Fonction de "lui" dans une phrase des Confessions de Rousseau

Langue française

17 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Rousseau, dans Les Confessions, écrit :
"Je n'étais pas absolument mal nourri chez mon maître, et la sobriété ne m'était pénible qu'en la lui voyant si mal garder."

Je crois comprendre que Rousseau voit son maître ("lui") mal garder la sobriété ("la").

J'aurais dit, je crois : " la sobriété ne m'était pénible qu'en le voyant si mal la garder", ou encore (plus pédant et/ou moins français?) "la sobriété ne m'était pénible qu'en le voyant la si mal garder."

Ai-je tort ? S'agit-il d'une tournure ancienne ?

J'aimerais connaître la fonction du pronom "lui" , et aussi obtenir l'analyse grammaticale complète de cette partie de la phrase.

Merci d'avance !

Vincent
la sobriété ne m'était pénible qu'en la lui voyant si mal garder.
(qu'en voyant qu'il la gardait si mal)

qu' : conj de subordination
en voyant : gérondif du verbe voir
la : pron pers remplace "sobriété"
lui : pron pers remplace maître

La tournure est très belle ; elle fait l'économie d'une subordonnée à l'intérieur de la subordonnée.
lui : pron pers remplace maître
Bien sûr, Léah, bien sûr, mézalor : pourquoi pas "le", tout simplement ?
=> « en le voyant la garder si mal ».
Pour moi, il s'agit d'un datif éthique, et c'est justement ce qui rend la tournure si belle.
Bonsoir Tnesniv,

Vous demandez :
J'aimerais connaître la fonction du pronom "lui" , et aussi obtenir l'analyse grammaticale complète de cette partie de la phrase.
Je ferais bien de "lui" un complément d'agent :
la sobriété ne m'était pénible qu'en la lui voyant si mal garder.
Pour moi, c'est égal à : la sobriété ne m'était pénible qu'en voyant "la" (la sobriété) si mal gardée PAR "lui" (le maître). Une forme archaïque de la construction passive ? (Évidemment, j'ai conscience que "garder" n'est plus (dans cette "transformation") à l'infinitif)…

P.S. On pourrait peut-être passer de : en voyant le maître mal garder la sobriété → à : en voyant la sobriété mal gardée par le maître ?

P.P.S. Ou alors : en voyant QUI ? → LUI ; si mal garder QUOI ? → LA…
et passer de : en voyant LUI (cod), si mal garder LA (cod) → à : en LA LUI voyant si mal garder… 2 cod mais pour deux verbes. (?)

Muriel
Parce que Rousseau a tenu à la tournure avec les deux pronoms l'un à côté de l'autre ; et "lui" à cette place doit être tonique.
Bonsoir !

* La sobriété ne m'était pénible qu'en la LUI voyant si mal garder.

Le COI LUI s’identifie ici à L’AGENT. Je suis donc d’accord avec l’analyse de Muriel, qui amplifie celle de Léah.

Voici – les grammaires n’en parlent guère - comment l’infinitif doit être construit en relation avec le verbe support ; je pense que cela vous intéressera.
Je me limite aux verbes de PERCEPTION et à l’hypothèse de sujets / agents DIFFÉRENTS.
Les exemples sont parlants. Les formes PAR + pronom personnel sont grammaticales, mais ne sont pas recommandées par la stylistique, du moins sous cette forme abrupte.

A ) Si l’agent est UN NOM OU UN PRONOM AUTRE QUE PERSONNEL OU RELATIF.
1 L’INFINITIF N’A PAS DE COD ;
* Quand j’entends siffler le train / le train siffler.
* Je vois arriver quelqu’un / quelqu’un arriver.

2 L’INFINITIF A UN COD.
* J’entends l’arbitre siffler la fin.
* J’entends siffler la fin par l’arbitre.

B ) Si l’agent est UN PRONOM PERSONNEL OU RELATIF.
1 L’INFINITIF N’A PAS DE COD ;
* Je l’entends siffler. (L’ = l’arbitre.)
* Le train que j’entends siffler.

2 L’INFINITIF A UN COD.
* Je l’entends siffler la fin.
* Je LUI entends siffler la fin.
* J’entends siffler la fin par lui.

DOUBLE PRONOMINALISATION :
* Je la LUI entends siffler.
* Je l’entends la siffler.

La forme COI est exclue avec APERCEVOIR, ÉCOUTER, REGARDER.
* ° Je LUI aperçois siffler la fin.
* ° Je la LUI aperçois siffler.

C ) SI L’INFINITIF EST PRONOMINAL.
* Je vois l’arbitre se protéger.
* Je le vois s’évanouir.
Bonjour, et merci à tous pour vos réponses et avis, lesquels donnent lieu à de nouvelles interrogations de ma part (désolé):

1) Pierrot, qu'est ce qu'un "datif éthique" ? Enfin, je vois ce qu'est un datif (la fonction qui existe en latin et en allemand ?) et ce qu'est l'éthique, mais où pourrais-je avoir de plus amples explications sur la signification de la réunion de ces deux termes ?

2) Léah, qu'entends-tu par "tonique" ? Ma grammaire indique que ce terme est synonyme de "disjoint", et qu'on peut vérifier qu'un pronom est disjoint en le remplaçant sans problème par "moi","toi", ou "eux".Et en l'occurrence…bof.
Ceci me paraît aussi invalider l'hypothèse pourtant tentante du P.P.S de Muriel, dans laquelle "lui" est justement tonique :je vois QUI ? → "lui" (ou moi, ou toi, ou eux)

Par ailleurs, Léah, le "ne… que" me semblait n'être que la marque de la restriction. Parle - t-on alors de subordination du fait du "que" ?
Que dire alors de cette phrase : "la sobriété m'était pénible en la lui voyant si mal garder" ? (plus de subordonnée ?)

4) En essayant de faire le point avec ma grammaire (de Bénédicte Gaillard et J-P Colignon), j'ai cru comprendre les choses suivantes :

- le gérondif "en voyant" a la valeur d'un adverbe.
- Les mots "en la lui voyant si mal garder" constitueraient donc un groupe adverbial, de noyau "en voyant" ?
- Et "la lui … si mal garder" ne serait-il pas COD de "en voyant" ? (est-ce seulement possible que "en voyant" ait un COD, alors qu'il n'a, semble-t-il, pas la valeur d'un verbe, mais d'un adverbe ?)
- Il s'agit par ailleurs d'un complément circonstanciel : est-ce là la fonction de ce groupe ?

Merci de m'éclairer sur ces points. J'ai certainement écrit de grosses bêtises !

5) Par ailleurs, on pourrait simplifier la phrase, sans, à mon avis, changer les fonctions :

"La sobriété m'était pénible en voyant mon maître mal garder cette sobriété".

et même : "Je voyais mon maître mal garder la sobriété"

Il n'y a là aucune forme passive, je crois, donc aucune raison d'introduire "par" (sauf, en effet, à écrire "mal gardée", mais cela introduit le problème de la suppression du "par" )
Donc pas de complément d'agent ?

Donc, Edy, si je comprends bien ton propos, les deux formes suivantes sont ACTIVES (en tout cas NON PASSIVES) :

* Je LUI entends siffler la fin.
* J’entends siffler la fin par lui.

(La forme passive serait : "j'entends la fin sifflée par lui")

Quelle est, alors, finalement, la fonction de ce "lui" dans "Je LUI entends siffler la fin"? "l'agent" est-il une fonction ?
Sinon, qu'est-ce ? La forme "lui" peut-elle être COD ?

J'espère que ce n'est pas trop embrouillé. Merci d'avance pour vos réponses !!

Vincent
Bonjour Tnesniv,

"Je n'étais pas absolument mal nourri chez mon maître, et la sobriété ne m'était pénible qu'en la lui voyant si mal garder."
Intuitivement, j'ai tendance à privilégier cet ordre de "remplacement" :

Je n'étais pas absolument mal nourri chez mon maître, et la sobriété ne m'était pénible qu'en voyant celle-ci (la sobriété (la))… mon maître (lui) si mal garder.

Et non :
Je n'étais pas absolument mal nourri chez mon maître, et la sobriété ne m'était pénible qu'en voyant le maître (le) si mal garder la sobriété (la).



Je crois qu'il faut faire un effort d'imagination en se replongeant dans une ancienne syntaxe.

Un exemple actuel :
- En voyant l'avocat si mal défendre la justice…
→ En le voyant la si mal défendre.
→ En le voyant si mal la défendre.

à l'époque de Rousseau, je n'aurais pas été étonnée de lire :
- En voyant la justice… l'avocat si mal défendre. (Sous-entendu : la justice si mal défendue par l'avocat).
→ En lalui voyant si mal défendre.

Et puis, il y a sûrement une notion "d'état" ou "d'action".
Ce qui peine Rousseau, c'est voir l'action, et non l'état, c'est sans doute pour cela qu'il utilise une construction avec un infinitif :
→ la sobriété si mal gardéepar lui (état)
rendrait beaucoup moins perceptibles l'injustice de la scène et la souffrance de Rousseau.

Bien… je m'en vais quérir un onguent aspirineux !

Muriel
Tnesniv, je fais la distinction entre le pronom "tonique" (lui, eux…) et le pronom "atone" (le, les). Dans la construction de Rousseau, je trouve et je répète qu'elle est plus élégante, plus harmonieuse que les autres propositions qui séparent les deux pronoms. Dans la construction "la lui" on est obligé en second de mettre le pronom tonique "en la LUI voyant" et pas l'atone "en la LE voyant" (alors qu'on peut dire "en LE voyant" ou "en LUI voyant"
en LE voyant avec ces bagages, je remarquais…
en LUI voyant ces bagages, je remarquais…)
Par contre j'ai fait une erreur avec la subordination par QUE, mes excuses ! j'ai écrit trop vite 😞

la sobriété ne m'était pénible qu'en la lui voyant si mal garder.
la sobriété ne m'était pénible qu'en voyant mon maître si mal garder cette sobriété.
Fonction de LUI ? COD de voir
en voyant QUI ? lui, mis pour mon maître
Fonction de LA ? COD de garder
garder QUOI ? la, mis pour sobriété
"en voyant" a bien valeur de verbe, puisque Rousseau effectue bien l'action de "voir" ?
Vos réflexions m'amènent à me poser quelques questions :

- "Ne…que" est bien une construction restrictive, mais n'a-t-elle pas ici une valeur temporelle? Ou bien est-ce le gérondif qui porte cette valeur("la sobriété ne m'était pénible que lorsque je la lui voyais si mal garder" )?

- Que dire de la nature et surtout la fonction de "qu'en la lui voyant si mal garder"?

Merci…
Ou bien encore, "qu'en la lui voyant si mal garder" a une valeur causale…
Bon, je suis en train de m'inquiéter sur l'état de mes connaissances grammaticales…
Bonsoir !

* Je n'étais pas absolument mal nourri chez mon maître, et la sobriété ne m'était pénible qu'en la lui voyant si mal garder.

J’ai lu attentivement les écrits de chacun. Je vais tâcher de donner une réponse globale, en expliquant pourquoi certaines opinions ne sont pas exactes.

Je commence par éliminer le premier membre de phrase, qui n’est utile que par l’indication de l’antécédent de « lui », à savoir « mon maître ».
Je fais de même avec « si mal », simples adverbes d’intensité se rapportant à « garder » ; la place de « si mal » n’est pas totalement fixe : → si mal garder ou garder si mal.
Je remplace « ne… qu’ » par « seulement » ; ce sera plus clair, et cela évacuera une fausse idée de subordination. Et je le supprime encore : simple adverbe de restriction.
Que reste-t-il ?
→ La sobriété M’était pénible en LA LUI voyant garder.
→ La sobriété M’était pénible en LE voyant LA garder.

ANALYSE :
1 M’ : pronom personnel 1ère p.s., complément de l’adjectif attribut « pénible ». (= pénible à / pour moi).

2 EN VOYANT : gérondif présent du verbe voir ; il se rapporte à « m’ » (c’est moi qui vois) ; il équivaut à un CC (complément adverbial) de temps (lorsque je voyais), de cause (parce que je voyais) ou même de manière (la vision est une manière de pénibilité).

3 En LE voyant la GARDER : infinitif prédicat de proposition, plus précisément proposition infinitive dépendant d’un verbe de perception des sens (voir) ; en effet, son sujet « le » est différent de celui qui se trouve implicitement dans « en voyant », à savoir « je ».
(J’ai provisoirement remplacé « en LUI voyant » par « en LE voyant ».)
→ ° En voyant lui garder elle.
On peut préférer la construction complétive :
→ En voyant qu’il la gardait.

4 LA / LUI : les termes formes atones / toniques (il y en a eu d’autres) ont disparu au profit de formes CONJOINTES / DISJOINTES : les premières sont unies directement au verbe, le secondes en sont séparées.
Exemples : Je LA vois. (Forme conjointe). Allez AVEC ELLE. (Forme disjointe)
Dans la question, ce sont des formes conjointes.
Grevisse explique que l’ancienne terminologie n’était plus exacte. Ont adopté la nouvelle : notamment Grevisse, Riegel, Le Robert, Larousse, Arrivé ; Bescherelle n’y est pas venu.

5 LA : pronom personnel, antécédent « la sobriété », COD de « garder ».

6 LUI : pronom personnel, antécédent « mon maître », COI.
Qu’est-ce que ce COI qui est sujet du verbe garder ? J’en ai parlé ci-dessus, mais cette fois, je donne la règle :
* Lorsque l’infinitive objet direct a un COD et qu’il s’agit d’un verbe autre que faire, L’AGENT / SUJET se met indifféremment À L’ACCUSATIF (lisez forme COD) OU AU DATIF (lisez forme COI), ou il se construit avec PAR.
* On LE vit briser ses meubles. (Sand)
* Je LUI ai même entendu dire que… (J. Romains) (Exemple ambigu puisqu’on peut comprendre : → J’ai même entendu lui dire.)
* Un garde a laissé admirer PAR MA FEMME son poignard. (Genevoix)
Faisons une double pronominalisation du premier exemple et laissons tomber les autres.
* Je LUI ai vu LES briser.
* Je LES LUI ai vu briser.

LES LUI ? C’est l’ordre normal en cas de pluralité de pronoms personnels.
Je vous rappelle d’ailleurs la construction d’un verbe support + infinitif lorsque l’agent ne s’identifie pas au complément du support et que l’infinitif a un COD (j’abrège donc) :
a) LE COD DE L’INFINITIF est un pronom personnel : deux constructions.
* Adam a vu EVE la cueillir. (Vous avez compris qu’il s’agit de la pomme.)
* Adam l’a vu cueillir PAR EVE.
b) L’AGENT DE L’INFINITIF est un pronom personnel : trois constructions
* Je L’ai vu scier son arbre généalogique.
* Je LUI ai vu scier son arbre généalogique.
* J’ai vu scier son arbre généalogique PAR LUI. (Pas joli !)
c) L’UN ET L’AUTRE sont des pronoms personnels : trois constructions
* Je LE LUI ai vu scier.
* Je L’ai vu LE scier.
* Je L’ai vu scier PAR LUI.

7 Dans une infinitive, le terme AGENT est préféré à celui de sujet.
Vous voyez que cet agent peut ici être, dans la FORME, COD, COI ou prépositionnel en par.
Quand il s’agit de COI, on peut parler de DATIF, mais non de DATIF ÉTHIQUE. Je vous en donne un exemple :
* Regardez-MOI cette misère ! (Thérive)
* Et elle VOUS détacha un coup de sabot si terrible, si terrible, que de Pampérigouste même on en vit la fumée. (A. Daudet. La Mule du pape, dans les Lettres de mon moulin)
Ce datif EXPLÉTIF de la langue familière ne s’emploie qu’à la 1ère ou à la 2e personne ; soit il exprime l’intérêt du locuteur, soit il sollicite l’intérêt de l’interlocuteur ou du lecteur.
Dans l’énoncé examiné, il ne s’agit pas d’un datif éthique (le pronom est d’ailleurs à la 3e personne), mais d’un AGENT / SUJET.

8 En la voyant GARDÉE PAR LUI.
L’infinitif intemporel D’ACTION se trouve ainsi remplacé par un participe passé D’ÉTAT.
La variante est bien construite, avec un complément d’agent « par lui », mais le sens est un peu différent, ainsi que Muriel l’a bien expliqué lorsqu’elle a parlé des variantes de construction.

Je pense n’avoir rien oublié. Le cas échéant, dites-le moi, mais surtout donnez-moi votre conclusion après lecture de cette analyse laborieuse mais instructive.
Tnecniv a écrit :Pierrot, qu'est ce qu'un "datif éthique" ?
Excuse-moi de répondre à retardement (Edy avait d'ailleurs fort brillamment pris la question à son compte) :
* tout d'abord pour dire qu'il ne s'agit effectivement pas d'un datif éthique (je ne reprends pas les explications d'Edy);
* ensuite pour préciser ce qu'est un véritable datif éthique : c'est une figure de renforcement qui implique dans la phrase une ou des personnes (généralement le locuteur ou l'auditeur, ou encore à la cantonade) qui n'est pas directement concernée par l'action décrite.

Le plus bel exemple que je connaisse de datif éthique est tiré de La Fontaine V, 8 :
J d l F a écrit :L'autre […] lui lâche une ruade
Qui vous lui met en marmelade
Les mandibules et les dents.

(Le cheval et le loup)
D'autes exemples :
* Regardez-moi ça ! Regardez-moi ce chantier !
* Le petit m'a fait la grippe.
* Je te lui ai passé un de ces savons !

L'analyse du sens peut se développer ainsi :
* qui vous lui met … => comme je vous le raconte
* regardez-moi ça ! => comme je le vois !
* le petit m'a fait … => mon petit a fait …
* je te lui ai mis … => tu aurais vu ça !
Mais c'est toujours une sorte d'appel à témoin.

D'ailleurs, et bien que cette construction ne soit pas répertoriée en tant que telle dans les figures de réthorique, certains auteurs la citent dans les figures de style (figures de renforcement).

On peut trouver quelques formulations moins nettes :
* Il m'a l'air bizarre / Il a l'air bizarre = Il [ me ] semble bizarre.
* Débarrassez-moi le plancher ! / Débarrassez le plancher = Débarrassez le plancher pour moi.
Merci beaucoup à tous pour vos réponses, notamment à Edy pour son analyse pas du tout laborieuse et en effet très instructive (je pense avoir tout compris même si pas tout retenu), et à Pierrot pour ses exemples variés et éclairants de datif éthique.
J'ai hâte d'avoir d'autres questions de grammaire !
A bientôt !
Tiens, voyez-moi cet autre datif éthique, rencontré au hasard de mes (re)lectures :
Et elle vous lui détacha un coup de sabot si terrible, si terrible, que de Pampérigouste même on en vit la fumée […]
A. Daudet, La mule du Pape, 1866.
Daudet n'ignorait évidemment pas La Fontaine (la construction est exactement la même entre les deux exemples), mais celui-là n'avait certainement pas besoin d'avoir lu celui-ci pour connaître et utiliser le procédé.
Magnifique ! merci Pierrot et Daudet
(pour nos jeunes je précise que le datif peut être assimilé au complèment indirect)