Bonjour,
Si on peut regretter que les poètes d'antan aient négligé de noter la manière dont ils voulaient que leurs vers fussent dits, la question reste néanmoins d'actualité.
Un poème doit-il être lu avec une diction expressive ou avec une diction inexpressive?
Je cite l'auteur Jean Cohen dans sa Structure du langage poétique: "La diction expressive est celle qui module la voix selon le contenu intellectuel et emotionnel du poème. Les variations de la voix affectent la vitesse, l'intensité et, principalement, la hauteur."
Or, poursuit l'auteur, "au XVIIe siècle, la diction était inexpressive. Les acteurs déclamaient tous les alexandrins d'un ton uniforme. Ils montaient au premier hémistiche, descendaient au second, d'où une lassante impression de monotonie."
Avant l'évolution de l'Ancien Régime vers la modernité qui correspond au remplacement progressif de l'oralité par l'écriture, la poésie est d'abord, comme l'écrit Michel Delon dans sa préface à son Anthologie de la poésie française du XVIIIe siècle "chanson, air d'opéra, déclamation théâtrale, profération de vers. Les poètes du XVIIIe siècle fondent leur réputation en disant leurs œuvres dans les salons".
C'est, selon J. Cohen, le romantisme qui imposa la diction expressive. Désormais l'intonation, et le tempo, de chaque vers varie avec le sens.
Paul Valéry écrivait pourtant "… les diseurs de profession presque toujours me sont insupportables qui prétendent faire valoir, interpréter".
À la lumière de ce que l'on peut trouver aujourd'hui sur YouTube, DailyMotion, sur les plateaux de télé ou d'acteurs connus déclamer des vers, quel est votre verdict? La poésie doit-elle être lue expressive ou inexpressive? Quelle est cette "voix de rêve", idéale, presque incantatoire, qui fera vibrer notre âme et nous fera découvrir ce que nous nommons poésie?
Si on peut regretter que les poètes d'antan aient négligé de noter la manière dont ils voulaient que leurs vers fussent dits, la question reste néanmoins d'actualité.
Un poème doit-il être lu avec une diction expressive ou avec une diction inexpressive?
Je cite l'auteur Jean Cohen dans sa Structure du langage poétique: "La diction expressive est celle qui module la voix selon le contenu intellectuel et emotionnel du poème. Les variations de la voix affectent la vitesse, l'intensité et, principalement, la hauteur."
Or, poursuit l'auteur, "au XVIIe siècle, la diction était inexpressive. Les acteurs déclamaient tous les alexandrins d'un ton uniforme. Ils montaient au premier hémistiche, descendaient au second, d'où une lassante impression de monotonie."
Avant l'évolution de l'Ancien Régime vers la modernité qui correspond au remplacement progressif de l'oralité par l'écriture, la poésie est d'abord, comme l'écrit Michel Delon dans sa préface à son Anthologie de la poésie française du XVIIIe siècle "chanson, air d'opéra, déclamation théâtrale, profération de vers. Les poètes du XVIIIe siècle fondent leur réputation en disant leurs œuvres dans les salons".
C'est, selon J. Cohen, le romantisme qui imposa la diction expressive. Désormais l'intonation, et le tempo, de chaque vers varie avec le sens.
Paul Valéry écrivait pourtant "… les diseurs de profession presque toujours me sont insupportables qui prétendent faire valoir, interpréter".
À la lumière de ce que l'on peut trouver aujourd'hui sur YouTube, DailyMotion, sur les plateaux de télé ou d'acteurs connus déclamer des vers, quel est votre verdict? La poésie doit-elle être lue expressive ou inexpressive? Quelle est cette "voix de rêve", idéale, presque incantatoire, qui fera vibrer notre âme et nous fera découvrir ce que nous nommons poésie?



