Soit le vers de Plaute:
Ne quis miretur, qui sim, paucis eloquar.
A: «Ne quis
miretur, qui sim»
Dans la proposition principale, il y a un subjonctif exhortatif négatif (j'ai vu cela dans la grammaire 😀 ), d'où la négation «ne». La proposition subordonnée complétive (plus précisément, interrogative indirecte) est, elle aussi, au subjonctif présent. En revanche, je ne parviens pas à comprendre pourquoi Plaute a utilisé de telles pronoms. Qu'en pensez-vous?
J'avoue ne pas voir de subjonctif dans la principale: paucis eloquar: eloquar est un indicatif futur simple." "Je vais dire en peu de mots…"
ne quis miretur est une proposition de but négative dans laquelle " quis" équivaut à " aliquis": " pour que qqn ne s'étonne pas= pour que personne ne s'étonne, ne se demande avec étonnement".
qui sim est une interrogation indirecte introduite par "qui" ici pronom interrogatif insistant sur la qualité, les caractéristiques.
"Pour que personne ne soit étonné, je vais dire en peu de mots qui je suis": je crois que l'interrogation indirecte " qui sim" peut être amenée par "eloquar".
La prudence demande d'attendre d'autres avis! Cordialement et bonne année!
qui sim se rattache à miretur :
"Pour que personne ne se demande avec étonnement qui je suis, je vais l'exposer en quelques mots"
Je le pense également. J' envisageais " qui sim amené par eloquar" comme pure hypothèse suite à l'article de Guy Serbat " Le verbe introducteur de la subordonnée interrogative" (accessible sur la toile). Mais " miretur" a plus de poids!
Cordialement
Par contre, il ne faut pas de virgule entre miretur et qui sim.
«Ne quis miretur, qui sim, paucis eloquar.»
A: Ne vous demandez pas qui je suis, en deux mots je vais vous le dire. (Alfred Ernout)
«Ne quis miretur qui sim, paucis eloquar.»
1 proposition principale
SUBJONCTIF (Ne quis miretur) + 1 proposition subordonné complétive/
interrogative indirecte SUBJONCTIF(qui sim) / 1 proposition indépendante INDICATIF (paucis eloquar)
- SUBJONCTIF = défense (3ème personne singulier)
B: Pour que personne ne se demande qui je suis, je m'exprimerai en peu de mots. (
https://www.google.com//V7QJ8h)
«Ne quis miretur, qui sim, paucis eloquar.»
1 proposition
subordonnée de but SUBJONCTIF (+ 1 proposition subordonnée complétive/i.i.) + 1 proposition principale INDICATIF
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Les deux analyses sont consacrées par la grammaire. Le seul doute demeure dans les virgules. Quelles influences son (in)existence apporterait-elle? Des règles d'usage pour ce cas… Coordination asyndétique en latin? Subordination par le biais de virgule(s)?
La ponctuation n'existait pas.
Les deux virgules de quelques éditions manifestent-elles la volonté de montrer que qui sim se rapporte à la fois à miretur et à eloquarQue mon aspect ne vous étonne pas; deux mots vont vous le faire connaître : … (traduction Naudet) avec la reprise par "le".
On trouve aussi : Ne quis miretur, qui sim paucis eloquar : Afin que personne ne fasse l'étonné, je vous dirai en peu de mots qui je suis. (traduction de J.B. Levée).
Donc au choix…
J'ai absolument aimé votre commentaire, Anne345. Quelle belle analyse! Cependant ( il y en a toujours un 😀 ), j'aimerais voir éclairé un petit doute. Quand vous dites «La ponctuation n'existait pas», vous voulez vraiment dire que les virgules (et les autres signes de ponctuation, vous savez) sont ajoutées à la volonté (selon la construction syntaxique/sémantique des phrases, bien entendu) des traducteurs/éditeurs? Par conséquent, les versions qu'on fasse à partir de ces textes «choisis» seront obligatoirement conditionnés (en l'occurence, cela se passait à cause des virgules)…
Plaute ignorait le point, la virgule et les espaces entre les mots.
Tout est dans la syntaxe, ne pas tenir compte de la ponctuation des éditeurs modernes.
Bien évidemment. Quand je parlais de ponctuation, j'évoquais les éditions modernes.
Le verbe miror étant en principe toujours transitif, je me suivrais pas la traduction de J. B. Levée, citée par Anne.
Parlons (encore) un petit peu de la ponctuation en latin! Je vous liste ci-dessous une webographie accréditée sur le sujet:
Maintenant, vous, les profs, enrôlez-vous! Bah, je plaisante… La guerre n'a pas (encore) commencé sur
etudes-litteraires.com (polysémie des mots…)! Je vous demande:
Je ne sais pas comment vous faites les tests de latin en France. Néanmoins, avez-vous déjà essayé de donner un texte d'étude pour version à vos élèves, n'étant ponctué que par le biais du système des trois points d'Aristophane de Byzance? Qu'en pensez-vous? Mots seulement en majuscules, pourquoi pas? Le plus lié possible à l'originel? Prédites-vous quelques réactions à cela?
Ouvrons les portes à l'originalité, à l'imagination!