Bonjour,
Je prépare un exposé sur Baudelaire et j'y fais référence au mal métaphysique qu'il ressent. J'ai bien défini et compris ce que c'était, j'ai simplement un doute sur le positionnement de Baudelaire par rapport à Dieu. J'ai tiré, d'après des premières recherches, que c'était une relation assez complexe et que je ne l'ai pas vraiment comprise. Voilà, j'espère que vous pourrez m'éclairer avant mars.
Merci
Nina
Baudelaire n'est pas catholique (il ne croit pas au salut ni à la miséricorde), il a même versé dans le satanisme comme plusieurs artistes de son temps.
C'est un révolté qui défie Dieu, veut le concurrencer. Le poète a pour vocation de recréer un monde mal fait.
C'est ce qui permet de comprendre la "double postulation".
Dans sa volonté d’être l’égal de Dieu, dans cette quête de la beauté, le poète se révolte et se rend coupable d’effraction en cherchant de son vivant une réalité accessible seulement après la mort. C’est la « double postulation » exprimée dans « Mon cœur mis à nu » : « Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l’une vers Dieu, l’autre vers Satan. L’invocation à Dieu, ou spiritualité, est un désir de monter en grade ; celle de Satan, ou animalité, est une joie de descendre ».
La religion est une affaire d'esthète, Baudelaire apprécie le decorum, les parfums capiteux de l'encens, des plaisirs rares et surannés.
Mais il se voit comme d'autres romantiques maudit, expulsé du paradis. Dieu existe comme juge hautain, éloigné, impassible devant les souffrances des hommes.
Pour Baudelaire la religion est synonyme de faute, de condamnation, de morale, de réprobation, de péché, il parle de sa "religion travestie". Pour lui, il n'y a pas de salut.
Voilà ce qui paraît dans sa poésie, mais que se passe-t-il réellement dans son âme ? Il est certain que Baudelaire prend la pose du dandy, en rajoute dans sa haine des mesquineries bourgeoises bien-pensantes.
Ce qui demeure est une angoisse bien réelle, une souffrance métaphysique, le "spleen" torturant, une insatisfaction profonde qui conduit le poète au mysticisme, à sacraliser l'Art.