témoignent de l'impressionnante influence de l'anglais dans le vocabulaire informatique
Heureux si seulement en informatique, l’invasion affecte tous les domaines : affaires, sciences, services, etc. Cela témoigne surtout de notre souhait d’identification au monde anglo-saxon (principalement états-unien), voire de notre désir absolu de soumission à celui-ci; illustrant de façon brillante notre faiblesse, notre lâcheté et notre paresse.
Ces cas montrent aussi que ceux ayant recours à ces emprunts inutiles ne connaissent ni le français ni l’anglais car, si c’était le cas, ils sauraient que les mots empruntés ont déjà, la plupart du temps, leur équivalent en français, ou que, à défaut, on peut forger un nouveau mot (computer vs. ordinateur, etc.). Le cas de « look » est typique de ces emprunts non justifiés, il se traduit par aspect, apparence, donc son équivalent existe en français. Emprunts non seulement inutiles mais aussi dangereux car ils poussent souvent dans l’ombre, voire dans les oubliettes, leur équivalent indigène. Trouvez-moi un gestionnaire en France ! Tous disparus, seuls des « managers » trônent dorénavant, et ce n’est pas par nostalgie que le terme a été copié/collé de l’anglais, puisqu’il s’agit d’un mot français à l’origine (ménagement), mais bien en signe de fidélité et de soumission au maître du monde (E.U.A.), en bons et loyaux serviteurs.
Comme rappelé précédemment, emprunter parmi des langues étrangères est une nécessité aux conditions que : 1- il n’existe pas d’équivalent dans la langue indigène ; 2- que forger un néologisme serait soit inutile soit difficilement justifiable ; 3- que cet apport introduit une nouveauté et un enrichissement de la langue indigène.
On enrichit la langue française en introduisant des mots tels que burka, kéfir, sarong, etc.; par contre, on n’apporte rien en remplaçant apparence par « look ».
Dernière tendance linguistique depuis quelques mois, certains se mettent à « liker », verbe qui n’existe ni en français ni en anglais. C’est ignorer que nous avons un verbe, et non le moindre, qui fonctionne encore à merveille : aimer.
On pourrait distinguer deux catégories d’emprunts linguistiques : l’emprunt par nécessité, qui a une valeur fonctionnelle, et l’emprunt par identification (à une culture « dominante », ou du moins à laquelle on s’identifie), qui relève davantage des phénomènes sociologiques.