Oraux de latin ENS Ulm

La filière littéraire

38 réponses · Page 2 / 2

" Il a juste été moins bon " Pour avoir un à l'oral après deux ou trois, voire quatre ans de préparation ? Le candidat admis n'a rien fait, c'est un impertinent.
Je trouve surprenant de la part d'une personne qui n'a même pas son bac de français de juger des personnes admissibles à l'ENS … Quand tu auras une expérience de la prépa, tu comprendras qu'il est difficile d'exceller dans toutes les matières et que des préférences s'imposent ; que sur un concours, comme je le répète et comme tu sembles ne pas le comprendre ( peut-être parce que tu n'en as aucune expérience ), il y aura très souvent une personne qui aura 1 et une 20, quand bien même ces notes ne sont pas des absolus. Il en est de même à l'agrégation. Donc, avant de mépriser des personnes assez souvent brillantes, on se renseigne, et on évite de dire des âneries. 🙂
Exact. Une amie a eu 2/20 à un oral de littérature anglaise à l'ENS Cachan l'an dernier, alors que c'est une travailleuse acharnée, et qu'elle avait déjà un très bon niveau tant en expression qu'en commentaire. L'éventail des notes va de 0 à 20, aussi les jurys ne se privent pas de l'utiliser dans toute son étendue, et cela n'a rien à voir avec le travail fourni par les candidats… Et je ne parle pas des langues anciennes, où la rigueur exigée complique encore l'exercice !
sans compter les craquages qui ne sont en rien déshonorants et encore moins désinvoltes!
Freeze : et alors ? Je n'ai pas besoin d'être en khâgne pour prendre connaissance du concours. C'est du bon sens. 🙄
Et bien figure-toi que si, étant donné que tu n'en as absolument aucune expérience et que tu te permets d'être aussi méprisant. Les témoignages ci-dessus contredisent l'idée absolument fausse que tu te fais du concours. Il faudrait vraiment faire preuve d'humilité parfois.
Verbum a écrit :Je n'ai pas besoin d'être en khâgne pour prendre connaissance du concours. C'est du bon sens.
A nuancer quand même. 🙂
Par exemple, il faut savoir que, dans ce concours, les copies sont notées (depuis quelques années seulement) de façon purement relative. Les meilleurs candidats ont donc 20/20 même si la copie est objectivement imparfaite, dès lors qu'aucune autre n'est meilleure.
Réciproquement, on peut théoriquement avoir 1/20 sans être nul dans l'absolu, dès lors qu'on est dans les candidats les plus faibles de cette matière…
Cela dit, je t'accorde volontiers que les candidats qui ont 1/20 en latin n'ont généralement pas fait beaucoup d'efforts dans cette matière. Surtout que le jury est, en général, plutôt bienveillant, tant que le candidat joue le jeu et ne déclare pas forfait d'emblée.
Si vous me demandez l'humilité, faites preuve de compréhension et d'un petit peu d'indulgence…




Jean-Luc Picard : Comment ce système de notation fonctionne-t-il ? Par un classement de chaque examinateur, puis une notation sur 20 en groupe ?
Et l'échelle de notation sur vingt n'est-elle pas trop petite ?
Il faut distinguer l'écrit de l'oral (mais là, on pourrit un peu le sujet de Pepheuga).

En gros, à l'écrit, il y a longtemps (avant la réforme qui doit en être à sa 5 ou 6e année), on mettait entre 16 et 20 aux copies brillantes (soit quelques unes à peine chaque année) et la moyenne avait un sens très important. Depuis qu'on a inclus des écoles de commerce dans ce concours, elles ont décidé de faire remonter les notes, tant et si bien que tous les admissibles (à Ulm, je ne connais pas les chiffres pour Lyon, mais c'est sans doute assez proche) ont au moins 14,5 de moyenne générale (il y a 182 personnes admissibles chaque année, si je me souviens bien). En gros, il faut un pourcentage, dans chaque paquet de copies, de notes entre 0 et 7 (?), 7(?) et 10, 10 et 14, 14 et 20. La note significative est désormais 14 (quand un correcteur veut qu'un candidat intègre, il lui met au moins 14). Le 10 est la barre de "sous-admissibilité" (une mention qui veut dire : c'était pas mal, la fac voudra bien vous donner un double équivalence, mais il n'y a pas de place pour tout le monde, les aléas du concours font que ça n'est pas tombé sur vous cette année. En gros.)

Quant à avoir un 1 à l'oral, en latin ou a fortiori en grec, ça peut juste être le cas d'une personne qui a commencé le latin en hypo, qui n'a jamais eu le latin comme matière forte, qui en plus était stressée et fatiguée. On a des notes étonnamment mauvaises à un oral. En philo, regarde un peu les sujets, il y en a une bonne moitié sur lesquels on peut vraiment sécher si ce n'est pas notre matière forte. En histoire, il suffit de se précipiter, de prendre le sujet sur lequel on croit qu'on va pouvoir dire quelque chose, et puis en fait, on se rend compte que non, mais il est trop tard (parce qu'il y a des disciplines où on dispose de quelques secondes pour choisir le sujet et le choix est irréversible). Et même si on s'en sort en général en colle, on peut se planter de manière monumentale à l'oral à cause du stress et de la fatigue. On a quand même des oraux sur trois semaines, parfois mal répartis (pour ma part, j'ai passé cette année 5 oraux sur la première semaine, ce sont toujours des oraux d'1h+30min, et même si on n'est pas absolument nul ou arrogant, on perd facilement 7, 8, 10 points par rapport à ses notes habituelles en colle parce qu'on est passé à côté du truc évident, parce que dans le stress, on n'a pas osé dire… Crois-moi, je parle par expérience 😀 ) Et puis, si quelqu'un arrive à intégrer avec un 1, c'est qu'il n'a pas passé l'année à se tourner les pouces.
Bah ça finit toujours comme ça les discussions de forum. Mais bon merci à ceux qui ont répondu.
Verbum, tu es vraiment à côté de la plaque sur ce coup-là. Tu ne prends aucunement en compte l'expérience des gens qui sont ou sont passés en prépa. Pour ajouter une énième anecdote, je connais quelqu'un (encore!) qui a eu 1 à l'oral d'anglais alors qu'elle faisait partie des meilleurs de ma classe (bien meilleure que moi). Elle n'a pas intégré, et a eu 18 l'année d'après. Je ne dis pas ça pour renforcer la thèse du concours-loterie, mais pour montrer que les accidents arrivent même aux meilleurs.

@Pepheuga : comme chaant, je pense que ce sont les épreuves hors-programme qui rendent la chose difficile (surtout l'histoire et l'histoire ancienne), mais en langues anciennes, si tu as un bon niveau, ça peut passer! J'étais en option Lettres Classiques en khâgne et j'ai intégré alors que j'étais vraiment limite en latin (d'ailleurs, je n'ai pas eu de très bonnes notes). Il me manquait des mots de vocabulaire à l'oral mais si tu essaies de deviner sans tomber dans le farfelu, le jury ne te pénalise pas tant que ça, je crois.
Pepheuga a écrit :Je souhaite plus précisément recueillir des informations sur la difficulté grammaticale des textes. Question qui pourrait sembler idiote à certains : Peut-on tomber sur un Ovide, voire même… un Stace?
Le plus simple est sans doute de consulter les sujets, les rapports de jury et les statistiques du concours.
C'est incroyable,on m'avait assuré qu'il fallait être prodigieux pour intégrer ulm en LC. Et bien merci de démystifier tout ça. Mais qu'en est-il alors des fameux vers homériques?
Regarde les annales, disponibles sur le site : https://www.ens.psl.eu/

L'épreuve de grec se compose de plusieurs parties :
1) traduction du texte (d'époque classique et impériale, en gros, du Ve siècle à Lucien)
2) le jury te demande si tu préfères d'abord une reprise de la traduction ou enchaîner sur ton commentaire et faire la reprise après. Comme tout le monde, tu demandes la reprise, parce que sinon, déjà, ça fait prétentieux, et ensuite, tu as bien conscience que x phrases (x étant extensible de 0 (très très rare) au nombre total de phrases du texte) restent quand même assez obscures, et qu'une reprise peut t'aider, sinon à mieux traduire, du moins à (mieux) comprendre le texte.
3) a lieu cette reprise. A noter : la brièveté n'est pas toujours bon signe ; la longueur n'est pas toujours mauvais signe ; l'impression d'être passés à la mitraillette est tout à fait normale. A noter (bis) : le jury actuel est assez "vivant" et assez drôle (c'est agréable quand on ne se loupe pas trop, ça l'est beaucoup moins quand on passe à côté de son texte, il ne faut pas en tenir compte)
4) On fait enfin ce fichu commentaire. Le bon côté ? En général, il faut le boucler en 2 minutes, soit en fonction de ce qu'on a eu le temps de préparer sur sa feuille (ou durant les 3 minutes entre la salle de préparation et la salle de passage à côté de l'appariteur/trice)… soit en fonction de ce qu'on improvise parce qu'on vient de comprendre le sens du texte (attention, ce phénomène n'est pas rare et rarement signe d'échec. En fait, c'est toujours mieux que d'avoir mal traduit et de croire qu'on a compris le texte). En gros, on fait une petite intro, un plan (si possible un peu palpitant, mais en 2/3 minutes, faut pas trop en demander. On est quand même un peu pressé par le jury qui dit "il faut qu'on ait le temps de faire du Homère"
Dès lors, alea est jacta. Oui oui oui… mais !

Jusqu'ici, le jury a pris des notes et va pouvoir donner au candidat une note. Chacun des deux membres sait déjà à peu près combien il va nous mettre.

Dernière étape :
5) Homère : on pioche un petit billet (eh oui, encore) qui indique un passage de l'Odyssée (youpiiiii !) ou de l'Iliade (en général beaucoup moins youpiiii… va savoir pourquoi, j'ai passé deux fois cet oral, et j'ai eu deux fois l'Iliade, avec son vocabulaire compliqué et ses scènes qui se ressemblent toutes : il a mis son manteau. Quoi, c'est pas le 25e mot pour dire manteau ? Ah non ? Zut. D'où le conseil : lis l'Iliade, 10 vers par jour avant d'aller se coucher (ça se trouve sinon en pharmacie du moins en librairie et c'est très bon pour le petit grec et les insomnies)) En règle général, on traduit 3 ou 4 vers. Quand ça a été vite avant (parce que ça s'est bien passé… ou pas. Rien n'est jamais sûr, dans aucun des 2 sens.) et qu'on traduit un peu vite, on peut aller jusqu'à 10 vers (et là, c'est le jackpot)… Bref, en principe, cette dernière étape ne peut que hausser la note initiale. Bon, dans les faits, le jury met la note après coup, donc si on ne lui laisse pas une impression favorable et s'il hésite entre deux notes, il choisira peut-être celle du bas, mais ça ne retire pas de points à proprement parler. En revanche, un Homère réussi, c'est un paquet de points récoltés.

Encore un point sur l'histoire ancienne peut-être : tu as dû voir qu'histoire ancienne se couplait avec une langue ancienne. En fait, en HA, le jury ne met pas vraiment une note. (On pourrait croire ce sont deux notes sur 20 rapportées sur 10 et ajoutées ; dans les faits, c'est une seule note obtenue par "une négociation" entre les deux jurys. Comprendre : le jury de langue met sa note. Le jury d'HA la baisse s'il voit qu'il a affaire à quelqu'un qui n'y connaît rien. Il peut la neutraliser ou l'augmenter (jusqu'à +3 points qui semblait être le maximum, d'après ce que ses membres avaient dit à une amie de khâgne).

Et, pour Hugo : je suis tout à fait d'accord. Pour la philo, toutefois, il faut reprendre l'habitude de l'hypokhâgne et essayer de refaire une ou deux colles sur des sujets un peu atypiques (les sujets sélectionnés sont sur le site, mais il faut s'attendre à "Qu'est-ce qui nous plaît dans la musique ?", ce qui n'est pas un sujet très scolaire, disons.)
J'adhère entièrement à ton post, chaant, que je trouve délicieusement détaillé 🙂. ça me ramène quelques années en arrière 🙂. C'est vrai que le passage homérique fait peur mais en fait si on en fait régulièrement pendant l'année et qu'on a un peu de chance (ou un jury pas trop mal luné), on tombe sur un passage qui comporte pas mal de vers formulaires. Le résultat, et ça a été mon cas, est que j'appréhendais énormément cette épreuve et que je me suis retrouvé à traduire une dizaine de vers en moins de temps qu'il ne faut pour le dire (à ma grande surprise!). Ma note en a été considérablement boostée (17 !), sans aucun doute.

Pour l'Histoire Ancienne, à mon époque on tirait entre deux papiers, un "histoire romaine", et un "histoire grecque", puis on choisissait entre deux sujets. J'avais pris un sujet qui me paraissait facile ("La ligue de Délos"), et j'ai eu l'impression de (relativement) briller, jusqu'à la reprise où le jury m'a posé des questions qui m'ont paru absconses… Au final, j'ai su que ça avait fait baisser ma note totale (couplée avec le latin) alors que je pensais que ce serait l'inverse… Comme quoi !
Haha, quel plaisir de te lire! on sent le vécu! Mais vous quelle a été votre charge de travail exactement? petit latin/petit grec/petit Homère par jour ça commence à faire beaucoup quand même!!!
L'histoire ancienne fonctionne toujours de la même manière : double tirage. Un sujet facile est un sujet traitre ; et quand on voit "La Constitution de Gortyne", si on a lu 3 pages dessus pendant l'année (de toutes façons, y a pas plus que trois pages), on saute dessus ! (Et on blablate pour dire combien c'est une source essentielle car rare, mais aussi originale avec la fille patrouque (et hop, on enchaîne trois minutes sur le cas de la fille épiclère à Athènes, puis à Sparte, puis on compare avec Gortyne…) Je cite ce sujet parce que je connais des gens qui l'ont rejeté pour un sujet a priori plus facile : erreur stratégique. Au fond, en histoire ancienne, on a lu 2 manuels et 3 bouquins, on sort quelques mots en grec et latin (et surtout, on se prépare à la question du membre du jury romanisant si on est sur un sujet d'histoire grecque, hellénisant si on a un sujet d'histoire romaine, qui est toujours à peu près la même, à savoir : "Et à Rome…"/"Et à Athènes…" : du coup, leur tendre des perches pendant l'oral est plutôt une bonne idée, histoire de finir sur une question à laquelle on a déjà la réponse…), et surtout, on essaie de tenir 20 minutes en ne disant pas d'ânerie. Les références littéraires sont nécessaires.

ET ON N'OUBLIE PAS LA PRESENTATION DES SOURCES EN FIN D'INTRODUCTION ! (I. littéraires ; II. épigraphiques ; III. archéologiques).

Et on n'hésite pas à conceptualiser, en latin ou en grec de préférence (on n'est pas que des historiens, on est des Lettreux). Moins on en a à dire, plus on traîne sur l'intro, histoire de bien poser le sujet.


Quant à la charge de travail, alors… hum… 1) on t'a prévenu (non ?) l'option LC est sans doute la plus chargée (oui oui, il ne faut pas le dire aux autres, mais quand même, entre le thème, les 2 langues et l'histoire ancienne, c'est nous qu'on a le plus d'heures de cours, et l'histoire ancienne, c'est quand même un peu de boulot : que ça te motive et ne te décourage pas !)
2) IL EST OBLIGATOIRE DE FAIRE 1h de petit latin + 1h de petit grec + 1h de Homère + 1h de rétroversion (du Cicéron : pour préparer le thème) + 1h de grammaire latine + 1h de grammaire grecque + apprendre du vocabulaire CHAQUE JOUR. Ceci étant évidemment impossible (à moins bien sûr d'avoir des journées d'une trentaine d'heure, de ne plus dormir et de décider que, tant pis, la philo, ça sera pour une autre année), le mieux c'est d'organiser un roulement. Pour ma part, je suis devenu un peu flemmard en khûbe. J'avais trop bossé l'histoire pendant 2 ans, alors je me suis concentré sur un peu de philo et beaucoup de latin/grec, mais quand même, on ne peut pas faire tout ça. Ma solution, c'était donc : dès que j'ai la flemme de bosser, je fais du latin ou du grec. Du coup, à l'approche des échéances fatidiques, j'en faisais beaucoup moins. Le tout est de faire d'au moins un des deux chaque jour, à mon avis. Après, je n'aimais pas reprendre les textes vus en cours, sauf quand ils me faisaient marrer (Plaute, Lucien…). Pour le thème de l'année, je serais toi, je taperais dans Lucien, Voyages extraordinaires (en Budé de poche, traduit en partie par AM Ozanam qui fut ma prof en 2e khâgne et qui est une sorte de petite divinité ambulante - elle traduit bien) parce que c'est drôle, plaisant, une langue grammaticalement plutôt classique (attention au vocabulaire cependant), et il y a une bonne édition, maniable et pratique ; et en latin… j'ai l'impression que l'an dernier, le jury a bien aimé les historiens. Si donc tu es en spé latin, peut-être du Tacite ? Et le début de l'Art d'aimer d'Ovide, qui développe la présentation de certains lieux de manière originale et notre capacité à analyser rapidement la poésie latine. Ensuite, l'Iliade t'aidera pour la compréhension de la tragédie grecque, donc c'est vraiment tout bénéf. Le tout est de bien choisir les oeuvres. Essaie en tout cas de le faire avec plaisir : c'est essentiel pour retenir.
Je ne sais pas si ça a été dit (un peu la flemme de tout lire), mais avec le petit latin, une des clefs est l'apprentissage du vocabulaire (qu'on peut d'ailleurs relever à l'occasion de la pratique du petit latin). Ca a fait vraiment toutes la différence pour moi entre les oraux de ma première khagne et ceux de ma seconde (je suis passé de 4 à 12).

Il y a des logiciels (Anki par exemple) qui permettent d'organiser cet apprentissage d'une manière très efficace.