Martial, Épigrammes

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Voilà, pour mes examens je dois faire le commentaire d'une épigramme de Martial :

Declamas belle, causas agis, Attice, belle;
historias bellas, carmina bella facis;
componis belle mimos, epigrammata belle;
bellus grammaticus, bellus es astrologus,
et belle cantas et saltas, Attice, belle;
bellus es arte lyrae, bellus es arte pilae.
Nil bene cum facias, facias tamen omnia belle,
uis dicam quid sis? Magnus es ardalio.

Qui critique ici la superficialité.

J'avais pensé faire ceci :

I/ L'habile adresse
1) Apostrophe "Attice"
2) "Declamas" "agis" -> verbe à la 2ème personne du singulier (donc le je parle au tu)

II/ La superficialité mise en exergue
1) répétition de belle (qualifie ses actions)
2) répétitions de bellus (qualifie Atticus)
3) structure semblable

III/ La chute qui fait mal
1) Nil bene cum facias, facias tamen omnia belle -> Opposition belle/bene
2) belle + bene = paronomase + structure khiasmique
3) uis dicam quid sis? Magnus es ardalio. -> la question rhétorique
4) "ardalio" -> mot fort, placé en dernier

Qu'en pensez-vous ? Des choses non pertinentes ? À rajouter ?

Merci d'avance 😀
Pourquoi "l'habile adresse" ?
De plus, il ne faut pas parler de superficialité dans ta partie 2 : il faut dire qu'il y a éloge apparent du personnage, qui "excelle" dans tous les domaines évoqués; si tu veux parler de superficialité, tu le feras en conclusion.
Mon professeur de latin me répète sans cesse de donner des titres un peu amusant à mes parties. Du moins des titres littéraires. Et pour la première, j'ai séché. Je parle essentiellement de la situation d'énonciation !
Merci pour la deuxième, en effet, dire que c'est une éloge est bien plus pertinent et je parlerai de la dénonciation de la superficialité en troisième partie et/ou en conclusion.

Les sous-parties en elles-mêmes sont-elles pertinentes ?
Oui, en montrant dans la dernière partie que derrière l'éloge (attention : on dit un éloge et, au cas où tu l'aurais oublié, une épigramme), on pressent la critique, tant les mots "belle" ou "bellus" sont ironiquement répétés, et tant les domaines d'excellence sont divers. La troisième partie sera ainsi plus étoffée et le poème mieux abordé. En conclusion, n'oublie pas de préciser la visée de l'épigramme à la lumière de ton étude.
Par contre j'ai encore du mal à formuler une problématique concrète…

-> Dans quelle mesure Martial fait-il une critique de la superficialité ?
-> Comment l'épigramme de Martial rend-elle la critique évidente ?

Sinon merci beaucoup pour votre aide !
La deuxième problématique est plus intéressante, mais si la critique est évidente dès le début pour le bon lecteur (de même que la mort du soldat dans le Dormeur du val), il n'en reste pas que tout est concentré sur la formule finale, que l'on attend et qui nous saisit par sa méchanceté ou simplement son originalité (pas trop ici).
Pas un mot de la scansion ? Des mots mis en valeur par les coupes ? des mots formant dactyle complet ?
Bref, pas un mot de ce qui fait la spécifité du texte.
Je me suis appuyée sur l'analyse que nous avions fais en classe et je n'ai jamais entendu parlé de tout cela…
Hélas, hélas, hélas…
Les collègues répugnent étrangement à scander, ce qui les fait passer à côté du texte. La scansion indique le tempo et permet le relevé lexical des mots importants. Scander c'est les deux tiers de la compréhension et la moitié de l'analyse.

Application :

petit cours accéléré de scansion appliquée à l'analyse de texte :

Analyse d’une épigramme de Martial

Texte scandé :

Decla|mas bel|le, cau|sas ||agis, |Attice, | belle;
histori|as bel|las, ||carmina| bella fa|cis;
compo|nis bel|le mi|mos||, epi|grammata |belle;
bellus|grammati|cus, ||bellus es |astrolo|gus,
et bel|le can|tas ||et |saltas, |Attice, |belle;
bellus es |arte ly|rae, || bellus es |arte pi|lae.
Nil bene| cum faci|as, ||faci|as tamen |omnia| belle,
uis di|cam quid| sis? ||Magnus es| ardali|o.

Note :
L’épigramme est composée en distiques élégiaques, un hexamètre, un pentamètre. Chaque distique est de sens plein.
Toutes les coupes sont hepthémimères (après le septième hémistiche), sauf celle du vers 5. Cette régularité d’une coupe moins fréquente est en soi un tour de virtuosité. Cette coupe allonge le vers, lui donnant de l’emphase.
Je n’ai pas indiqué les quantités, qui se déduisent du découpage : un pied de deux syllabes, deux longues, est un spondée, un pied de trois syllabes, une longue, deux brèves, est un dactyle.
En caractère gras les mots qui forment pied complet : deux fois le nom du destinataire, en position stratégique de dactyle cinquième ; une fois omnia, dans la même position ; une fois carmina, terme emblématique ; deux fois la proposition bellus es, deux fois dans le même vers ; la proposition magnus es ; enfin, quatre occurrences du spondée belle pour clore le vers.
Au vers 8, la longue isolée est la forme verbale sis, mot complet, mis en relief par la coupe.

Remarque de principe : la diction marque une légère pause après chaque pied, une pause plus longue après la coupe. L’effet produit est une attente, lorsqu’un mot enjambe deux pieds :
Decla|
mas bel|
le, cau.
Autre effet, mise en relief lorsque le mot est un pied complet détaché entre deux pauses.
Je vous ai fourni assez d’éléments pour que vous meniez à bien votre analyse, une analyse appuyée sur le texte et mettant l’accent sur les moyens utilisés pour produire des effets.