoup trop gros, et donc que je venais par simple curiosité et envie de me cultiver encore plus, avec la ferme intention de ne pas trop m’inquiéter des notes et de ne pas me sentir concernée par la perspective du concours.
Le résultat est bien là : je me suis sabordée toute seule : je n’ai pas du tout travaillé, et j’ai bien fait en sorte de me tenir à l’écart de mes condisciples. Les raisons de ma quasi absence de travail :
1 je crois que je me suis empêtrée dans un réel complexe d’infériorité par rapport aux autres élèves
2 comme je l’ai dit, la peur de me confronter à quelque chose de trop gros pour moi, la peur d’essayer et d’échouer (il est plus facile d’accepter l’échec quand on n'a rien accompli pour réussir)
3 depuis cet été, des problèmes familiaux qui me pèsent et me rongent vraiment.
Jusqu’à aujourd’hui, je n’avais plus la moindre motivation, et me bornais à effectuer le strict minimum nécessaire. Seulement voilà : à l’approche des échéances, je me réveille enfin et me rends compte que je vais regretter de n’avoir rien tenté pour réussir. Avoir la chance de pouvoir prétendre à l’Ens, je m’en rends compte, ce n’est pas rien.
Malgré cela, je reste parfaitement consciente de mes innombrables lacunes et faiblesses, dans toutes les matières, à l’écrit comme à l’oral.
J’en arrive à la raison d'être de ce message : je vous prie de répondre en toute franchise à cette question : devrais je follement espérer, et me lancer à corps perdu dans le travail durant les deux mois qui restent, ou bien simplement continuer de faire ce que je fais depuis un mois, c'est-à-dire attendre que ça se passe pour filer à la fac l'année prochaine ? Je veux dire, est ce que j’ai la moindre chance ? ou est ce une idée folle, et je devrais m’abstenir de me lancer dans cette entreprise désespérée ? Je ne sais même pas par où commencer !
Je précise, pour bien vous montrer que je ne suis vraiment plus une bonne élève, loin s'en faut, mes moyennes au premier trimestre:
Français 6 Philo 7 Histoire 8 Géo 11 Allemand tronc commun 12 Allemand spé 8
J'ai vraiment besoin d'avis, et je vous remercie beaucoup par avance
Tu devrais travailler sérieusement pour le concours, même s'il est très bientôt.
1) On n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise. Le concours, si on s'y prépare sérieusement, n'est pas inaccessible. D'autant plus que le facteur chance peut jouer en ta faveur, sait-on jamais.
2) La sous-admissibilité à l'ENS Lyon est relativement facile à obtenir. Ca fait toujours bien sur le CV.
3) Si tu as de bons résultats à l'écrit, peut-être que ça t'encouragera à khuber pour ne pas avoir de regrets quant à ton manque d'engagement initial.
Voilà pourquoi, selon moi, tu devrais tout donner sans te poser de questions 🙂 les questions, c'est pour plus tard.
Dans quelle prépa es-tu ?
Je suis élève à l'ENS de Lyon, ancien d'H4, et deux mois, je te garantis que c'est court, très (trop) rapide…
Si tu es motivée, je te conseille de travailler efficacement la méthode de la dissertation (par exemple pour le français : 3 parties, 3 arguments par partie, 1 exemple par argument donc au total dans la copie 9 arguments, 9 exemples), et pour les connaissances, de travailler sur les cours de tes profs (bien maîtriser, analyser les exemples). Il est un peu tard pour se mettre à ficher (quoique les manuels de base). Il n'y a pas de secret pour intégrer une ENS (rue d'Ulm, Lyon ou Cachan), si ce n'est que de connaître/maîtriser la méthode des exercices proposés…
Fais de ton mieux, une sous-admissibilité t'ouvrira au moins les portes pour une cube (un redoublement). Dis-nous ce que tu en penses. Et surtout : relax !
Ce que j'en pense? Je suis perdue. C'est comme si je me réveillais en retard. Merci pour vos réponses en tout cas.
Ah et je suis à Monet. Pas vraiment la même chose que H4 hein…
Joue la sous-a, même à deux mois c'est faisable.
Attelle toi à cet objectif, tu as l'air d'avoir besoin d'un cap. Essaye de tout donner, de toutes manières tu n'as plus rien à perdre et presque tout à gagner - la possibilité de cuber par exemple.
Je suis d'accord avec les autres : une performance est possible et ce qui est acquis le restera pour la khûbe ou pour les études à venir.
Monet / H4 : la notation est globalement la même d'une prépa à l'autre…C'est juste que je ne connais pas les profs de Monet.
Rassure-toi, on peut vite progresser en corrigeant des lacunes de méthode (exemple de l'histoire : bonne intro qui réfléchit bien aux termes du sujet + 3 parties équilibrées + des exemples analysés = amène à une bonne copie) et en bossant efficacement (exemple du français : pour l'axe "théâtre" avoir une douzaine d'exemples même célèbres - dont ceux du programme - qui soient tirés de différents courants, différentes périodes, différentes positions théoriques. Le tout c'est de citer ses exemples et d'analyser de manière logique et cohérente).
Fais-toi confiance, ça peut le faire.
"2 comme je l’ai dit, la peur de me confronter à quelque chose de trop gros pour moi, la peur d’essayer et d’échouer (il est plus facile d’accepter l’échec quand on n'a rien accompli pour réussir) "
La prophétie autoréalisatrice ! Il vaut mieux affronter le concours en se disant qu'on ne l'a pas, ne pas l'avoir après, et se dire "bah, je le savais, j'avais raison" plutôt se dire qu'on l'aura et… ^^
Sinon, tu peux toujours cuber si tu n'y arrives pas cette année !
Je suis absolument d'accord avec Bouledepapier, pour les matières dissertatives, la méthode est plus importante que tout le reste -généralement, le fond culturel nécessaire est plus ou moins acquis après l'hypokhâgne, et comme il y a un programme, ce n'est pas si difficile que ça de combler les manques rapidement-. Les langues par contre, c'est un travail de long terme, mais tout dépend de ton niveau au départ -dans ton cas, ça a l'air d'aller-.
D'accord également avec Serdaigle sur la question de la prophétie auto-réalisatrice. Je crois que l'immense différence entre Henri IV et le reste -en occultant un peu le fait que bon, ils n'ont sans doute que des très bons dossiers-, c'est que lorsqu'on est à Henri IV, le concours est fait pour nous. Je veux dire, il faut suivre le mouvement. Dans le reste, il faut garder le cap, continuellement, ne pas s'effondrer, aller au concours avec confiance, préparer les oraux, etc. -Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas de mérite à intégrer depuis Henri IV, évidemment. Je pense seulement que les conditions de préparation sont différentes-.
Merci pour ces messages de soutien, qui m'aident à me motiver.
Qui ne tente rien n'a rien, et risque de le regretter. Je m'y mets donc sérieusement dès demain.
Merci à Boule de papier pour ses conseils de méthode, clairs, j'en ai bien besoin! Si quelqu'un a d'autres tuyaux…
En fait là il faut vraiment que je cible très précisément ce que je vais travailler chaque jour, car il reste si peu de temps! Donc si vous avez des idées à propos de ce que je dois absolument faire, de ce qui est vraiment nécessaire et incontournable, quelle que soit la matière, n'hésitez pas à les partager!
Merci encore. Je m'en vais cultiver mon jardin.
En histoire, les sujets sont souvent très classiques. Identifie donc toutes les problématiques possibles, et prépare-toi des fiches à partir de là (des exemples issus de la littérature, de la peinture, de la musique ; du chiffre et des dates, évidemment ; mais aussi de l'historiographie que tu peux piocher dans les articles de l'Histoire (l'hebdomadaire) [le site te permettra de recenser tous ceux liés à ta problématique, de les chercher à la bibliothèque et de les lire], et enfin des phrases d'accroche).
En littérature, la préparation minimale suppose de faire un tableau : les thèmes au programme et les livres au programme. Une fois que tu as deux ou trois citations de chaque livre sur chaque thème, tu essayes de voir ce qu'il te reste à couvrir sur le champ du programme -tu manques d'exemples sur le théâtre de l'absurde, disons-.
En philosophie, je te conseille de bosser sur des exemples précis sur l'art. Je te conseille de choisir des exemples en musique, si tu as le niveau technique d'étudier ça. Ca te distinguera des autres candidats qui travailleront essentiellement sur la peinture et la littérature. Tu peux également réfléchir sur la danse, etc.
En allemand, force-toi à faire du "petit allemand" (ça sonne plus petit Suisse que petit latin…) tous les jours. Et des traductions aussi, pour t'habituer aux gallicismes/germanismes.
Quand tu écris une dissertation, essaye de faire des phrases courtes, simples, claires. Fais attention aux transitions entre les parties. Il faut de la clarté plus que du génie.
Ah, et puis, tu peux écouter ça aussi :
https://www.youtube.com/watch?v=VgSMxY6asoE 😀
De rien ! Reprends d'abord tes copies, lis les remarques de tes profs, toujours importantes (même si tu ne pourras malheureusement pas les poster ici !). Je ne vais pas reprendre les conseils d'Artz, qui sont bons (notamment allemand + philo), mais je précise :
- en littérature, une bonne copie sait présenter 9 exemples (dont ceux du programme) de manière simple (avoir les idées claires !!) et cohérente (pas de contradiction entre la 1ère partie et la 2nde partie). Ces exemples doivent surtout être bien analysés, car c'est l'analyse qui fait la preuve de ton argument/ton idée. Surtout pas de vocabulaire très technique. Par exemple, sur le sujet de Bakhtine de l'an dernier, une analyse du discours indirect libre dans un extrait de roman de ton choix était très utile, et ça n'était pas difficile/insurmontable de le faire.
Constitue-toi une petite banque d'exemples variés par thème (12 par thème), sachant que certains peuvent se recouper et qu'ils figurent au programme.
- en géo, le paragraphe consacré à la définition et l'analyse des termes du sujet est incontournable ; il s'agit d'y montrer que l'on prend en compte certains éléments à étudier, certains aspects sur lesquels on va réfléchir. Une bonne copie comporte au moins 9 exemples, les petits schémas/croquis dans la dissertation sont très valorisants.
- en histoire, reprends les corrigés de ton prof. Les ruptures chronologiques d'un sujet à l'autre sont globalement les mêmes, mais le tout c'est de les justifier (en mentionnant simplement les évènements), en évitant les déséquilibres. Pour l'histoire des USA, il faut connaître les grands traits de la période et les grandes thèses des historiens (ce qui doit figurer dans ton cours). Ce qui fera que ta dissertation sera bonne, c'est la richesse des exemples, et leur analyse qui va dans le sens de ton propos.
Les oraux, tu pourras les envisager après les écrits d'avril.
Bonjour Que faire,
je suis tombé sur ce topic en cherchant des infos sur l'échec à l'ens, comment il peut être ressenti. En fait j'ai été admissible et je l'ai pas eu, et j'ai exactement le même sentiment que toi : m'être sabordé pdt toute l'année en me déconsidérant par rapport aux autres élèves, jusqu'à l'annonce de mon admissibilité qui m'a fait prendre conscience que j'avais bien ma place dans ce grand lycée parisien, voire même à l'ens. Seulement il était trop tard et mon oral a été une catastrophe, je n'ai pas réussi à le travailler en 2 semaines (ça paraît logique). J'ai été complètement dans la logique ne pas se donner les moyens de réussir pour éviter de souffrir en cas d'échec alors que c'était possible de l'avoir! voilà je n'ai même pas khuber je crois que ce système ne me convient pas mais je ne peux pas m'empêcher de penser: quel dommage ! c'est un peu déprimant.
Alors toi comment ça s'est passé ?
@kg : Il faut se dire que l'ENS offre de nombreuses possibilités, mais que ce n'est pas la mesure d'une vie bonne, ni d'une vie heureuse. C'est une immense banalité, mais je crois que j'ai personnellement pris un peu de temps avant de m'en rendre compte, donc je me permets de la répéter : être quelqu'un de bien (et notamment d'un point de vue intellectuel) ça peut évidemment se faire ailleurs qu'à l'ENS.
En revanche, si tu veux vraiment y aller, profite de ton année de L3 (si j'ai bien compris) pour préparer ton dossier pour l'année prochaine en montant un projet de mémoire un peu solide. La sélection sur dossier est également très difficile, mais si tu as été admissible, elle est tout à fait envisageable. 🙂
Bon courage (que ce soit pour passer à autre chose, ou pour préparer ton dossier) et bonnes fêtes !