Pixsid a écrit :Bien sur, l'effort vient bien souvent de l'élève lui-même, et heureusement, c'est là, je pense l'aspect le plus noble du concours général, une saine émulation des meilleurs éléments de notre nation, et c'est pourquoi je n'ai aucun regret à y avoir pris part. Les sujets sont d'une difficulté hors-norme (au sens premier du terme), pour distinguer les meilleurs, et c'est pourquoi le préparer est une évidence, et ce n'est absolument pas cela que je décrie (Va-t-on reprocher à un élève de préparer son bac (ou tout autre concours ou examen)?).Perdican a écrit :Les lauréats de prix devraient être informés dans les prochains jour.N'ayant malgré tout pas passé le concours général de français, je viens quand même faire cette petite remarque.
Ils serait inintéressant qu'ils (elles) se fassent connaître et partagent leurs réflexions sur le sujet (si toutefois ils/elles sont sur le forum).
Toutes mes félicitations aux lauréates de cette année (et au lauréat, fier représentant de la gent masculine, qui se fait trop rare dans les domaines littéraires, male power! 😂 ).
Pour moi: rien 😞 (certes prévisible, tant le niveau du concours est élevé, mais la décéption est bien là) ni en version latine, ni en composition française.
J'ai toutefois été un peu choqué par cet article https://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/concours-general-une-valorisation-determinante-pour-un-jeune-6198/, dans lequel le proviseur du LI de St. Germain-en -Laye reconnait clairement l'existence d'une préparation parallèle au cursus scolaire classique au sein des "grands" lycées parisiens, dans le but de préparer au concours. C'est désolant…
En quoi il est "désolant" de vouloir se préparer pour le concours général ? Je pense que tu as mal compris cet article (qui n'est pas choquant selon moi) : il s'agit seulement de préparer les élèves à un concours en leur donnant par exemple des devoirs plus approfondis ou plus poussés. Il ne faut pas imaginer qu'ils [au sein des "grands" lycées parisiens] prennent des élèves dans une salle pour les faire bûcher pendant des heures sur des devoirs très difficiles et hors de portée. La "préparation parallèle" dont il est question n'est en fait rien du tout, l'effort pour se préparer vient souvent de l'élève.
Après, c'est vrai que le niveau est élevé, et que les prix sont souvent raflés par ces établissements qui rassemblent un grand nombre d'élèves de très bon niveau.
Ce que je trouve navrant, c'est la volonté de certains lycées de fausser la compétition, et d'organiser une véritable préparation parallèle avec des enseignants au fait des exigences des épreuves allant consacrer leur temps libre à s'efforcer de parfaire les qualités, déjà immenses, de leurs meilleurs élèves. Ce qui donne légitimement lieu à une double indignation.
Tout d'abord parce que ces heures de "coaching" pour des premiers de classe pourraient être accordées à supporter des élèves dont le niveau n'atteint pas celui des candidats (qui peuvent, après tout, se débrouiller comme des grands), même dans un grand lycée. C'est tout de même en débit de bon-sens, et à l'encontre de tout principe de notre système éducatif, que certains enseignants travaillent à creuser l'écart dans leurs classes (avis personnel, ne tapez pas 😉 )! "Mais ces élèves en demandent d'avantage! Pourquoi ne pas leur accorder des cours en plus: ils aiment apprendre, donnons-leurs des cours à leur niveau!" me direz-vous, mais dans les lycées concernés, cherchez dans une classe des élèves "moyens" (tout est relatif…) désireux de progresser, même au moyen de cours supplémentaires, et vous verrez les mains se lever.
Indignation double, disais-je, car il s'agit d'un concours (ou alors je ne sais pas lire 😀 ), or, toute compétition est ici faussée. Comment des élèves de province, dont les professeurs (bien qu'agrégés, doctorants et tutti quanti) ignorant jusqu'au déroulement, voire même l'existence des épreuves (qu'ils découvrent au hasard), peuvent-ils être préparés de la sorte? Tout ce que ma professeure a pu faire a été de me donner des coordonnées d'ouvrages, et même de m'en prêter de sa collection personnelle (je l'en remercie d'ailleurs, ils 'ont été d'une grande utilité 😜 ); non pas que les professeurs de province (ou de lycées "ordinaires", après tout, le Parc et Fermat sont bien en province) manquent de bonne volonté pour supporter leurs meilleurs élèves, mais leurs préoccupations sont ailleurs que dans le polissage d'une élite déjà existante, et leurs finalités, toutes autres que celle de leurs collègues: là où les uns veulent faire accéder un petit nombre aux plus grands honneurs, les autres souhaitent voir leurs élèves obtenir la moyenne aux épreuves du bac.
Je m'indigne donc contre cette pratique de distiller des conseils précis en privé, dans le but de faire succéder une (extrème) minorité (8% des élèves au maximum par lycée), qui, outre le fait d'être complètement déconnectée de toute réalité, escamote toute compétition de bon aloi. Il n'est pas désolant de préparer le concours général, bien au contraire, il est tout à fait normal de le préparer, mais bien que certains lycées visent à renverser le sort de leur côté en proposant un soutien aux meilleurs, pratique dont le principe même me révolte.
Bravo néanmoins aux lauréats, qui ont su atteindre un niveau exceptionnel, quelle que soit la manière dont ils se sont préparés, leurs exploits demeurent indéniables, il faut quand même faire preuve de fair play et le reconnaître.