"De la musique avant toute chose" - Cette expression peut-elle suffire à définir la poésie ?

Entraide scolaire

31 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonsoir,

J'ai une dissertation à faire pour le jeudi 10 mai et je n'arrive pas à définir un plan précis.
"De la musique avant toute chose" écrit Verlaine dans son "art poétique". Cette expression peut-elle suffire à définir la poésie ?
Avec l'implicite de la question, j'ai bien évidemment compris que la musicalité du poème ne suffit pas à définir la poésie et qu'un plan thématique s'impose. Cependant, je n'arrives pas à définir un plan alors si quelqu'un pouvait m'aider en me proposant un plan par exemple, çà m'aiderait beaucoup.

Merci d'avance à tous.
Bonjour, voici un poème de Valéry Larbaud intitulé La Neige:
Un año más und iam eccoti mit uns again
Pauvre et petit on the graves dos nossos amados édredon
E pure pionsly tapáudolos in their sleep
Dal pallio glorios das virgens und infants.
With the mind's eye ti sequo sobre l'europa estasa,
On the vas Northern pianure dormida, nitida nix,
Oder on lone Karpathian slopes donde, zapada,
Nigrorum brazilor albo disposa velo bist du.
Doch in loco nullo more te colunt els meus pensaments
Quam un Esquilino Monte, ove della nostra Roma
Corona de platas ores,
Dum alta iaces on the fields so duss kein Wege seve,
Yel alma, d'ici détachée, su camin finds no cêo.
Il joue sur la musicalité des mots, le mélange des langues empêche de saisir pleinement sa signification, ce qui permet de se laisser pleinement bercer par les sons. Ce qui est intéressant c'est que le poète propose à la suite sa "réduction au français":
Encore une année et te revoici déjà parmi nous,
Pauvre et petit, sur les tombes de nos aimés, édredon,
Et pourtant les recouvrant pieusement dans leur sommeil
Du pallium glorieux des vierges et des enfants.
Des yeux de la pensée je te suis sur l'Europe étendue,
Ou sur des pentes solitaires des Carpathes, où tu es, neige,
Des noirs sapins blancs voile de mariée.
Mais en aucun lieu mes pensers ne te vénèrent plus
Que sur le mont Esquilin où tu es de notre Rome
Couronne d'argent,
Tandis que tu recouvres profondément les champs, cachant les routes,
Et que l'âme, d'ici détachée, trouve son chemin dans les cieux.
Là, on saisit le sens, et peut-être un peu moins le travail musical sur les mots.

Un poème c'est de la musique et du sens, même si le premier semble incompréhensible à la première lecture, il porte un sens comme le montre la "traduction" qui le suit.
Ondine
Je ne suis pas persuadée que le premier poème soit plus musical que le second. Ce n'est qu'un exercice de style. Il me fait un peu l'effet poudre aux yeux.
Mais ce n'est que mon avis…Il faudrait que quelqu'un qui maîtrise la prononciation de toutes les langues le lise à voix haute pour voir vraiment ce que ça donne.
Ce poème accroche mon attention car sa musique se nourrit de celle de chaque langue. C'est un peu comme les chansons en anglais que l'on passe à la radio et que les gens aiment même s'ils n'y comprennent rien. C'est la musique de l'anglais qu'ils apprécient avant tout. C'est la musique de ce poème, différente, originale, que j'apprécie avant tout. La version française est musicale également, mais différemment, c'est vrai qu'il n'y a pas de hiérarchie à établir entre les deux.
Bonjour Ondine,

C'est une bonne démonstration que tu nous proposes.

Si on lit "rapidement" le premier poème, en essayant de ne pas en saisir le sens, on est persuadé d'un texte "léger", "plaisant", "heureux", "gai", etc.
Justement, à cause de ses sonorités.

La traduction est "grave" ; et pour le sens, et pour la musique.

Je crois que "l'exercice" de ce poète n'est pas de proposer un texte musical et un autre qui ne le serait pas.
Je pense qu'il démontre notre rapport à notre langue.

Sans doute le deuxième texte paraîtra "joyeux" à certains non-francophones…

Le rythme compte en musicalité, mais les sons aussi, comme des notes : un "la" ; un "si" ; un "do"…

Chaque langue a ses codes, ses perceptions.

Muriel

P.S. D'ailleurs, je crois qu'on est poussé à faire cette analyse par les seuls mots français : "pauvre et petit", qui paraissent presque "inadaptés" tellement le poème "sonne" la joie.

P.P.S.
Entre :
E pure pionsly tapáudolos in their sleep
et :
Et pourtant les recouvrant pieusement dans leur sommeil
… c'est notable !
Bonjour Muriel, je suis entièrement d'accord avec toi.
La perception que nous avons des sons est donc liée au sens des mots. La tonalité de la mélodie du deuxième poème est liée au sens du poème.
Un poème en langue totalement étrangère nous permet d'effectuer une dissociation son-sens car nous percevons toujours les sons comme dans notre langue maternelle.
Ainsi « sleep », une syllabe, mot plutôt dynamique pour un français, comme une « pipe », « tulipe », des mots qui sonnent, loin de l'engourdissement du long « sommeil » et des « m » centraux.
Peut-être qu'un anglais percevra le sommeil dans « sleep » grâce à l'allongement du « i », un son qui n'existe pas en français, et qui par exemple permet de faire la distinction avec « slip of the tongue », i court, qui signifie « lapsus ».
Chaque langue a ses réseaux de correspondance entre sons et sens. Le premier poème est à mon avis une fenêtre ouverte sur la diversité des langues et met en abyme le pouvoir musical des mots, qu'ils soient de notre langue ou d'une autre, il montre la relativité de chaque système son-sens.
Euh désolé mais je trouve que mon sujet de dissertation a un peu dérivé sur le poème de Valéry alors si quelqu'un pouvait juste m'aider à trouver un plan ce serait fantastique. Il faudrait que je trouve les différentes fonctions de la poésie hormis la musicalité du poème et en faire un plan.

Merci d'avance pour ceux qui pourront m'aider.
Bonjour Chibymoon,

Ondine n'a pas cité ce poème pour qu'on l'aide… c'était dans le but de t'aider, toi. Elle a voulu te proposer des pistes de réflexion. Son message t'était adressé.

Muriel
Je sais bien et je l'en remercie mais malheureusement çà ne m'a pas beaucoup aidé.

Cependant, çà me donne un bon exemple que je pourrait citer dans ma dissertation.
Alors, lis cette fiche du site.

Muriel
Je trouve que Chimyboom devrait maintenant faire part de ses réflexions persos, au lieu d'attendre qu'on bosse ou réfléchisse pour elle
J'attends pas qu'on réfléchisse pour moi, je bloque, çà peut arriver.
Je pensais que je pourrai peut-être proposer une partie sur la beauté de l'écriture (poème en prose, l'art pour l'art du Parnasse …), la poésie : véritable instrument de cause (poésie didactique : fable, la satire, la poésie engagée …) puis une dernière sur la révélation des sens cachés du monde par rapport à la poésie (réflexions philosophiques, poésie symboliste. Mais bon je suis pas du tout sûre de ce que j'avance alors si quelqu'un pouvait me donner un avis. Merci.
Je pense qu'il faut que tu gardes la musique comme fil de ta réflexion, quel rôle joue la musicalité dans un poème? C'est vraiment central la musique dans un poème, il faut que tu partes de là.
En latin carmen veut dire chant et vers, la poésie est dès sa naissance liée à la musique. Donc dans tout ce que tu as cité pour faire ton plan, étudie le rôle de la musicalité.

Il faut réfléchir à une problématique: la musicalité fait-elle seule le poème? Dans quelle mesure est-elle nécessaire à son sens? Quel rôle joue t-elle exactement dans un poème engagé par exemple?
Bonsoir Chibymoon,

As-tu lu le poème en question ?
Verlaine, Art poétique

À Charles Morice
De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.
Il faut aussi que tu n'ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l'Indécis au Précis se joint.
C'est des beaux yeux derrière des voiles,
C'est le grand jour tremblant de midi,
C'est, par un ciel d'automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !
Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !
Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L'Esprit cruel et le rire impur,
Qui font pleurer les veux de l'Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine !
Prends l'éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d'énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ?
0 qui dira les torts de la Rime !
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d'un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?
De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée
Vers d'autres cieux à d'autres amours.
Que ton vers soit la bonne aventure
Éparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym…
Et tout le reste est littérature.
Muriel
bonjour,

Je doit faire une dissertation : Verlaine ouvre " son art poétique" en affirment : "De la musique avant toute chose". pensez-vous que cela puisse être le défi de la poésie ?

Je n'ai encore jamais fais de dissertation et je coince un peu, si vous avez des idées ou des conseils, ils sont les biens venus
Des idées, au pif:
PV n'a probablement jamais pratiqué un instrument.
Rimbaud, écrivant sur la Musique, décris surtout une espèce de fanfare de village.
Les poètes, en quoi sont-il qualifiés d'en parler?

Par contre, que leurs lecteurs trouvent de la musique dans la poésie, ça m'est bcp plus compréhensible.
Il est aussi vrai que la poésie de Verlaine (et Rimbaud) a trouvé des compositeurs.

Que dit PV par la suite dans son "Art Poétique"?
Le ton de ce poème (regarde la dernière ligne) est-il d'une grande profondeur dans le genre "critique"?

La poésie, ne connaît-elle que "toujours la musique" comme "défi"?
je crois plutôt que la thèse de voltaire est qu'il faut privilégier la musicalité en poésie.
on peut répondre par exemple quelque chose comme: ne peut on pas privilégier:-le sens
-la forme le style l'aspect visuel
-l'image (vision perso)
voila si j'ai pût t'aider ce fut avec plaisir!!
max.
La thèse de Verlaine non ? 🙂

JSC, les poètes sont dans la musique des mots…
JSC, les poètes sont dans la musique des mots…
Bonsoir, Léah.
Les paramètres essentiels de la musique sont hauteur, durée, intensité.
Dans un moindre degré: attaque et enveloppe de la note, timbre, silence.

Il me semble difficile à transposer la plupart de ces paramètres sur un 'ensemble' de mots tel la poésie. 🙂

Si le poète est dans les mots, comment les écrire? 😉
kmii a écrit :"De la musique avant toute chose". pensez-vous que cela puisse être le défi de la poésie ?
Apparemment, il faut rappeler régulièrement, c'est dommage, que ce texte est avant tout une parodie.
Par ailleurs, regarde la date d'écriture du texte et la date d'écriture des principaux poèmes en vers impairs de Verlaine. Que faut-il en conclure ?

Verlaine revient énormément sur la musique. Et plusieurs titres comme Ariettes oubliées font référence explicitement à une éventuelle mise en musique.