Montaigne, Essais, II, chapitre 30 - Je vis avant hier un enfant que deux hommes et une nourrisse…
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Bonjour ! 🙂
Je suis actuellement en 1ère ES et durant ces vacances, j'ai décidé de commencer à faire des fiches sur les lectures analytiques vues en cours, afin de faciliter mes révisions pour le BAC.
Je suis donc en train de faire une fiche sur Les Essais "Au sujet d'un enfant monstrueux" de Montaigne. J'ai finis de faire mon plan détaillé et je suis arrivé à la conclusion ou il faut trouver une ouverture ( qui soit en lien avec ce texte) , et c'est là que je bloque ! 😐
En cours, nous avons vu le texte 'De l'ire de Dieu' Des monstres et des prodiges d'Ambroise Paré , qui traite lui aussi du thème du monstre et je pensais peut-être en parler pour l'ouverture mais je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée. Ou bien, L'Odyssée d'Homère, chant IX (extrait) .
Pourriez-vous m'aider à trouver une ouverture pour ce texte s'il-vous-plaît ?
Merci d'avance 😉
Pourrais-tu nous communiquer ce plan ?
Bonjour ! 😀
Voici le plan que nous avons réalisé en cours :
I) Un essai (goût du savoir )
*C'est un témoin
*Une description très riche
*Démonstration au service de ses idées ( convaincre)
II) La question du monstre
*L'enfant
*Le monstre
*Regard scientifique
III) Un humaniste en action
*Question de Dieu (ferveur de la foi)
*La sagesse
*La réflexion sur l'Homme
Voilà pour le plan,et je voulais aussi savoir si il est possible d'utiliser une lecture complémentaire comme ouverture ( pour comparer ou mettre en relation des points communs ) ?
Si vous avez une idée pour l'ouverture, svp 😉
Merci d'avance;
Bonjour,
C'est une bonne idée de choisir un texte complémentaire comme ouverture à condition de définir précisément pour quelle visée.
Montaigne est confronté comme bien d'autres aux ratés de la création, à la question du mal, à la difficulté de concilier la monstruosité avec sa foi chrétienne. Le monstre est-il encore un homme ? Aujourd'hui encore ces questions se posent avec acuité et créent la polémique.
Il te faut donc insister sur les caractéristiques (ou les nouveautés) des réponses de l'Humanisme de la Renaissance.
Quelle est ta problématique ? 🙂
Bonjour Flowra44 🙂
Ma problématique est : Quels procédés utilise l'humaniste Montaigne pour apporter sa réflexion sur le monstre ?
Merci d'avance 😉
Je suis désolée de devoir vous faire remarquer que ce n'est pas une problématique, ce n'est qu'une question. La problématique doit mettre en lumière un problème que le développement va résoudre.
Vous pouvez très bien partir de votre question, mais n'en faites pas une problématique, c'est tout.
La problématique serait plutôt la suivante : comment Montaigne nous amène à dépasser notre étonnement face à ce que nous appelons l'anormalité.
Trois niveaux : le cas (ou les cas, car il y en a plusieurs) ; l'étonnement provenant du bouleversement de la "coustume" ; disparition de cet étonnement si l'on considère l'unité de la Nature prouvée par la Providence et la "raison universelle".
… sauf que ce n'est pas non plus une problématique, c'est toujours une question, le plan du commentaire.
Une problématique possible : normalité de l'anormal qui peut nous conduire sournoisement à l'anormalité du normal.
Ce n'est pas un sujet de dissertation, mais un commentaire de texte, et Montaigne ne va pas jusque là.
Nous appelons contre nature ce qui advient contre la coustume ; rien n'est que selon elle, quel qu'il soit. Que cette raison universelle et naturelle chasse de nous l'erreur et l'estonnement que la nouvelleté nous apporte.
Nous appelons contre nature ce qui advient contre la coustume ; rien n'est que selon elle, quel qu'il soit.
Donc, l'anormal
est normal, et le commentaire va devoir mettre ce fait en lumière.
… pour une fois que je trouvais une ouverture, moi qui tiens cette chose en horreur !
Ah ! c'est ça une ouverture (je n'ironise pas) ?
Bonsoir tout le monde !
J'ai étudié "Au sujet d'un enfant monstrueux" de Montaigne et je voudrais vous proposer quelques problématiques et un plan. Pourriez-vous me dire quelles problématiques correspondraient le plus au plan et s'il y a des choses à améliorer dans le plan, s'il vous plait ? J'espère que ça pourra te donner quelques pistes Margaux et si tu veux qu'on parle des textes étudiés depuis le début de l'année envoie moi un mp, comme ça on pourra s'échanger nos plans, problématiques…
Propositions de problématiques :
-Comment Montaigne, à travers une description objective de l'enfant monstrueux, justifie-t-il son existence de façon humaniste ?
-Comment Montaigne parvient-il, par la description et la réfléxion, nous démontrer qui est l'homme et qui est le monstre dans cet extrait ?
-En quoi Montaigne force-t-il notre réfléxion sur la monstruosté en nous invitant ou en défendant un idéal humaniste ?
Plan :
I-L'évocation objective du monstre
a) l'humanité de l'enfant
b) une étude scientifique des caractéristiques inhabituelles de l'enfant
c) l'infinie sagesse de Dieu
II-Une réfléxion humaniste
a) l'appel à la raison par Dieu
b) l'appel à la raison par des auteurs antiques
Les conseils sont les bienvenus, n'hésitez pas à me faire part de vos avis, merci !
L"infinie sagesse de Dieu n'est pas du ressort de l'évocation objective du monstre… D'autre part, je perçois mal la nécessité d'isoler les auteurs antiques.
Pourrais-tu poster le texte, car j'aimerais savoir si c'est tout l'essai II,30 de Montaigne que l'on t'a donné. Et as-tu lu la discussion précédente ? J'ai indiqué un "parcours" possible pour étudier ce texte…
Merci pour votre réponse. Il est vrai que l'infinie s'agesse de Dieu n'évoque pas l'image objective de l'enfant… Il faudrait que je trouve un autre axe. Par exemple, celui-ci conviendrait-il ?
I-Une image humaine de l'enfant
Pour ce qui sont des auteurs antiques, je fais référence à la citation de Cicéron que Montaigne utilise pour nous rappeler que l'étrange nous dérange dans nos habitudes. Et pour la problématique laquelle conviendrait le mieux à votre avis ?
Je vais jeter un coup d'oeil sur votre parcours pour l'étude du texte.
Voici le texte :
Je vis avant-hier un enfant que deux hommes et une nourrice, qui disaient être le père, l'oncle et la tante, conduisaient pour le montrer à cause de son étrangeté et pour tirer de cela quelque sou. Il était pour tout le reste d'une forme ordinaire et il se soutenait sur ses pieds, marchait et gazouillait à peu près comme les autres enfants de même âge […] ; ses cris semblaient bien avoir quelque chose de particulier ; il était âgé de quatorze mois tout juste. Au-dessous de ses tétins, il était attaché et collé à un autre enfant sans tête et qui avait le canal du dos bouche, le reste intact, car s'il avait un bras plus court que l'autre, c'est qu'il lui avait été cassé accidentellement à leur naissance ; ils étaient joints face à face et comme si un plus petit enfant voulait en embrasser un second […]. Les [êtres] que nous appelons monstres ne le sont pas pour Dieu, qui voit dans l'immensité de son ouvrage l'infinité des formes qu'il y a englobées ; et il est à croire que cette forme, qui nous frappe d'étonnement, se rapporte et se rattache à quelque autre forme d'un même genre, inconnu de l'homme. De sa parfaite sagesse1 il ne vient rien que de bon et d'ordinaire et de régulier ; mais nous n'en voyons pas l'arrangement2 et les rapports. « Quod crebro videt, non miratur, etiam si cur fiat nescit. Quod ante non vidit, id, si evenerit, ostentum esse censet.3 » Nous appelons « contre nature » ce qui arrive contrairement à l'habitude : il n'y a rien, quoi que ce puisse être, qui ne soit pas selon la nature. Que cette raison universelle et naturelle chasse de nous l'erreur et l'étonnement que la nouveauté nous apporte.
Première remarque, ce n'est pas le texte.
Non seulement il y a une énorme coupure, malheur inévitable si l'on veut calibrer des texte pour l'oral, mais surtout, les phrases ont été réécrites :
Texte cité :
Je vis avant-hier un enfant que deux hommes et une nourrice, qui disaient être le père, l'oncle et la tante, conduisaient pour le montrer à cause de son étrangeté et pour tirer de cela quelque sou.
Texte de l'édition Pierre Villey,qui fait référence :
Je vis avant-hier un enfant que deux hommes et une nourrice, qui se disaient être le père, l'oncle et la tante, conduisaient pour tirer quelque sou de le montrer à cause de son étrangeté.
Texte cité :
Nous appelons « contre nature » ce qui arrive contrairement à l'habitude : il n'y a rien, quoi que ce puisse être, qui ne soit pas selon la nature.
Texte Villey :
Nous appelons « contre nature » ce qui advient contre la coutume : rien n'est que selon elle, quel qu'il soit.
Deux exemples de cette altération dont les raisons m'échappent…
Quoi qu'il en soit, je veux bien me pencher sur un texte de Montaigne, je refuse d'investir sur un plagiat anonyme.
C'est en effet une réécriture un peu massacrante, mais ce n'est pas de la faute de l'élève !
Je n'accuse pas l'élève, je fais seulement remarquer qu'il est impossible dans ces conditions de faire un travail valable ou simplement correct.
Pour ce qui est de moi, je cite toujours Montaigne suivant l'édition Villey, et avec l'orthographe originelle. Mais ne trouvez-vous pas nécessaire de le "traduire" pour le rendre abordable aux élèves de lycée ? Quitte à leur montrer le texte original une fois l'étude faite ? On fait bien étudier aux élèves de collège des textes antiques et médiévaux en traduction… Et Montaigne ne se lit pas aisément à l'âge des lycéens, même adapté !
Mais ne trouvez-vous pas nécessaire de le "traduire" pour le rendre abordable aux élèves de lycée ?
NON.
Je trouve nécessaire d
'enseigner la langue du XVIe à des lycéens, pas de leur mâcher la besogne en leur donnant de la bouillie pour les chats. Dans d'autres domaines, cela s'appelle tromperie sur la marchandise : on leur fait croire qu'ils lisent Montaigne alors qu'ils ne lisent pas Montaigne. Ce sont des élèves, que nous devons élever, et non abaisser.
Modernisons l'orthographe, glosons en notes, certes indispensables,
mais ne touchons pas les textes.