Bonsoir,
Quelle est la différence entre ces deux notions: "diphtongue" et "glide + voyelle"? Articulation / écoute…
Étant donné que personne n'a répondu à mon premier message, j'essaierai de le reformuler sous une différente approche ▼.
Prenons deux mots, l'un anglais, l'autre français: « I » et « pagaille ». Est-ce que vous ressentez une différence entre la prononciation des deux segments colorés, à savoir: <I> et <aill> ?
Selon le Gibson's pronunciation of English (Cruttenden), "I" ne se prononce pas comme le français ail. C'est beaucoup moins mouillé, presque pas en fait, un peu comme a-i ou ahi, comparé à aille… Pas pagaille, donc, mais paga-hi…
ponthieu, d'après vos précisions, faut-il conclure que la diphtongue anglaise se rapproche plus d'un hiatus que d'une séquences voyelle + glide ? Donc en anglais on a affaire à une suite de deux voyelles, alors qu'en français on n'en a pas…
▼ Tentons de reprendre ce sujet sous une approche quelque peu différente.
Lisez l’extrait suivant qui appartient à l’ouvrage
Précis de phonétique historique, de Noëlle Laborderie.
«Finalement, vers l’an 1200 […], les diphtongues sont réduites/se réduisent : soit que l’accent bascule sur le 2[sup]e[/sup] élément […] ; le 1[sup]er[/sup], désaccentué donc affaibli, se ferme et se consonnifie […].» (page 27 – 2[sup]e[/sup] édition, chez Armand Colin)
Or, l’auteure dresse nettement une différence entre ces deux notions:
« diphtongue » et
« séquence voyelle + consonne spirante/semi-voyelle/semi-consonne », basée sur le degré d’aperture du 2[sup]e[/sup] élément. Comment expliquer cela aux élèves pour qu’ils puissent articuler les sons correctement ? Pour qu’il puissent en entendre les différences ?
Vous parlez d'articuler les sons dans quelle langue ?
En fait, je cherche une description théorique générale qui puisse être appliquée à toutes les langues. En l'occurence, c'est l'Ancien Français.
(*) Et après un survol sur ces informations…
While there are a number of similarities, diphthongs are not the same as a combination of a vowel and an approximant or glide. Most importantly, diphthongs are fully contained in the syllable nucleus while a semivowel or glide is restricted to the syllable boundaries (either the onset or the coda). This often manifests itself phonetically by a greater degree of constriction though this phonetic distinction is not always clear. The English word yes, for example, consists of a palatal glide followed by a monophthong rather than a rising diphthong. In addition, the segmental elements must be different in diphthongs so that [ii ], when it occurs in a language, does not contrast with [iː] though it is possible for languages to contrast [ij] and [iː].
(content 3 - https://en.wikipedia.org/wiki/Diphthong#CITEREFKayeLowenstamm1984)
[Lien invalide.]
- Comment alors prononcer une diphtongue et une séquence de voyelle + glide ? Comment augmenter la constriction, d'ailleurs ?
Je crois que la distinction est théorique, et n'est pas perceptible dans bien des cas. Une diphtongue est une syllabe composée de deux sons vocaliques, sans discontinuité. Dans le cas de [ai], présent dans l'anglais I, ou dans le grec αι, le deuxième élément de la diphtongue est si ténu, qu'il devient difficile de le distinguer de la semi-consonne [j]. Mon oreille n'est pas assez aiguisée pour que je sois en mesure de faire la différence avec le français ail. Il faut cependant admettre la théorie, car ses conséquences dans le placement des accents, ou dans l'étude de la métrique, sont perceptibles.
Je dirais généralement qu'une voyelle prend le statut de demi-consonne, quand elle sert de soutien, comme une consonne, à une voyelle qui la suit. C'est pourquoi, le y de yes est considéré comme une demi consonne. En latin, au est considéré comme une diphtongue, mais il suffit qu'une voyelle vienne à la suite de ces deux éléments, pour que, comme par magie, le u soit considéré comme demi-consonne. On peut comparer ainsi aurum et auarus. En grec, ευ est considéré comme une diphtongue, même lorsqu'il est suivi d'une voyelle. On parle pourtant aujourd'hui des évangiles, et non des eu-angiles. Cela démontre une très grande porosité de fait entre demi consonnes, et deuxième élément fermé d'une diphtongue. Malgré cela, il est utile à titre théorique de maintenir cette distinction.
Quels différents statuts peut avoir le son [ɥ] en français ? Pourquoi ? Vous vous appuierez sur des exemples précis transcrits phonétiquement et phonologiquement avec l’API. Votre présentation doit pouvoir rendre compte de tous les types de cas possibles en français.
Bonsoir et bienvenue…
C'est un devoir que tu nous donnes à faire ? 😉