L’épître au roi de Clément Marot

Entraide scolaire

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

je me présente, je m'appelle Alexis et je suis actuellement en classe de 1èreS. Il se trouve que j'ai un oral type BAC à préparer pour lundi avec une certaine question. Certaine question qui d'ailleurs est considérée par moi et l’ensemble de mes camarades comme ardu. Je ne demande aucune solution à proprement parler, il se trouve qu'au vu de ma question je n'ai trouvé qu'un seul axe, une seule partie à exposer.

La question : "En quoi cette épître interroge-t-elle le genre humain?"

Après une réflexion de ma part, j'en suis venu à conclure qu'un des axes de cette oeuvre était la notion de justice (traitée par Marot qui est dans une situation d'injustice et les différents faits textuels lui permettant de critiquer cette même injustice). Cependant aucun moyen de trouver le deuxième axe. Est-ce mon premier axe qui est trop large? J'aimerais aussi avoir des renseignements sur l'introduction orale si ce n'est trop demander. Je vous remercie chaleureusement et je vous joint l'extrait de l’épître étudiée.

Texte :
Au roi, pour le délivrer de prison.

Roi des Français, plein de toutes bontés,
Quinze jours a, je les ai bien comptés,
Et dès demain seront justement seize,
Que je fus fait confrère au diocèse
De Saint-Marry, en l'église Saint-Pris.
Si vous dirai comment je fus surpris,
Et me déplaît qu'il faut que je le die.
Trois grands pendards vinrent à l'étourdie
En ce palais me dire en désarroi :
« Nous vous faisons prisonnier, par le Roi.»
Incontinent, qui fut bien étonné ?
Ce fut Marot, plus que s'il eût tonné.
Puis m'ont montré un parchemin écrit,
Où n'y avait seul mot de Jésus-Christ :
II ne parlait tout que de plaiderie,
De conseillers et d'emprisonnerie.
« Vous souvient-il, ce me dirent-ils lors,
Que vous étiez l'autre jour là-dehors,
Qu'on recourut un certain prisonnier
Entre nos mains ? » Et moi de le nier !
Car, soyez sûr, si j'eusse dit oui,
Que le plus sourd d'entre eux m'eût bien ouï,
Et d'autre part, j'eusse publiquement
Eté menteur : car, pourquoi et comment
Eussé-je pu un autre recourir,
Quand je n'ai su moi-même secourir ?
Pour faire court, je ne sus tant prêcher
Que ces gaillards me voulsissent lâcher.
Sur mes deux bras ils ont la main posée,
Et m'ont mené ainsi qu'une épousée,
Non pas ainsi, mais plus raide un petit.
Et toutefois j'ai plus grand appétit
De pardonner à leur folle fureur
Qu'à celle-là de mon beau procureur :
Que male mort les deux jambes lui casse !
II a bien pris de moi une bécasse,
Une perdrix, et un levraut aussi,
Et toutefois je suis encore ici !
[…]
Si vous supplie, Sire, mander par lettre,
Qu'en liberté ces gens me veuillent mettre;
Très humblement requérant votre grâce
De pardonner à ma trop grande audace
D'avoir empris ce sot écrit vous faire;
Et m'excusez, si pour le mien affaire
Je ne suis point vers vous allé parler :
Je n'ai pas eu le loisir d'y aller.
Pour l'introduction, regarde cette page du site https://www.etudes-litteraires.com/commentaire#introduction

En plus de l'injustice, tu peux examiner
- les rapports de pouvoir (puissant et faible, riche et pauvre),
- la survenue du malheur, le tragique de l'existence humaine, tu peux transposer l'arrestation, le jugement et le roi en maladie ou mort, tribunal céleste et Dieu… Rôle de la prière…
Bonjour,
- Tu peux commencer par étudier la tonalité humoristique de cette épître (genre que tu auras défini en introduction, après les circonstances de sa parution) ; les exemples abondent dans la manière dont le locuteur parle de lui et de ses mésaventures, en donnant de lui l'image d'un personnage naïf, héros d'une farce bouffonne.
Un seul exemple : les vers 4, 5, et 14, sous couvert de religion, évoquent en fait la prison et l'arrêt du tribunal, Saint-Merri étant proche du Châtelet et Saint-Pris rappelant le mot prison.
Mais bien sûr, il y a quantité d'autres exemples…
- Cette étude t'amènera à évoquer ensuite non le thème de l'injustice, mais la satire de la justice : tu peux étudier les arguments de Marot pour prouver son innocence, la surdité de ses juges, les conditions de son emprisonnement…
Tu peux conclure sur l'efficacité de l'humour ; faire sourire le roi est un moyen plus sûr de le mettre de son côté que le pathétique (songe aux effets du rire dans les comédies). Il est ainsi plus facile de faire jouer le roi contre… l'autorité royale elle-même !

Pour toutes ces raisons, bien distinguer dans l'étude Marot, l'homme, du personnage qu'il joue (qu'on peut appeler le locuteur).
Jean-Luc, le tragique de l'existence humaine à propos de Marot, c'est un peu fort, non ? D'autre part, cela ne saurait constituer un axe de lecture en raison de l'écriture même du texte et de sa visée.

Par contre, je n'avais pas vu la question initiale "En quoi cette épître interroge-t-elle le genre humain" ? Je ne sais pas qui l'a formulée, mais c'est donner à ce texte une dimension qu'il n'a pas et, de ce fait, fausser sa lecture dès le départ. Dans les œuvres que je connais de Marot, celui-ci n'a jamais atteint la conscience d'un Beaumarchais, par exemple, qui entendait rire des choses "de peur d'être obligé d'en pleurer". Ici, tout au plus peut-on mettre en valeur l'instabilité de la condition humaine, surtout pour les "humbles" et l'arbitraire dont usent ceux qui ont le pouvoir (sauf le roi bien sûr !), en conclusion bien sûr. Quant au "genre humain", il est concerné à partir du moment où l'édition du texte lui assure une double destination : le roi, puis les lecteurs qui sont juges.
Je vous remercie de vos réponses, j'ai fini de préparer mon oral, je le passe lundi après-midi, je passerais prévenir de mes résultats!