Bonjour,
Je recherche les noms d'écrivains qui ont écrit sur la Shoah ou sur le destin des personnes juives pendant le XXème siècle. Le genre m'importe peu. J'ai bien sûr pensé à Charlotte Delbo et à Primo Lévy, mais je me demande si ce sujet est répandu.
Je vous remercie par avance ! 🙂
Nonette
Bonjour,
Ce ne sont pas forcément tous des écrivains mais voici toujours quelques oeuvres reconnues:
Robert Merle, La Mort est mon métier
Anne Frank, Journal
Martin Gray, Au nom de tous les miens
Primo Levi, Si c'est un homme
André Schwarz-Bart, Le Dernier des Justes
William Styron, Le Choix de Sophie
Elie Wiesel, La Nuit
Bonjour,
A la liste précédente j'ajouterai une œuvre littéraire, à savoir :
Imre Kertész, Être sans destin
Et une BD, la seule à ce jour à avoir reçu le prix Pulitzer :
Art Spiegelman, Maus
Personnellement, j'ai été davantage marqué par Primo Levi et Imre Kertész.
Bonjour.
Oui, ce thème est plutôt répandu dans les écrits de la deuxième moitié du XXème siècle et du XXIème siècle.
Je dirais :
Si c'est un homme de Primo Levi (autobiographie très réaliste et assez dure)
le très connu Journal d'Anne Frank
basé sur la même histoire, Mon amie Anne Frank d'Alison Leslie Gold
Elle s'appelait Sarah de Tatiana de Rosnay (un film a été fait sur cette histoire).
C'est tout ce qui me vient à l'esprit, pour les romans.
Au revoir ! 🙂
Bonjour,
merci de vos réponses. En effet le thème est répandu, mais comme l'a fait remarqué justement Titania : "Ce ne sont pas tous des écrivains". En fait, je remarque que la plupart des écrits sont des témoignages et que si l'on parle de la catastrophe, c'est souvent en montrant des personnes déshumanisées.
Ma question est donc : existe-t'il des oeuvres traitant de la Shoah de manières littéraires ? Ou plutôt peut-on fictionnaliser un thème aussi difficile à aborder ?(Je prendrais l'exemple de Phillipe Claudel dans le Rapport Brodeck qui ne mentionne jamais les mots juifs, nazis… Ou encore celle d'écrivains qui choisissent le rire ou la distanciation pour parler de ce sujet.)
D'ailleurs connaissez-vous des pièces de théâtre, des poèmes ou des romans qui évoquent ce drame ?
Merci à vos réponses qui vont m'aider à avancer. (Je n'ai pas lu certaines oeuvres.) 🙂
Bonne soirée à tous.
nonette
Alors… Comme c'est ma "spécificité" de recherche j'aurais beaucoup de noms à donner, mais plus succinctement (en plus de Levi et de Wiesel) :
-Imre Kertész, Etre sans destin (roman écrit par un survivant des camps et qui suit un jeune adolescent déporté à Auschwitz puis à Buchenwald et dans un camp-annexe. Le texte est composé comme un roman d'apprentissage "à l'envers", le personnage principal apprenant en fait à mourir et à déchiffrer les signes de la menace de mort imminente)
-De Kertész aussi, même s'il ne traite pas explicitement de la Shoah, le magnifique Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas
-Robert Antelme, L'espèce humaine (Antelme était un déporté politique mais il a décrit avec une très grande force l'expérience du camp)
-Charlotte Delbo, mille fois oui ! Sa trilogie Auschwitz et après, mais aussi Spectre, mes compagnons, La Mémoire et les jours, son théâtre… Son oeuvre est d'une telle humanité dans sa peinture des solidarités féminines qu'on oublie qu'elle était une déportée politique et qu'elle ne traite que de biais de la Shoah
-Piotr Rawicz, Le Sang du ciel (roman extraordinaire sur la survie dans le ghetto, sur la lutte cynique pour la survie… Rawicz l'a écrit en français, sa 6e langue, et c'est bluffant, je n'en dis pas plus)
-Aharon Appelfeld, Tsili et Histoire d'une vie (mais globalement toute l'oeuvre d'Appelfeld traite de la Shoah), oeuvres sur la survie d'enfants en fuite, cachés, qui font l'expérience de la perte (de la mère en particulier) et doivent dire leur survie dans une autre langue, l'hébreu
-Ruth Klüger, Refus de témoigner, témoignage très iconoclaste sur cette période vue par une petite fille (le texte est écrit par Klüger à l'âge adulte)
-Georges-Arthur Goldschmidt, Le Poing dans la bouche / La Traversée des fleuves (Goldschmidt raconte sa traversée de la guerre comme enfant caché, pris entre deux langues, l'allemand et le français)
-Jerzy Kosinski, L'Oiseau bariolé (un enfant-paria dans une Pologne hostile ; le roman joue avec les codes du conte horrifique, c'est parfois très éprouvant mais Kosinski était une figure vraiment fascinante, voir la récente "biographie" de J. Charyn)
-Cordelia Edvardson, L'enfant brûlée recherche le feu (dans la tonalité c'est entre Kertész et Klüger sauf que ce texte porte sur le quotidien d'une enfant dans l'Allemagne nazie)
-Ettel Hannah, Le Caillou de lune (petit bijou sur l'enfance cachée, sur la langue d'un enfant qui ne comprend pas)
-Jurek Becker, Jakob le menteur
-Edgar Hilsenrath, Nuit / Le nazi et le barbier (l'auteur travaille souvent le grotesque, le cynisme)
-Leïb Rochman, A pas aveugles de par le monde (récemment publié en poche)
-Anatoli Kouznetsov, Babi Yar (sur la Shoah par balles)
-Même s'il n'était pas juif, quand même L'écriture ou la vie de Jorge Semprun
Des poètes de la Shoah, qu'ils aient été eux-mêmes juifs ou non (même si les réduire à ça…) : Avrom Sutzkever (très très grand poète de langue yiddish), Itzhak Katzenelson (Le Chant du peuple juif assassiné), Uri Orlev (poèmes écrits à Bergen-Belsen quand il était enfant), Paul Celan bien sûr, Nelly Sachs, Rose Ausländer, Miklos Radnoti (https://aquariumvert.wordpress.com/tag/miklos-radnoti/), Tadeusz Borowski, Wladyslaw Szlengel… Voir aussi les anthologies :
BEAUVOIS, D., BERES, S., DELMAIRE, J.-M., LAURENT M. (dir.), Poètes de l’apocalypse (polonais, hébreu, yiddish 1939-1945), Presses Universitaires de Lille, 1991
DOBZYNSKI, Charles, Le Miroir d’un peuple, anthologie de la poésie yiddish, 1987
MATHIEU, François, Poèmes de Czernowicz. Douze poètes juifs de langue allemande, Laurence Teper, 2008
Du théâtre : Delbo encore une fois, Verfügbar aux enfers de Germaine Tillion, L'Instruction de Peter Weiss
Des journaux : certes Anne Frank mais aussi Hélène Berr, Janusz Korczak et la bouleversante Etty Hillesum
Voir aussi les fictions d'enfants cachés (Georges Perec, la Dora Bruder de Modiano, l'oeuvre de Sebald même s'il est né en 1944…), Charles Reznikoff (Holocauste, sorte de récitatif relevant de l'objectivisme par un poète américain)…
Je me suis essentiellement limitée à des oeuvres, pour le coup littéraires, de personnes ayant été témoins et/ou victimes de la Shoah. Il y a de quoi faire…
L'Ecriture ou la vie de Semprun, Si c'est un homme de Primo Lévi, ou Elle s'appelait Sarah, le plus récent, de Tatiana de Rosnay 🙂