Bonjour.
Je ne suis pas sûr si les deux mots
robe et
robines soient ancients :
— Vous donnez votre démission, Mademoiselle ? Très bien ! je ne puis qu’applaudir à une telle détermination et j’y applaudis.
— Je ne donne point ma démission, Madame ; je prends un autre service, voilà tout.
— Dans la bourgeoisie ou dans la robe ? demanda madame de Saint-Remy avec dédain.
— Apprenez, Madame, dit Montalais, que je ne suis point fille à servir des bourgeoises ni des robines, et qu’au lieu de la cour misérable où vous végétez, je vais habiter une cour presque royale.
Je les ai cherchés dans tous les dictionnaires disponibles mais n'en ai pas trouvé les sens convenables.
Qu'est-ce qu'ils signifient ici,
la robe et
des robines ?
Merci, d'avance.
La
robe désigne ici la magistrature :
c) Vêtement ample et long des magistrats, des gens de justice dans l'exercice de leur fonction. Avocat(e) en robe; magistrats en robe rouge. Que dire des juges? Ils font leur métier, qui n'est pas beau. Ils se mettent des toques d'or et d'argent, des robes noires ou rouges, de l'hermine en peau de lapin (Clemenceau, Vers réparation, 1899, p. 105).Arrêts rendus en robes rouges. Arrêts solennels que rendent les juges portant la robe rouge. (Dict. xixeet xxes.).
− P. méton.
α) Personne qui porte cette robe; magistrat. [L'assassin] a tout vu! la cour d'assises, les robes rouges, et le couteau triangulaire. Quand même, il a marché, il a frappé! (Farrère, Homme qui assass., 1907, p. 281).
β) Profession des gens de justice. Famille de robe. Un tel a quitté la robe pour prendre l'épée (Ac.1798-1935).Il avait su éviter la tare héréditaire de la vieille bourgeoisie de robe: il n'était pas pécuniairement intéressé (Martin du G., Devenir, 1909, p. 14).Vous, monsieur [un huissier], qui êtes de robe (…) vous savez peut-être ce que ça peut coûter, au point de vue légal, s'entend, quand on se laisse aller à certaines libertés. Par exemple: une paire de gifles? (Duhamel, Jard. bêtes sauv., 1934, p. 165).
♦ Gens de robe. V. gens1.Noblesse* de robe.
♦ [Avec ou sans maj.] La robe. Ensemble des personnes exerçant la magistrature. Les prétentions de la robe, l'esprit de la robe (Ac. 1798-1935). Toutes les branches du pouvoir exécutif sont tombées aussi dans la caste qui fournit l'Église, la Robe et l'Épée (Sieyès, Tiers état, 1789, p. 35).Haute robe. Première magistrature du pays. (Dict. xixeet xxes.). Ancienne robe. Magistrature ancienne dans une famille (Dict. xixeet xxes.).
Cf.
TLFi
Le
robin (dont le féminin est la
robine) est naturellement en rapport avec ceci :
Péj., fam., vieilli. Homme de robe, magistrat ou homme de loi. Petit robin; mauvais robin; famille de robins. Le juge, jeune robin fat et gourmé, m'adresse les questions d'usage sur mes nom, prénoms, âge, demeure (Chateaubr., Mém., t. 4, 1848, p. 87).Cette effervescence des bourgeois, (….) cette poussée des fiscaux et des robins, qu'on a appelée la Révolution (A. France, Lys rouge, 1894, p. 171).
− En partic. Avocat. Maurice reconquit son grand sérieux de robin qui va plaider (H. Bazin, Qui j'ose aimer, 1956, p. 205).
Merci, lamaneur ; je comprends ! 🙂