Bonjour,
J'ai un exercice à faire sur un texte de Voltaire qui porte sur l'article "Méchant" dans Dictionnaire Philosophique. Je dois relever la thèse du texte, mais j'ai quelques difficultés à comprendre la fin du texte…
Merci d'avance
J'ai un exercice à faire sur un texte de Voltaire qui porte sur l'article "Méchant" dans Dictionnaire Philosophique. Je dois relever la thèse du texte, mais j'ai quelques difficultés à comprendre la fin du texte…
"L’homme n’est point né méchant ; il le devient, comme il devient malade. Des médecins se présentent et lui disent : « Vous êtes né malade » ; il est bien sûr que ces médecins, quelque chose qu’ils disent et qu’ils fassent, ne le guériront pas si sa maladie est inhérente à sa nature : et ces raisonneurs sont très malades eux-mêmes.Dans mes recherches, j'en suis venue à dire que la thèse du texte était que pour Voltaire, l'homme ne naissait pas méchant mais pouvait le devenir par la suite au cours de sa vie, mais que pour lui il ne fallait pas en faire une généralité, car tout les hommes confrontés à la méchanceté ou à la cruauté, ne devenait pas forcément semblable. Mais j'émets quelques doutes et si je ne suis pas en train de tout confondre, par ce soucis de compréhension à la fin du texte…
Assemblez tous les enfants de l’univers, vous ne verrez en eux que l’innocence, la douceur et la crainte ; s’ils étaient nés méchants, malfaisants, cruels, ils en montreraient quelque signe, comme les petits serpents cherchent à mordre, et les petits tigres à déchirer. Mais la nature n’ayant pas donné à l’homme plus d’armes offensives qu’aux pigeons et aux lapins, elle ne leur a pu donner un instinct qui les porte à détruire.
L’homme n’est donc pas né mauvais ; pourquoi plusieurs sont-ils donc infectés de cette peste de la méchanceté ? C’est que ceux qui sont à leur tête étant pris de la maladie, la communiquent au reste des hommes, comme une femme attaquée du mal que Christophe Colomb rapporta d’Amérique, répand ce venin d’un bout de l’Europe à l’autre. Le premier ambitieux a corrompu la terre.
Vous m’allez dire que ce premier monstre a déployé le germe d’orgueil, de rapine, de fraude, de cruauté, qui est dans tous les hommes. J’avoue qu’en général la plupart de nos frères peuvent acquérir ces qualités ; mais tout le monde a-t-il la fièvre putride, la pierre et la gravelle, parce que tout le monde y est exposé ?
Il y a des nations entières qui ne sont point méchantes : les Philadelphiens, les Banians, n’ont jamais tué personne. Les Chinois, les peuples du Tonquin, de Lao, de Siam, du Japon même, depuis plus de cent ans, ne connaissent point la guerre. À peine voit-on en dix ans un de ces grands crimes qui étonnent la nature humaine, dans les villes de Rome, de Venise, de Paris, de Londres, d’Amsterdam, villes où pourtant la cupidité, mère de tous les crimes, est extrême.
Si les hommes étaient essentiellement méchants, s’ils naissaient tous soumis à un être aussi malfaisant que malheureux, qui, pour se venger de son supplice leur inspirerait toutes ses fureurs, on verrait tous les matins les maris assassinés par leurs femmes, et les pères par leurs enfants, comme on voit à l’aube du jour des poules étranglées par une fouine qui est venue sucer leur sang."
Merci d'avance



