Bonjour,
Je m'intéresse à la prononciation originelle du moyen français telle que parlée par François Villon lorsqu'il composa sa ballade Frères humains qui après nous vivez…
Voici cette ballade de Villon dans son texte originel, tel qu'on le retrouve dans la plus ancienne édition de ses œuvres, celle de Pierre Levet, parue en 1489:
Sur Wikipédia je trouve la définition suivante de la grande ballade:
J’ai écouté un certain nombre d’enregistrements que l’on peut trouver sur le web et tous les diseurs de ce poème, sans exceptions, prononcent seulement trois rimes, en plus d’une autre “rime”, sans correspondance. Si je prends le premier dizain du poème, les rimes sont les suivantes:
A -ez prononcé “é”
B -is prononcé “i”
A -ez prononcé “é”
B -iz prononcé “i”
B? -ix prononcé “isse” (“rime” surnuméraire, sans correspondance)
C -ie prononcé “i” (pareil que la rime B)
C -ie prononcé “i” (pareil que la rime B)
D -ouldre --
C -ie prononcé “i” (pareil que la rime B)
D -ouldre --
Nous avons donc:
A --> “é”
B1 --> “i”
B2 --> “isse” (?)
C --> “i”
D --> “ouldre”
La prononciation moderne de ce poème n’a donc ni queue ni tête.
C ne peut pas être la même rime que B et les rimes B doivent toutes être prononcées de la même manière.
Si la rime notée B2 du premier dizain est prononcée en "isse" il s'ensuit que les rimes dans cette même position des deux autres dizains doivent aussi être prononcées de la même manière. Or dans les enregistrements que j'ai écoutés, cette rime est toujours prononcée comme B1 ("i") dans les dizains 2 et 3.
Comment prononcait-on les lettres écrites dans la deuxième moitié du XVe siècle? Doit-on prononcer les consonnes finales à la fin de chaque mot? à la fin du vers seulement? La rime finale du premier vers se termine t-elle donc sur la lettre “s” ou “z”(vivezz)? autant que la rime finale du deuxieme vers “endurcis” (endurciss)?
Je m'intéresse à la prononciation originelle du moyen français telle que parlée par François Villon lorsqu'il composa sa ballade Frères humains qui après nous vivez…
Voici cette ballade de Villon dans son texte originel, tel qu'on le retrouve dans la plus ancienne édition de ses œuvres, celle de Pierre Levet, parue en 1489:
Frères humains qui après nous vivezCe poème est ce qu’on appelle une grande ballade, forme poétique tres usitée au Moyen-Âge.
N'ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, se pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tost de vous merciz.
Vous nous voyez cy attachez cinq, six
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est pieça devoree et pourrie,
Et nous les os, devenons cendre et pouldre.
De nostre mal personne ne s'en rie :
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!
Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir desdain, quoy que fusmes occiz
Par justice. Toutesfois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassiz;
Excusez nous, puis que sommes transis,
Envers le filz de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale fouldre.
Nous sommes mors, ame ne nous harie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!
La pluye nous a débuez et lavez,
Et le soleil desséchez et noirciz:
Pies, corbeaulx nous ont les yeulx cavez
Et arraché la barbe et les sourciz.
Jamais nul temps nous ne sommes assis;
Puis ça, puis la, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charie,
Plus becquetez d'oiseaulx que dez à couldre.
Ne soyez donc de nostre confrarie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!
Prince Jhesus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A luy n'avons que faire ne que souldre.
Hommes, icy n'a point de mocquerie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre.
Sur Wikipédia je trouve la définition suivante de la grande ballade:
La grande ballade est composée de trois dizains de décasyllabes et un quintil de décasyllabes, l'envoi ; et utilise quatre rimes A, B, C, D.
Les rimes dans les trois dizains sont disposées ABABBCCDCD, dans l’envoi elles sont CCDCD. Les dizains présentent donc une symétrie axiale de deux strophes disposées 12122 22121.
J’ai écouté un certain nombre d’enregistrements que l’on peut trouver sur le web et tous les diseurs de ce poème, sans exceptions, prononcent seulement trois rimes, en plus d’une autre “rime”, sans correspondance. Si je prends le premier dizain du poème, les rimes sont les suivantes:
A -ez prononcé “é”
B -is prononcé “i”
A -ez prononcé “é”
B -iz prononcé “i”
B? -ix prononcé “isse” (“rime” surnuméraire, sans correspondance)
C -ie prononcé “i” (pareil que la rime B)
C -ie prononcé “i” (pareil que la rime B)
D -ouldre --
C -ie prononcé “i” (pareil que la rime B)
D -ouldre --
Nous avons donc:
A --> “é”
B1 --> “i”
B2 --> “isse” (?)
C --> “i”
D --> “ouldre”
La prononciation moderne de ce poème n’a donc ni queue ni tête.
C ne peut pas être la même rime que B et les rimes B doivent toutes être prononcées de la même manière.
Si la rime notée B2 du premier dizain est prononcée en "isse" il s'ensuit que les rimes dans cette même position des deux autres dizains doivent aussi être prononcées de la même manière. Or dans les enregistrements que j'ai écoutés, cette rime est toujours prononcée comme B1 ("i") dans les dizains 2 et 3.
Comment prononcait-on les lettres écrites dans la deuxième moitié du XVe siècle? Doit-on prononcer les consonnes finales à la fin de chaque mot? à la fin du vers seulement? La rime finale du premier vers se termine t-elle donc sur la lettre “s” ou “z”(vivezz)? autant que la rime finale du deuxieme vers “endurcis” (endurciss)?



