Comment se caractérise la description d’un lieu de divertissement dans ces deux extraits ?

Entraide scolaire

2 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour tout le monde & Merci d'avance 🙂

J'ai un corpus : Chapitre 16 de Germinie Lacerteux - Les frères de Goncourt
Incipit Nana - E.Zola
Texte 1 :
C’était bal à la Boule-Noire, un jeudi. On dansait.
La salle avait le caractère moderne des lieux de plaisir du peuple. Elle était éclatante d’une richesse fausse et d’un luxe pauvre. On y voyait des peintures et des tables de marchands de vin, des appareils de gaz dorés et des verres à boire un poisson d’eau-de-vie, du velours et des bancs en bois, les misères et la rusticité d’une guinguette dans le décor d’un palais de carton.
Des lambrequins de velours grenat avec un galon d’or, pendus aux fenêtres, se répétaient économiquement en peinture sous les glaces éclairées d’un bras à trois lumières. Aux murs, dans de grands panneaux blancs, des pastorales de Boucher, cerclées d’un cadre peint, alternaient avec les Saisons de Prudhon, étonnées d’être là ; et sur les dessus des fenêtres et des portes, des Amours hydropiques jouaient entre cinq roses décollées d’un pot de pommade de coiffeur de banlieue. Des poteaux carrés, tachés de maigres arabesques, soutenaient le milieu de la salle, au centre de laquelle une petite tribune octogone portait l’orchestre. Une barrière de chêne à hauteur d’appui et qui servait de dossier à une maigre banquette rouge, enfermait la danse. Et contre cette barrière, en dehors, des tables peintes en vert, avec des bancs de bois se serraient sur deux rangs, et entouraient le bar avec un café.
Dans l’enceinte de la danse, sous le feu aigu et les flammes dardées du gaz, étaient toutes sortes de femmes vêtues de lainages sombres, passés, flétris, des femmes en bonnet de tulle noir, des femmes en paletot noir, des femmes en caracos élimés et râpés aux coutures, des femmes engoncées dans la palatine en fourrure des marchandes en plein vent et des boutiquières d’allées. Au milieu de cela pas un col qui encadrât la jeunesse des visages, pas un bout de jupon clair s’envolant du tourbillon de la danse, pas un réveillon de blanc dans ces femmes sombres jusqu’au bout de leurs bottines ternes, et tout habillées des couleurs de la misère. Cette absence de linge mettait dans le bal un deuil de pauvreté ; elle donnait à toutes ces figures quelque chose de triste et de sale, d’éteint, de terreux, comme un vague aspect sinistre où se mêlait le retour de l’Hôpital au retour du Mont-de-piété !
Une vieille en cheveux, la raie sur le côté de la tête, passait, devant les tables, une corbeille remplie de morceaux de gâteau de Savoie et de pommes rouges. De temps en temps la danse, dans son branle et son tournoiement, montrait un bas sale, le type juif d’une vendeuse d’éponges de la rue, des doigts rouges au bout de mitaines noires, une figure bise à moustache, une sous-jupe tachée de la crotte de l’avant-veille, une crinoline d’occasion forcée et toute bossue, de l’indienne de village à fleurs, un morceau de défroque de femme entretenue.
Les hommes avaient le paletot, la petite casquette flasque rabattue par derrière, le cache-nez de laine dénoué et pendant dans le dos. Ils invitaient les femmes en les tirant par les rubans de leurs bonnets, volant derrière elles. Quelques-uns, en chapeaux, en redingotes, en chemises de couleur ; avaient un air de domesticité insolente et d’écurie de grande maison,
Tout sautait et s’agitait.

Texte 2 :
À neuf heures, la salle du théâtre des Variétés était encore vide. Quelques personnes, au balcon et à l’orchestre, attendaient, perdues parmi les fauteuils de velours grenat, dans le petit jour du lustre à demi-feux. Une ombre noyait la grande tache rouge du rideau ; et pas un bruit ne venait de la scène, la rampe éteinte, les pupitres des musiciens débandés. En haut seulement, à la troisième galerie, autour de la rotonde du plafond où des femmes et des enfants nus prenaient leur volée dans un ciel verdi par le gaz, des appels et des rires sortaient d’un brouhaha continu de voix, des têtes coiffées de bonnets et de casquettes s’étageaient sous les larges baies rondes, encadrées d’or. Par moments, une ouvreuse se montrait, affairée, des coupons à la main, poussant devant elle un monsieur et une dame qui s’asseyaient, l’homme en habit, la femme mince et cambrée, promenant un lent regard.
Deux jeunes gens parurent à l’orchestre. Ils se tinrent debout, regardant.
— Que te disais-je, Hector ? s’écria le plus âgé, un grand garçon à petites moustaches noires, nous venons trop tôt. Tu aurais bien pu me laisser achever mon cigare.
Une ouvreuse passait.
— Oh ! monsieur Fauchery, dit-elle familièrement, ça ne commencera pas avant une demi-heure.
— Alors, pourquoi affichent-ils pour neuf heures ? murmura Hector, dont la longue figure maigre prit un air vexé. Ce matin, Clarisse, qui est de la pièce, m’a encore juré qu’on commencerait à neuf heures précises.
Un instant, ils se turent, levant la tête, fouillant l’ombre des loges. Mais le papier vert dont elles étaient tapissées les assombrissait encore. En bas, sous la galerie, les baignoires s’enfonçaient dans une nuit complète. Aux loges de balcon, il n’y avait qu’une grosse dame, échouée sur le velours de la rampe. À droite et à gauche, entre de hautes colonnes, les avant-scènes restaient vides, drapées de lambrequins à longues franges. La salle blanche et or, relevée de vert tendre, s’effaçait, comme emplie d’une fine poussière par les flammes courtes du grand lustre de cristal.
— Est-ce que tu as eu ton avant-scène pour Lucy ? demanda Hector.
— Oui, répondit l’autre, mais ça n’a pas été sans peine… Oh ! il n’y a pas de danger que Lucy vienne trop tôt, elle !
Il étouffa un léger bâillement ; puis, après un silence :
— Tu as de la chance, toi qui n’as pas encore vu de première… La Blonde Vénus sera l’événement de l’année. On en parle depuis six mois. Ah ! mon cher, une musique ! un chien !… Bordenave, qui sait son affaire, a gardé ça pour l’Exposition.
Hector écoutait religieusement. Il posa une question.
— Et Nana, l’étoile nouvelle, qui doit jouer Vénus, est-ce que tu la connais ?
— Allons, bon ! ça va recommencer ! cria Fauchery en jetant les bras en l’air. Depuis ce matin, on m’assomme avec Nana. J’ai rencontré plus de vingt personnes, et Nana par-ci, et Nana par-là ! Est-ce que je sais, moi ! est-ce que je connais toutes les filles de Paris !… Nana est une invention de Bordenave. Ça doit être du propre !
Il se calma. Mais le vide de la salle, le demi-jour du lustre, ce recueillement d’église plein de voix chuchotantes et de battements de porte, l’agaçaient.

Alors la question du corpus : Comment se caractérise la description d'un lieu de divertissement dans les 2 extraits ?

J'en ai un peu besoin pour Dimanche donc j'attends votre aide au plus vite sinon j'ai pensé parlé de la description réaliste mais je ne sais pas quoi dire d'autre !
Examine les couleurs, les bruits, la lumière, la vie… ou leur absence dans l'attente…
Pour le premier texte, tu peux noter et développer le paradoxe initial : "La salle avait le caractère moderne des lieux de plaisir du peuple. Elle était éclatante d’une richesse fausse et d’un luxe pauvre."
Pour le second, il s'agit d'un théâtre à l'ameublement plus classique…