Étymologie de Mélétos

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Est ce que l'etymologie de Meletos (accusateur de Socrate) peut se rapporter a melein (se preoccuper) ?

Au début de sa défense contre Meletos dans l'apologie de Platon (proche de la section 24), Socrate emploie plusieurs fois le verbe melein, pour le définir comme quelqu'un qui se "mêle" un peu de ce qui ne le regarde pas, sur des sujets dont il ne s'est jamais soucié jusqu'alors.

Sur ces premieres phrases, je trouve troublant que le nom Meletos colle assez bien au concept du personnage.

De maniere generale je me demande si certains noms des dialogues ne sont pas justement choisis en raison d'une etymologie qui expliquerait les caractères des personnages.
Mélétos a existé. Si son nom vient de melein, il faut chercher parmi ses ancêtres.
Toujours dans l'apologie, je ne reconnais pas dans l'extrait suivant (31d) la forme de ἀπολώλη et ὠφελήκη. Je me serais attendu a un subjonctif au parfait de la premiere personne, mais il aurait fallu que la derniere lettre soit un ω et non η

… εἰ ἐγὼ πάλαι ἐπεχείρησα πράττειν τὰ πολιτικὰ πράγματα, πάλαι ἂν ἀπολώλη καὶ οὔτ᾽ ἂν ὑμᾶς ὠφελήκη …
Ce sont des plus-que-parfait 1ère sg
Ah ok, je m'attends plutôt à une terminaison "ein" pour le plus-que-parfait, c'est ce qui m'a trompé !

Quelques pages plus loin, voilà un verbe que je rencontre plusieurs fois mais que je n'arrive pas à trouver dans mon dictionnaire (l'abrégé du Bailly) :
εκτεισω (1ère pers. sing)
εκτεισαι (inf. aor)
Il s'agit du futur et de l'aoriste actifs de verbe ἐκτίνω (acquitter).
Merci, c'est la même construction que le verbe αποτεισαι que j'avais vu en 36b mais que je n'avais pas trouvé non plus.
τινω à retenir, celui-là il est bien complètement décrit dans le dictionnaire !

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Mise a jour 27/01/2014

L'ennui avec la collection les "belles lettres" c'est que les esprits et accents lorsqu'ils se situent sur la meme voyelle sont souvent impossibles à lire. C'est le cas dans une des premieres phrases du Laches :
Τεθεασθε μεν τον ἀνδρα μαχομενον ἐν ὁπλοις, ὡ Νικια τε και Λαχης, ου δ' ἑνεκα ὑμας ἐκελευσαμεν συνθεασθαι ἐγω τε και Μελησιας ὁδε, τοτε μεν οὐκ εἰπομεν, νυν δ'ἐρουμεν.

Ne distinguant pas l'esprit sur le "ου", j'hesite a le comprendre comme une negation ou un relatif.
J'ai d'abord pensé à une negation :
… ce n'est pas pour cela (οὐ δ'ἑνεκα) que nous vous avons ordonné de contempler…"
Avec un peu de réflexion, je pense que c'est le relatif qui s'applique à la fois à "ἑνεκα" et est l'objet de "τοτε μεν οὐκ εἰπομεν, νυν δ'ἐρουμεν" et qu'au final cela veut dire quelque chose comme :
"Vous avez contemplé cet homme combattant en armes (?!), Nikias et Laches, et la raison pour laquelle (οὑ δ'ἑνεκα) moi et Melesias ici présent vous l'avons ordonné, nous ne l'avons pas dite alors, mais allons vous la révêler."
Bien sûr que ou est un relatif ; point n'est besoin de regarder les accents !
Voici comment je traduirais :
"Vous avez regardé cet homme combattre en armes, Nicias et Lachès, mais la raison pour laquelle nous vous avons exhortés à assister à ce spectacle, moi et Mélésias que voici, nous ne la disions pas d'abord, alors qu'à présent, nous allons le faire".
Merci,
un peu plus loin en 180d, il est dit :
οὔτοι, ὦ Σώκρατές τε καὶ Νικία καὶ Λάχης, οἱ ἡλίκοι ἐγὼ ἔτι γιγνώσκομεν τοὺς νεωτέρους

J'ai compris la phrase en sens inverse, c.a.d au lieu de comprendre que 'nous ne connaissons pas bien les jeunes gens', j'avais compris au contraire que 'nous les connaissons'.

Je ne vois pas ou se trouve la negation, est ce que ἔτι a un sens particulier ?
La négation est outoi, dont il faut bien regarder l'accentuation pour ne pas le prendre pour un démonstratif.
Merci, car je n'aurais pas trouve tout seul, pour moi c'etait evident que outoi etait un demonstratif.

Il y a un verbe que j'ai toujours du mal a comprendre, c'est ὑπάρχω. Je trouve que ce verbe n'a pas son equivalent en francais et j'ai du souvent mal a le substituer par "etre a l'initiative de, avoir a disposition" …
Encore un peu plus loin en 181a : καὶ δὴ καὶ ὅτι οἰκεῖα τά τε σὰ ἡμῖν ὑπάρξει καὶ σοὶ τὰ ἡμέτερα
J'avais bien une idee mais impossible de la formuler. Le bude confirme que j'avais plus ou moins compris mais reformule de maniere totalement differente, car ca semble intraduisible comme ca en francais.
Ce verbe, quand il est suivi du datif, signifie en effet "être à la disposition de", ou, tout simplement "appartenir à". Il sert souvent de substitut au verbe être dans ce sens.
Mot à mot :
"Il est certes bien, par Héra, Socrate, que tu soutiennes l'honneur de ton père, lui étant le meilleur des hommes, et surtout que ce qui t'est propre doive nous appartenir et à toi ce qui nous est propre."
Bonjour,

Toujours dans Lachès, (car j'ai été retardé par la lecture du tome 1 de l'anabase durant au moins 1 mois), j'ai cru voir à un endroit les prémisses de la theorie des idees de Platon.
Mais ce dialogue étant parmi les textes socratiques supposés être les premiers qu'il a écrits, il se peut que je sois encore assez éloigné de ceux où cette théorie est exposée. Néanmoins en 191c :
βουλόμενος γάρ σου πυθέσθαι μὴ μόνον τοὺς ἐν τῷ ὁπλιτικῷ ἀνδρείους, ἀλλὰ καὶ τοὺς ἐν τῷ ἱππικῷ καὶ ἐν σύμπαντι τῷ πολεμικῷ εἴδει
D'une part, le mot "to eidos" est utilisé dans le sens ou il s'agit d'investiguer la nature commune à différentes choses. J'en conclus que Platon pense déjà plus ou moins à une caractère générique des choses qui se traduira plus tard par sa future théorie.
Le mot me semble avoir ici le sens banal de "genre" ("dans le genre militaire en général") ; vouloir y voir une préfiguration de la théorie des Idées est un peu excessif ! D'une manière générale, Platon, dès ses premiers dialogues, invite ses interlocuteurs à dépasser les cas particuliers pour remonter à l'essence de la chose, en général non totalement définissable. C'est ainsi que le pauvre général Lachès, le militaire courageux entre tous, va se voir dans l'incapacité de définir le courage, et même de discerner si c'est un bien ou non !
Après avoir suivi l'enseignement sur l'art equestre de Xenophon ces 2 dernieres semaines, me voici abordant le tome III de Platon : Protagoras.

A la premiere phrase, je ne sais pas comment traduire τὴν ὥραν. Et d'ailleurs cela ne me semble pas traduit non plus dans la page de gauche ?
πόθεν, ὦ Σώκρατες, φαίνῃ; ἢ δῆλα δὴ ὅτι ἀπὸ κυνηγεσίου τοῦ περὶ τὴν Ἀλκιβιάδου ὥραν.
c'est le "bel âge", la "beauté dans sa fleur".
Merci, mais j'ai du mal à comprendre la construction :

ἀπὸ κυνηγεσίου τοῦ περὶ τὴν Ἀλκιβιάδου ὥραν

Est ce que c'est bien construit comme :
κυνηγεσίου τοῦ Ἀλκιβιάδου
περὶ τὴν ὥραν (sous-entendu : Ἀλκιβιάδου)

Avec une imbrication qui permet en quelque sorte de faire de Ἀλκιβιάδου un genitif commun aux 2 propositions ?
C'est beaucoup plus simple :
ἀπὸ κυνηγεσίου : de la chasse,
τοῦ περὶ τὴν Ἀλκιβιάδου ὥραν. : celle à la fleur d'Alcibiade.

Par contre, comment traduis-tu ἢ δῆλα δὴ ὅτι … 😜 ?
J'avais compris par "Est ce que de toute évidence c'est d'une chasse donnée à ….".
En fait je ne vois pas trop l'intérêt de ὅτι, j'aurais traduit pareil si ca avait été ἢ δῆλα δὴ ἀπὸ κυνηγεσίου ….

Dans la phrase suivante, Platon aurait-il cherché à jouer sur les mots en employant lepaineths et hupenhtou qui sont de sonorité assez proche pour accentuer l'ironie de sa question ?
Regarde ton Bailly, tu verras que ἢ ne signifie pas "est-ce que" mais "ou" (ou "que" après un comparatif, exclu ici)…
La réponse est dans Bizos p. 150.
Quant à ὅτι, il développe δῆλα : "il est tout à fait manifeste que (tu viens) de la chasse…"

J'ai du mal à comprendre les translittérations. Tu veux parler de la réplique de Socrate, sans doute ? Oui, il y a ironie (Socrate s'appuie sur Homère pour justifier une idée "galante"), mais pas de jeu sur les sonorités, les mots étant éloignés l'un de l'autre et situés sur des plans différents.