Formulation correcte avec le mot "multitude"

Langue française

39 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Pouvez-vous me dire si cette phrase est correcte, et si non, pourquoi ?

Merci

"C'est après avoir changé de looks à multitudes reprises, qu'il révéla sa véritable identité."
Incorrect => à multiples reprises. Multitude est un nom. Il faut l'adjectif.
Merci beaucoup
Fignolons un peu : garder "look" au singulier… Car une personne donnée ne change pas de plusieurs looks à la fois, même si elle en change souvent. Et rajouter un déterminant avant "multiples". Supprimer la virgule après "reprises".

C'est après avoir changé de look à de multiples reprises qu'il révéla sa véritable identité.
Jehan a écrit :C'est après avoir changé de look à de multiples reprises qu'il révéla sa véritable identité.
Je suppose qu'on passera pour ringard si l'on écrit :
C'est après avoir changé d'apparence à de multiples reprises qu'il révéla sa véritable identité.

La formulation fautive "à multitudes reprises" de Minette vient peut-être d'une confusion avec l'adverbe "moult". On pourrait écrire : à moult reprises. Une autre possibilité existe, avec l'adjectif "maint" : à maintes reprises.
Certes, look, comme dit le Robert, est un anglicisme familier, mais outre sa concision, il apporte un petit "plus" par rapport à apparence : c'est volontairement étudié en vue d'un effet, et cela relève d'une mode.
Oui, bien sûr, d'une mode langagière et vestimentaire !
Le petit plus n'est d'ailleurs pas tant au niveau du sens que du registre, et ça peut être important pour le locuteur : utiliser un vocabulaire jeune, branché, … Ça fait aussi partie du look !
D'une manière générale, je crois que la concision n'est pas le souci principal des locuteurs qui utilisent ces mots. Look est court, mais ils n'hésiteront pas à créer au besoin la lookitude qui l'est moins (il y en a déjà sur la Toile). Si la concision était recherchée, ils diraient "souvent" plutôt que "à de multiples reprises" !
Cela dit, je n'ai absolument rien contre les mots importés et contre les modes. Je signalais simplement la chose à Minette qui en fera l'usage qu'elle voudra !
En tout cas, le verbe relooker est bien plus pratique que ne serait "réapparencer"… 😉
Là, tu marques un point, et un gros ! 😀
C'est un concours ??? 😀
Oui, pourquoi pas. Tu veux jouer ? 😉
En fait, on pourrait chercher d'autres mots bien français impeccablement formés sur des étymons "à sale gueule", prouvant la vitalité de la langue française qu'on dit parfois moribonde.
Dans ce cas, il faut créer un nouveau topic, lamaneur !

Euh, tu pourrais me donner un exemple d'un mot bien français impeccablement formé sur des étymons "à sale gueule" ?
Ben oui, précisément "re-look-er" qui ajoute à une base visiblement étrangère, look, un préfixe re- et un suffixe verbal -er bien français. On ne peut pas accuser relooker d'être anglais !
Et que penses-tu de forwarder ? Sur un radical anglais, on met une terminaison bien française, et hop, le tour est joué. Je préfère, et de loin, transférer.

Je pense souvent au bouquin d'Etiemble, paru il y a bien une quarantaine d'années, Parlez-vous franglais, qui mettait déjà en garde contre cette dérive.

De toute manière, la bataille est perdue. Il n'y a qu'à voir les titres des émissions de télévision grand public.
fandixhuit a écrit :Et que penses-tu de forwarder ? Sur un radical anglais, on met une terminaison bien française, et hop, le tour est joué. Je préfère, et de loin, transférer.
Moi aussi. Mais il n'empêche, forwarder, comme se loguer, se déloguer, rebooter, buguer, débuguer, … témoignent de l'impressionnante influence de l'anglais dans le vocabulaire informatique, mais en même temps de la belle vitalité du français qui sur ces mots métèques forge des créations régulières et bien françaises dans leurs structures.
lamaneur a écrit :Je suppose qu'on passera pour ringard si l'on écrit :
C'est après avoir changé d'apparence à de multiples reprises qu'il révéla sa véritable identité.
Peu importe pour quoi ou qui l'on passe en écrivant de la sorte : c'est une manière de formuler beaucoup plus correcte que la proposition initiale.
En tout cas, les apparences sont sauves ! 😉
témoignent de l'impressionnante influence de l'anglais dans le vocabulaire informatique
Heureux si seulement en informatique, l’invasion affecte tous les domaines : affaires, sciences, services, etc. Cela témoigne surtout de notre souhait d’identification au monde anglo-saxon (principalement états-unien), voire de notre désir absolu de soumission à celui-ci; illustrant de façon brillante notre faiblesse, notre lâcheté et notre paresse.

Ces cas montrent aussi que ceux ayant recours à ces emprunts inutiles ne connaissent ni le français ni l’anglais car, si c’était le cas, ils sauraient que les mots empruntés ont déjà, la plupart du temps, leur équivalent en français, ou que, à défaut, on peut forger un nouveau mot (computer vs. ordinateur, etc.). Le cas de « look » est typique de ces emprunts non justifiés, il se traduit par aspect, apparence, donc son équivalent existe en français. Emprunts non seulement inutiles mais aussi dangereux car ils poussent souvent dans l’ombre, voire dans les oubliettes, leur équivalent indigène. Trouvez-moi un gestionnaire en France ! Tous disparus, seuls des « managers » trônent dorénavant, et ce n’est pas par nostalgie que le terme a été copié/collé de l’anglais, puisqu’il s’agit d’un mot français à l’origine (ménagement), mais bien en signe de fidélité et de soumission au maître du monde (E.U.A.), en bons et loyaux serviteurs.

Comme rappelé précédemment, emprunter parmi des langues étrangères est une nécessité aux conditions que : 1- il n’existe pas d’équivalent dans la langue indigène ; 2- que forger un néologisme serait soit inutile soit difficilement justifiable ; 3- que cet apport introduit une nouveauté et un enrichissement de la langue indigène.

On enrichit la langue française en introduisant des mots tels que burka, kéfir, sarong, etc.; par contre, on n’apporte rien en remplaçant apparence par « look ».

Dernière tendance linguistique depuis quelques mois, certains se mettent à « liker », verbe qui n’existe ni en français ni en anglais. C’est ignorer que nous avons un verbe, et non le moindre, qui fonctionne encore à merveille : aimer.

On pourrait distinguer deux catégories d’emprunts linguistiques : l’emprunt par nécessité, qui a une valeur fonctionnelle, et l’emprunt par identification (à une culture « dominante », ou du moins à laquelle on s’identifie), qui relève davantage des phénomènes sociologiques.
par contre, on n’apporte rien en remplaçant apparence par « look ».
Encore qu'il y ait une nuance supplémentaire, comme j'ai signalé plus haut.
C'est volontairement étudié en vue d'un effet, ce qui n'est pas forcément le cas d' "apparence".
Et quel mot bien de chez nous serait l'exact équivalent de "relooker" ?

Quant à liker, il a un sens plus spécialisé qu' aimer.
C'est dire qu'on aime, qu'on approuve… Mais seulement sur le Net, dans le cas d'un site, d'un message, d'une personne, en cliquant sur un bouton du genre "I like" (j'aime).
"relooker" ? "Se refaire une apparence" pardi ! Vous verrez, c'est une question d'habitude 😉

Certes, c'est plus long.

Le franglais, ou l'éloge de la paresse linguistique, témoignage d'une allégeance.

à paraître aux éditions Niklefrançais 😂