Bonjour, je suis en 1ère et je dois répondre a quelques questions que m'a posé mon professeur pour lundi 2. Il y en a une qui me pose problème…
Je dois donc : "analyser l'humour de Stendhal". Je pense qu'il y a de l'ironie dans cet extrait: Julien s'est donné lui même l'objectif de prendre la main de Mme de Renal, non pas par amour mais par l'envie de ressemblé aux grands hommes des livres qu'il lit. Il est extrêmement timide, mais son orgueil l’empêche de renoncer. C'est pourquoi il compare son acte à une guerre ou à un duel. Voila tous ce que j'ai trouvé… Si vous pouviez me dire ce que vous en pensez, ou me donner d'autres idées, je vous serais très reconnaissante!
Le soleil en baissant, et rapprochant le moment décisif, fit battre le cœur de Julien dʼune façon singulière. La nuit vint. Il observa, avec une joie qui lui ôta un poids immense de dessus la poitrine, quʼelle serait fort obscure. Le ciel chargé de gros nuages, promenés par un vent très chaud, semblait annoncer une tempête. Les deux amies se promenèrent fort tard. Tout ce quʼelles faisaient ce soir-là semblait singulier à Julien. Elles jouissaient de ce temps, qui, pour certaines âmes délicates, semble augmenter le plaisir dʼaimer. On sʼassit enfin, Mme de Rênal à côté de Julien, et Mme Derville près de son amie. Préoccupé de ce quʼil allait tenter, Julien ne trouvait rien à dire. La conversation languissait. Serai-je aussi tremblant, et malheureux au premier duel qui me viendra ? se dit Julien, car il avait trop de méfiance et de lui et des autres pour ne pas voir lʼétat de son âme. Dans sa mortelle angoisse, tous les dangers lui eussent semblé préférables. Que de fois ne désira-t-il pas voir survenir à Mme de Rênal quelque affaire qui lʼobligeât de rentrer à la maison et de quitter le jardin ! La violence que Julien était obligé de se faire était trop forte pour que sa voix ne fût pas profondément altérée ; bientôt la voix de Mme de Rênal devint tremblante aussi, mais Julien ne sʼen aperçut point. Lʼaffreux combat que le devoir livrait à la timidité était trop pénible pour quʼil fût en état de rien observer hors lui-même. Neuf heures trois quarts venaient de sonner à lʼhorloge du château, sans quʼil eût encore rien osé. Julien, indigné de sa lâcheté, se dit : Au moment précis où dix heures sonneront, jʼexécuterai ce que, pendant toute la journée, je me suis promis de faire ce soir, ou je monterai chez moi me brûler la cervelle. Après un dernier moment dʼattente et dʼanxiété, pendant lequel lʼexcès de lʼémotion mettait Julien comme hors de lui, dix heures sonnèrent à lʼhorloge qui était au-dessus de sa tête. Chaque coup de cette cloche fatale retentissait dans sa poitrine, et y causait comme un mouvement physique. Enfin, comme le dernier coup de dix heures retentissait encore, il étendit la main et prit celle de Mme Rênal, qui la retira aussitôt. Julien, sans trop savoir ce quʼil faisait, la saisit de nouveau. Quoique bien ému lui-même, il fut frappé de la froideur glaciale de la main quʼil prenait ; il la serrait avec une force convulsive ; on fit un dernier effort pour la lui ôter, mais enfin cette main lui resta. Son âme fut inondée de bonheur, non quʼil aimât Mme de Rênal, mais un affreux supplice venait de cesser. Pour que Mme Derville ne sʼaperçût de rien, il se crut obligé de parler ; sa voix alors était éclatante et forte. Celle de Mme de Rênal, au contraire, trahissait tant dʼémotion, que son amie la crut malade et lui proposa de rentrer. Julien sentit le danger : si Mme de Rênal rentre au salon, je vais retomber dans la position affreuse où jʼai passé la journée. Jʼai tenu cette main trop peu de temps pour que cela compte comme un avantage qui mʼest acquis.
Au moment où Mme Derville renouvelait la proposition de rentrer au salon, Julien serra fortement la main qu'on lui abandonnait.
Mme de Rênal, qui se levait déjà, se rassit, en disant, d'une voix mourante :
- Je me sens, à la vérité, un peu malade, mais le grand air me fait du bien. Ces mots confirmèrent le bonheur de Julien, qui, dans ce moment, était extrême : il parla, il oublia de feindre, il parut l'homme le plus aimable aux deux amies qui l'écoutaient. Cependant il y avait encore un peu de manque de courage dans cette éloquence qui lui arrivait tout à coup. Il craignait mortellement que Mme Derville fatiguée du vent qui commençait à s'élever et qui précédait la tempête, ne voulût rentrer seule au salon. Alors il serait resté en tête-à-tête avec Mme de Rênal. Il avait eu presque par hasard le courage aveugle qui suffit pour agir ; mais il sentait qu'il était hors de sa puissance de dire le mot le plus simple à Mme de Rênal. Quelque légers que fussent ses reproches, il allait être battu, et l'avantage qu'il venait d'obtenir, anéanti.
Je dois donc : "analyser l'humour de Stendhal". Je pense qu'il y a de l'ironie dans cet extrait: Julien s'est donné lui même l'objectif de prendre la main de Mme de Renal, non pas par amour mais par l'envie de ressemblé aux grands hommes des livres qu'il lit. Il est extrêmement timide, mais son orgueil l’empêche de renoncer. C'est pourquoi il compare son acte à une guerre ou à un duel. Voila tous ce que j'ai trouvé… Si vous pouviez me dire ce que vous en pensez, ou me donner d'autres idées, je vous serais très reconnaissante!



