Bonjour !
Excusez-moi pour cette faute qui perturbe la lecture. J'aurais dû vérifier mots par mots avant de le poster. Merci quand même d'avoir fais remarquer cette erreur. Pour ce qui est de ma question sur le plan et les problématiques, je vais tâcher de trouver des réponses toute seule.
Excusez-moi pour cette faute qui, certes ne change pas le sens de ce texte,
De quelle faute parlez-vous ? C'est
tout le texte qui est défiguré, et pas par vous.
Quant à dire que
cela ne change pas le sens du texte, je vous laisse l'entière responsabilité de cette opinion : changer les mots, c'est modifier les connotations.
Écrire :
comme si un plus petit enfant voulait en embrasser un second au lieu de
comme si un plus petit enfant voulait en accoler un plus grandelet, cela change beaucoup de choses : embrasser, c'est serrer dans
les bras,accoler c'est prendre par
le cou et
un plus grandelet est bien plus savoureux et plus imagé que
un second.
Quant à la problématique, nous vous en avons suggéré : l'anormal est-il normal ?
Vous avez raison ça change complétement le sens, mais je n'arrive pas à modifier le texte… Peut-être pourriez-vous poster le texte original ?
Oui, mais qu'est-ce qu'on t'a donné comme texte exactement ?
Pour en revenir au plan, ce plan convient-il? 🙂
I) Une description objective du monstre
A) un auteur peu impliqué
B) un enfant de caractère
C) un monstre d'apparence
II) un essai humaniste
A) le jugement de Dieu
B) la réflexion de l'auteur
C)
III) La dimension critique
A) la norme humaine
B) le message transmis
Merci de m'aider ou d'essayer. 🙂
Bonjour,
Quelqu'un pourrait-il, plus ou moins rapidement, m'expliquer le passage ci-dessous, et si peu commenté, de l'essai 30 du livre 2 ("D'un enfant monstrueux"):
"Ce double corps et ces membres divers, se rapportans à une seule teste, pourroient bien fournir de favorable prognostique au Roy de maintenir sous l’union de ses loix ces pars et pieces diverses de nostre estat ; mais, de peur que l’evenement ne le démente, il vaut mieux le laisser passer devant, car il n’est que de deviner en choses faictes : Ut quum facta sunt, tum ad conjecturam aliqua interpretatione revocantur. Comme on dict d’Epimenides qu’il devinoit à reculons."
Cordialement
Replaçons déjà le passage dans son contexte
Ce conte s’en ira tout simple, car je laisse aux médecins d’en discourir. Je vis avant hier un enfant que deux hommes et une nourrisse, qui se disoient estre le pere, l’oncle et la tante, conduisoyent pour tirer quelque sou de le montrer à cause de son estrangeté. Il estoit en tout le reste d’une forme commune, et se soustenoit sur ses pieds, marchoit et gasouilloit à peu pres comme les autres de mesme âge ; il n’avoit encore voulu prendre autre nourriture que du tétin de sa nourrisse ; et ce qu’on essaya en ma présence de luy mettre en la bouche, il le maschoit un peu, et le rendoit sans avaller ; ses cris sembloient bien avoir quelque chose de particulier ; il estoit âgé de quatorze mois justement. Au dessoubs de ses tétins, il estoit pris et collé à un autre enfant sans teste, et qui avoit le conduict du dos estoupé, le reste entier : car il avoit bien l’un bras plus court, mais il luy avoit esté rompu par accident à leur naissance ; ils estoient joints face à face, et comme si un plus petit enfant en vouloit accoler un plus grandelet. La jointure et l’espace par où ils se tenoient, n’estoit que de quatre doigts ou environ, en manière que si vous retroussiez cet enfant imparfait, vous voyez au dessoubs le nombril de l’autre : ainsi la cousture se faisoit entre les tetins et son nombril. Le nombril de l’imparfaict ne se pouvoit voir, mais ouy bien tout le reste de son ventre. Voylà comme ce qui n’estoit pas attaché, comme bras, fessier, cuisses et jambes de cet imparfait, demouroient pendants et branlans sur l’autre, et luy pouvoit aller sa longueur jusques à my jambe. La nourrice nous adjoustoit qu’il urinoit par tous les deux endroicts ; aussi estoient les membres de cet autre nourris et vivans, et en mesme point que les siens, sauf qu’ils estoient plus petits et menus. Ce double corps et ces membres divers, se rapportans à une seule teste, pourroient bien fournir de favorable prognostique au Roy de maintenir sous l’union de ses loix ces pars et pieces diverses de nostre estat ; mais, de peur que l’événement ne le démente, il vaut mieux le laisser passer devant, car il n’est que de deviner en choses faictes : Ut quum facta sunt, tum ad conjecturam aliqua interpretatione revocantur. Comme on dict d’Epimenides qu’il devinoit à reculons…
Montaigne nous décrit ici dans le détail un enfant malformé. Une seule tête et deux corps plus ou moins bien finis. On parlerait de nos jours de jumeaux siamois, si ce n'est qu'ils ont en principe deux têtes, même ces dernières sont reliées…
Ce qui paraît intéressant dans le passage que tu cites, c'est que l'auteur, (outre la réflexion sur ce qu'on appelle les monstruosités, les
choses contre-nature, qui en réalité ne le sont pas, puisque produites par la nature elle-même), en profite pour glisser une réflexion politique où il semble inviter le roi à l'union (une tête) d'un état divisé (les différentes parties).
Mais il est plus facile d'attendre que les choses arrivent et de les interpréter comme on veut, après qu'elle se sont passées que d'anticiper.
Je me disais bien qu'il y avait une réflexion politique…
Super, merci beaucoup !
Souvent, on trouve cet extrait du chapitre 30 avec des coupures, je ne sais pourquoi, car il n'est pas très long.
Mais la réflexion politique est incidente, ce n'est pas ce que Montaigne veut montrer en priorité. D'où la coupure finale (dommageable).
L’élève disposait peut-être du texte entier mais a peut-être seulement cité cette phrase, parce qu’il ne la comprenait pas à l’intérieur de ce chapitre où elle est effectivement incidente et typique de l’écriture digressive de Montaigne.