Un lecteur peut-il haïr un personnage de roman ?

Entraide scolaire

8 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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salut a tous,
j'ai une dissertation a faire mais j'ai pas vraiment d'argument pour et d'argument contre.
sujet: un lecteur peut il haïr un personnage de roman ?
merci d'avance! 😀
ex: on peut haïr un personnage si on aime pas ces trait de caractère ou si on fait face a un personnage incarnant le mal ou agissant comme tel…
On peut aussi prendre en grippe un personnage trop parfait…
J'avais envie de baffer Jeanne pour qu'elle reprît Une vie, sa vie en main, de Maupassant. En effet, elle s'est laissé faire alors que son mari était exécrable avec elle.
Un personnage de roman qui est à l'opposé du lecteur est susceptible d'être détesté ou haï s'il représente une blessure intime du lecteur.
Bonjour,
Moi je n'aime pas trop le jeune Goliadkine. Il n'est pas très gentil.
Cordialement.
Bonjour,

Ton sujet est plutôt intéressant, j'avoue qu'il me plaît assez… Il faut que tu dégages le problème sous-jacent que pose ton sujet : "Un lecteur peut-il haïr un personnage de roman ?" Ton sujet semble partir d'un présupposé comme quoi, parce qu'un personnage de roman est donc fictionnel, le sentiment de haine que peut ressentir le lecteur vis-à-vis de celui peut paraître disproportionné. Attention, cela ne veut pas dire qu'un lecteur ne peut PAS haïr un personnage de roman, mais il peut "haïr" autre chose dans celui-ci… Le verbe "pouvoir" utilisé ici induit qu'il y a d'autres alternatives : il faut que tu les trouves.


Je partirai de ces pistes de réflexions qui me semblent envisageables, à première vue :
- Si l'on part du présupposé qu'un roman est régi par la vraisemblance (même en science-fiction, fantasy, etc : faire en sorte que les évènements paraissent réels, même s'ils relèvent de ces domaines), les personnages doivent donc apparaître réels, même s'ils sont fictionnels.
- "Haïr" un personnage de roman reviendrait à le confondre avec un être réel : or ce n'est pas le cas. Le lecteur sait pertinemment qu'il ne hait pas un personnage de roman, car il relève du domaine de la fiction…
- Et si le lecteur haïssait plutôt la représentation du personnage, sa présentation dans le roman et non pas le personnage en lui-même ? Hait-il aussi plutôt l'idée qu'il se fait du personnage, de son sentiment vis-à-vis de celui-ci ? (on peut présenter quelqu'un de bien sous un jour tout à fait déplorable, et vice-versa…) Peu importe que le personnage soit présenté de façon positive ou négative : on peut ne pas apprécier quelqu'un de tout à fait acceptable, tout comme on peut avoir de la sympathie pour des personnes ou personnages plus vils
- Finalement, ne faudrait-il pas atténuer le verbe "haïr" ? Ne serait-ce pas plutôt de l'antipathie que peut ressentir le lecteur vis-à-vis de l'idée, de la représentation qu'il se fait d'un personnage ?

C'est ce à quoi je pensais sans avoir vraiment étudié le sujet… A toi de creuser ces pistes, de les contester ou d'en chercher d'autres.

Bon courage !
salut a tous,
j'ai une dissertation a faire et j'ai fait mon plan , que je pense est correct mais je n'arrive pas à trouver d'exemple :/ .
sujet: un lecteur peut il haïr un personnage de roman ?
merci d'avance! big_smile

Sujet 1 : Un lecteur peut-il haïr un personnage de roman ?
--> Oui / Non --> Plan dialectique --> Thèse( I ), Antithèse( II ), Synthèse( III ).


I. Un personnage de roman peut être détesté :

- Jalousie du lecteur envers un personnage trop parfait, idéal.
(Intelligence, talents, vie qu’il mène…)

- Les actions détestables du personnage.
(Mensonge, déloyale, manipulateur…) ex : Vautrin

- Son caractère qui nous rapporte à une personne réelle (que l’on connait).
(Permet au lecteur de le juger par sa façon de penser, d’être.)

II. Le lecteur ne peut haïr un personnage en lui-même :

- Cependant, le lecteur préfère souvent admirer un personnage et s’y identifier que de la haïr.
(…)

- Le lecteur n’est pas obligé de prendre parti d’une opinion vis-à-vis d’un personnage fictif.
(…)

- Le lecteur peut haïr, juger, aimer le caractère d’un personnage mais non pas haïr le personnage en lui-même.
(…)

III. « Haïr » n’est-il pas un sentiment exagéré que veut nous faire paraître l’auteur :

- L’auteur nous oriente sur une opinion.
(Description…)


- Ne serait-ce pas plutôt de « l’antipathie » que peut ressentir le lecteur vis-à-vis de l’idée, de la représentation qu’il se fait du personnage.
(…)
Salut salut !

Je vois que tu as repris mes quelques idées dans ton plan, ça me fait plaisir mais comme je n'avais pas pris le temps de bien analyser le sujet, je ne sais pas trop si elles sont correctes ou pas ^^

Pour ta troisième partie, je la trouve mal formulée : "« Haïr » n’est-il pas un sentiment exagéré que veut nous faire paraître l’auteur". Cela supposerait que l'auteur aurait crée tel ou tel personnage pour qu'on le haïsse - ou pour qu'on l'apprécie - or je pense que cette approche est incomplète. Quand je pense au personnage de George Duroy dans Bel-Ami, je ne crois pas que Maupassant l'ait créé pour qu'il soit seulement apprécié ou détesté (il faut dire qu'à la première lecture, je n'avais pas eu une bonne opinion de ce personnage-là, mais j'aimais les valeurs bourgeoises qu'il véhiculait, représentatives de la société de l'époque, bien que ses façons d'agir ne me plaisaient pas plus que cela, mais c'est parce que je le vois de mon œil de lectrice du XXIème siècle, et je ne peux pas estimer un personnage comme l'aurait estimé ou déprécié un lecteur de l'époque). On créé un personnage pour qu'il représente quelque chose (cf. le principe de vraisemblance), pour ce qu'il doit accomplir dans l'histoire, pour son rôle : qu'on l'aime ou qu'on le déteste, je pense que dans le roman, c'est assez peu important finalement. Ce qui est important, c'est le débat qu'il peut susciter, vraiment s'interroger sur pourquoi il a été créé, quelle société reflète-t-il ? quels idéaux ? (Je pense notamment à l'aveu "invraisemblable" de la Princesse de Clèves à son mari, lorsqu'elle lui confie ses tentations d'adultère… Toute l'encre qui a été dépensée quant à son action, son caractère : peu importe ici qu'on aime ou pas la Princesse, ce qui importe, c'est ce qu'elle fait en tant que personnage. Il faut dépasser ses sentiments qu'on ressent vis-à-vis d'un personnage pour le comprendre).

En ce qui concerne l'articulation entre ton grand I et ton grand II, il faudrait sans doute faire attention dans la rédaction car tes deux parties pourraient éventuellement se contredire. L'antithèse n'est PAS la partie où on conteste ce qui a été dit dans le grand I !! La thèse pose le problème du sujet et dit dans quelle mesure il peut être vrai ou il peut marcher. L'antithèse est là pour parler des limites et défauts de la thèse, et non pas pour la contredire !! La synthèse est censée proposée un dépassement de la thèse, une autre solution au problème du départ (qui est donc la problématique).

Par ailleurs, je ré-éclairerais peut-être le sujet : est-il vraiment nécessaire de juger un personnage de roman, car c'est de ce postulat que pourrait naître les sentiments de haine, d'estime, etc ? Quand je parle d'un personnage de roman, j'ai tendance à dire "j'ai aimé ce qu'il représentait, j'ai aimé son côté passionné ; j'ai moins apprécié tel geste qu'il a commis". Juge-t-on entièrement un personnage de roman ? Enfin, cette redéfinition est à prendre avec des pincettes, car elle pourrait t'emmener dans le hors-sujet…

En ce qui concerne des exemples de personnages assez controversés, ou trop appréciés ou trop détestés (en plus de ceux que j'ai cités plus haut), je pense notamment à Madame Bovary ou le personnage principal de L'Étranger d'Albert Camus…
Par ailleurs, en phrase d'ouverture, j'élargirais sans doute le sujet aux personnages de théâtre par exemple, qui eux aussi peuvent susciter bien des sentiments… (cf. Alceste dans Le Misanthrope : personnage ridicule par sa misanthropie excessive, cependant peut-on le juger aussi sévèrement, peut-on rire de lui aussi impunément quand il renvoie à la société régie par l'hypocrisie et les lois sociales ?)

Bon courage à toi !
Merci , de m'avoir répondu , vous m'avez bien aidé , ce qui m'a permis d'avancer et je vous en suis reconnaissant.
Etant un lecteur qui lit très peu de livres , j'ai du mal à trouver des personnages pour illustrer chaque partie , je voudrais donc savoir si vous auriez des idées des exemples de personnage de roman à associer aux différentes parties/arguments ? merci cordialement