Zola, L’Assommoir, chapitre 10 - Et Gervaise tint parole…

Entraide scolaire

12 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Quelqu'un pourrait m'aider ?

J'ai fait la lecture analytique de ce texte et maintenant je dois faire le commentaire pour cela je cherche mes deux axes mais je ne les trouve pas : je ne sais pas sur quoi partir ?

Merci d'avance pour votre aide !

Texte :
Et Gervaise tint parole. Elle s'avachit encore ; elle manquait l'atelier plus souvent, jacassait des journées entières, devenait molle comme une chiffe à la besogne. Quand une chose lui tombait des mains, ça pouvait bien rester par terre, ce n'était pas elle qui se serait baissée pour la ramasser. Les côtes lui poussaient en long. Elle voulait sauver son lard. Elle en prenait à son aise et ne donnait plus un coup de balai que lorsque les ordures manquaient de la faire tomber. Les Lorilleux, maintenant, affectaient de se boucher le nez, en passant devant sa chambre ; une vraie poison, disaient-ils. Eux, vivaient en sournois, au fond du corridor, se garant de toutes ces misères qui piaulaient dans ce coin de la maison, s'enfermant pour ne pas avoir à prêter des pièces de vingt sous. Oh ! des bons coeurs, des voisins joliment obligeants ! oui, c'était le chat ! On n'avait qu'à frapper et à demander du feu, ou une pincée de sel, ou une carafe d'eau, on était sûr de recevoir tout de suite la porte sur le nez. Avec ça, des langues de vipère. Ils criaient qu’ils ne s'occupaient jamais des autres, quand il était question de secourir leur prochain ; mais ils s'en occupaient du matin au soir, dès qu'il s'agissait de mordre le monde à belles dents. Le verrou poussé, une couverture accrochée pour boucher les fentes et le trou de la serrure, ils se régalaient de potins, sans quitter leurs fils d'or une seconde. La dégringolade de la Banban surtout les faisait ronronner la journée entière, comme des matous qu'on caresse. Quelle dèche, quel décatissage, mes amis ! Ils la guettaient aller aux provisions et rigolaient du tout petit morceau de pain qu'elle rapportait sous son tablier. Ils calculaient les jours où elle dansait devant le buffet. Ils savaient, chez elle, l'épaisseur de la poussière, le nombre d'assiettes sales laissées en plan, chacun des abandons croissants de la misère et de la paresse. Et ses toilettes donc, des guenilles dégoûtantes qu'une chiffonnière n'aurait pas ramassées ! Dieu de Dieu ! il pleuvait drôlement sur sa mercerie, à cette belle blonde, cette cato qui tortillait tant son derrière, autrefois, dans sa belle boutique bleue. Voilà où menaient l'amour de la fripe, les lichades et les gueuletons. Gervaise, qui se doutait de la façon dont ils l'arrangeaient, ôtait ses souliers, collait son oreille contre leur porte ; mais la couverture l'empêchait d'entendre. Elle les surprit seulement un jour en train de l'appeler "la grand-tétasse", parce que sans doute son devant de gilet était un peu fort, malgré la mauvaise nourriture qui lui vidait la peau. D'ailleurs, elle les avait quelque part ; elle continuait à leur parler, pour éviter les commentaires, n'attendant de ces salauds que des avanies, mais n'ayant même plus la force de leur répondre, et de les lâcher là comme un paquet de sottises. Et puis, zut ! elle demandait son plaisir, rester en tas, tourner ses pouces, bouger quand il s'agissait de prendre du bon temps, pas davantage.
Le plus simple que tu puisses faire, c'est une partie sur la déchéance de Gervaise, une autre sur la façon dont cette déchéance est perçue par les Lorilleux. Dans ton commentaire, n'oublie surtout pas le style ; comme tu le constates, le langage familier pénètre partout : non seulement dans les passages en discours indirect libre, mais dans la narration même, comme si l'on avait par moment le point de vue d'un témoin issu du même milieu que les personnages ; c'est ce qu'on appelle la "contamination énonciative", qui n'a pas du tout plu à l'époque ! (Il y a des exemples dans tout le début).
Merci beaucoup pour votre aide, j'avais pensé au langage familier cela irait plutôt dans la partie 1 ou 2 ? Par ailleurs je ne comprends pas vraiment quand vous dites " la façon dont cette déchéance est perçue par les Lorilleux".

Merci encore !
La déchéance de Gervaise fait qu'elle est traînée plus bas que terre par les Lorilleux.
Le style, tu en parles dans les deux parties, à l'appui de ce que tu mets en valeur.

Propose un début de travail à présent.
D'accord merci beaucoup ! Je suis en train de faire le travail cependant je me rends compte que dans mon texte on est pas censé savoir que c'est les Lorilleux ?
Ce sont des voisins de Gervaise. Ils fabriquent des chaînettes à partir de fils d'or. Ils étaient plus accueillants quand Gervaise connaissait une meilleure situation…
Oui d'accord mais est-ce qu'on a le droit de parler d'eux étant donné qu'ils ne sont pas cités dans le texte ?
Comment ça ils ne sont pas cités dans le texte ? Relis-le correctement ! 😉
Bonjour à tous, Je suis une élève de première S et je dois préparer un plan détaillé du commentaire composé de l'assommoir chapitre 10 ( un passage ). Je ne suis pas très doué en français, c'est pourquoi je me suis inscrite ici pour vous demander de m'aider à trouver des procédés pour établir le plan… j'ai trouvé une problématique mais encore… c'est la première fois que je trouve une problématique…
PROBLEMATIQUE COMMENT ZOLA FAIT APPEL AU NATURALISME AFIN D'APPORTER UNE IMAGE PEJORATIVE DE GERVAISE?….

CITER « s'avachit »l.1 ; « molle »l.2 ; « ce n'était pas elle qui se serait baissée pour la ramasser »l.3 ; « Les côtes lui poussaient en long »l.3-4 ; « sauver son lard »l.4 ; « paresse »l.20 ; « rester en tas »l.30 ; « tourne ses pouces »l.30
NOMMER Champ lexical de la paresse
INTERPRETER Gervaise est paresseuse

CITER « misères »l.7 ; « Banban »l.15 ; « Quelle dèche »l.16 ; « tout petit bout de pain »l.17 ; « elle dansait devant le buffet »l.18 ; « l'épaisseur de la poussière »l.19 ; « croissants de la misère »l.20 ; « guenilles dégoûtantes »l.20 ; « la mauvaise nourriture qui lui vidait la peau »l.26-27 ; « n'ayant même plus la force »l.28-29
NOMMER Champ lexical de la misère
INTERPRETER Gervaise vit dans la misère

CITER « Elle en prenait à son aise »l.4 ; « s'enfermant pour ne pas avoir à prêter des pièces de vingt sous »l.8-9 ; « ils ne s'occupaient jamais des autres »l.11-12
NOMMER Champ lexical de l'égoïsme

CITER « affectaient de se boucher le nez »l.6 ; « une vraie poison »l.6 ; « sournois »l.7 ; « c'était le chat »l.9 ; « langues de vipère »l.11 ; « mordre le monde à belles dents »l.13 ; « potins »l.14 ; « rigolaient »l.17 ; « ils l'arrangeaient »l.24 ; « avanies »l.28
NOMMER Champ lexical de la méchanceté

J'espere avoir votre aide parce que je n'y arrive pas du tout… Merci

Voici le texte :
Et Gervaise tint parole. Elle s’avachit encore ; elle manquait l’atelier plus souvent, jacassait des journées entières, devenait molle comme une chiffe à la besogne. Quand une chose lui tombait des mains, ça pouvait bien rester par terre, ce n’était pas elle qui se serait baissée pour le ramasser. Les côtes lui poussaient en long. Elle voulait sauver son lard. Elle en prenait à son aise et ne donnait plus un coup de balai que lorsque les ordures manquaient de la faire tomber. Les Lorilleux, maintenant, affectaient de se boucher le nez, en passant devant sa chambre ; une vraie poison, disaient-ils. Eux, vivaient en sournois, au fond du corridor, se garant de toutes ces misères qui piaulaient dans ce coin de la maison, s’enfermant pour ne pas avoir à prêter des pièces de vingt sous. Oh ! des bons cœurs, des voisins joliment obligeants ! oui, c’était le chat ! On n’avait qu’à frapper et à demander du feu, ou une pincée de sel, ou une carafe d’eau, on était sûr de recevoir tout de suite la porte sur le nez. Avec ça, des langues de vipère. Ils criaient qu’ils ne s’occupaient jamais des autres, quand il était question de secourir leur prochain ; mais ils s’en occupaient du matin au soir, dès qu’il s’agissait de mordre le monde à belles dents. Le verrou poussé, une couverture accrochée pour boucher les fentes et le trou de la serrure, ils se régalaient de potins, sans quitter leurs fils d’or une seconde. La dégringolade de la Banban surtout les faisait ronronner la journée entière, comme des matous qu’on caresse. Quelle dèche, quel décatissage, mes amis ! Ils la guettaient aller aux provisions et rigolaient du tout petit morceau de pain qu’elle rapportait sous son tablier. Ils calculaient les jours où elle dansait devant le buffet. Ils savaient, chez elle, l’épaisseur de la poussière, le nombre d’assiettes sales laissées en plan, chacun des abandons croissants de la misère et de la paresse. Et ses toilettes donc, des guenilles dégoûtantes qu’une chiffonnière n’aurait pas ramassées ! Dieu de Dieu ! il pleuvait drôlement sur sa mercerie, à cette belle blonde, cette cato qui tortillait tant son derrière, autrefois, dans sa belle boutique bleue. Voilà où menaient l’amour de la fripe, les lichades et les gueuletons. Gervaise, qui se doutait de la façon dont ils l’arrangeaient, ôtait ses souliers, collait son oreille contre leur porte ; mais la couverture l’empêchait d’entendre. Elle les surprit seulement un jour en train de l’appeler « la grand’tétasse », parce que sans doute son devant de gilet était un peu fort, malgré la mauvaise nourriture qui lui vidait la peau. D’ailleurs, elle les avait quelque part ; elle continuait à leur parler, pour éviter les commentaires, n’attendant de ces salauds que des avanies, mais n’ayant même plus la force de leur répondre et de les lâcher là comme un paquet de sottises. Et puis, zut ! elle demandait son plaisir, rester en tas, tourner ses pouces, bouger quand il s’agissait de prendre du bon temps, pas davantage.
Pour mémoire, dans ce passage, il y a Gervaise….et les voisins.
Les Lorilleux ne sont pas des voisins, mais des parents : Mme Lorilleux et la sœur de Coupeau, le mari de Gervaise.
Peu importe. Ils font office de voisins dans l'extrait.