La tragédie racinienne est écrite d’abord dans la violence d’une situation objective…

Entraide scolaire

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonsoir à tous ! 🙂

Je viens chercher un peu d'aide pour une dissertation qui me tracasse par la longueur du sujet…
Le voici : "La tragédie Racinienne est écrite d'abord dans la violence d'une situation objective. Les héros y sont contraint à l'action, aux décisions radicales, entraînés dans des conflits qu'ils n'ont pas choisis. Le paradoxe est qu'ils les occupent et s'y engagent, au nom de la colère, de la vengeance et de la gloire, comme si le monde où ils ont été jeté leur était consubstantiel. Leur condition devient une des faces de leur nature." (J.Morel Introduction au théâtre complet de Racine)

Il me semble que cet énoncé souligne deux parties distinctes, la première jusqu'à "choisis" qui soulignerait le fait que Racine ne fait que reprendre des sujets déjà explorés mille fois avant lui d'où l'écriture d'une situation objective puisque déjà existante par rapport à un mythe ou des historiens dont Racine s'inspire mais aussi des héros définis par rapport à l’héritage de la poétique d'Aristote qui encadre sévèrement le théâtre du XVIIème.
Et une seconde idée, le paradoxe du théâtre Racinien qui réussirait à allier cet héritage antique, les contraintes du classique avec une nouvelle définition du héros qui apparaît à travers sa capacité à s'approprier la situation tragique dans laquelle il est coincé et s'y débattre au nom de ses passions qui chez Racine constituent le cœur de l'intrigue dramatique. Ainsi, les héros de Racine seraient moins psychologique qu'essentiellement définit par la passion qui les domine et pour laquelle ils se battent, Néron et Agrippine seraient définit, essentiellement, par leur soif de pouvoir, Titus par la gloire, Junie par l'amour…
Ma problématique serait donc orientée sur le héros Racinien comme symbole de l'émancipation par rapport au classique mais aussi comme celui qui, par ses passions incontrôlées, met en marche la machine tragique et le précipite vers sa fin, soulignant le théâtre Racinien comme celui des passions mises au cœur de l'intrigue.

J'ai peur toutefois que ma réflexion soit un peu binaire…. Suis-je dans la bonne direction ?

Merci d'avance pour votre aide !
Il me semble que cette définition s'appuie sur l'essence de la tragédie, à savoir la fatalité, l'issue inéluctable qui accable des personnages hors du commun.
Morel l'applique au théâtre racinien en soulignant un paradoxe : cette issue n'est plus imposée mais en quelque sorte "consubstantiel(le)".
Je ne crois pas que l'appropriation antique soit la bonne piste car Racine a pu parfois retenir des sujets modernes.
En revanche la dramaturgie de la passion en est certainement une. Chez Racine, la tragédie s'intériorise…
Merci beaucoup Jean-Luc !
Je pense avoir compris 🙂 Le sujet porterait donc plutôt sur l'essence même de la tragédie, la fatalité, le destin des personnages mais qui ne serait pas imposé de l’extérieur, par des dieux par exemple, mais plutôt une fatalité qu'ils porteraient en eux, à cause justement de leur soucis de gloire, pouvoir, vengeance… Un peu comme l’hérédité du caractère de Néron à laquelle Agrippine fait référence. D'où le paradoxe par rapport à l'idée que l'on se fait de la tragédie où le personnage subit le destin qui lui est imposé, ici il porte une certaine responsabilité.
Est-ce pour cela que certaines tragédie romaines ne finissent pas entièrement dans un bain de sang ? Le renoncement de Bérénice, par exemple, avorte la tragédie, personne ne meurt à la fin, peut-on voir cela comme une manière de nuancer cette fatalité ?
Merci encore de votre conseil, cela m'aide à réorienter ma réflexion.
Tu es partie sur de bonnes bases.
Racine exploite une des bases de la tragédie antique, à savoir que les dieux aveuglent ceux qu'ils veulent perdre, ceux qui sont coupables d'hubris, d'orgueil. Racine examine comment la passion fait perdre leur lucidité à ses héros. Bérénice est une exception car la pièce ne se termine pas par la mort physique. Néanmoins on peut y lire une ablation affective qui transforme l'héroïne en morte vivante. La fin est cruelle. N'oublie pas que Racine est un moraliste, c'est-à-dire quelqu'un qui pense que la passion est la fin de la paix pour l'âme.