Du Bellay, Les Regrets - Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage…

Entraide scolaire

29 réponses · Page 2 / 2

Bonjour à tous,
Alors voilà j'ai un petit problème ! En vue du bac français que je révise je dois passer sur le poème de Du Bellay :
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !


Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?


Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :


Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur angevine.
Joachim du Bellay, Les Regrets
Mais je sèche un peu avec quel autre poème je pourrai le mettre en relation !

Merci d'avance !
Ce thème traverse les siècles. Tout dépend si, en ouverture, tu souhaites rester au XVI° ou si tu peux te hasarder avec Chateaubriand. (Avec un minimum de mise en contexte, s'il fallait préciser le rapprochement thématique …)

François-René de CHATEAUBRIAND (1768-1848)
Souvenir du pays de France

Romance.

Combien j'ai douce souvenance
Du joli lieu de ma naissance !
Ma soeur, qu'ils étaient beaux les jours
De France !
O mon pays, sois mes amours
Toujours !

Te souvient-il que notre mère,
Au foyer de notre chaumière,
Nous pressait sur son coeur joyeux,
Ma chère ?
Et nous baisions ses blancs cheveux
Tous deux.

Ma soeur, te souvient-il encore
Du château que baignait la Dore ;
Et de cette tant vieille tour
Du Maure,
Où l'airain sonnait le retour
Du jour ?

Te souvient-il du lac tranquille
Qu'effleurait l'hirondelle agile,
Du vent qui courbait le roseau
Mobile,
Et du soleil couchant sur l'eau,
Si beau ?

Oh ! qui me rendra mon Hélène,
Et ma montagne et le grand chêne ?
Leur souvenir fait tous les jours
Ma peine :
Mon pays sera mes amours
Toujours !
Mais je sèche un peu avec quel autre poème je pourrai le mettre en relation !
Avec celui qui le précède, et celui qui le suit dans le recueil… En effet, les Regrets est une œuvre construite, charpentée avec une architecture précise où chaque sonnet fait écho aux autres.
Ou bien avec l'Odyssée, non ?
"Le retour", de Musset
Heureux le voyageur que sa ville chérie
Voit rentrer dans le port, aux premiers feux du jour !
Qui salue à la fois le ciel et la patrie,
La vie et le bonheur, le soleil et l'amour !
— Regardez, compagnons, un navire s'avance.
La mer, qui l'emporta, le rapporte en cadence,
En écumant sous lui, comme un hardi coursier,
Qui, tout en se cabrant, sent son vieux cavalier.
Salut ! qui que tu sois, toi dont la blanche voile
De ce large horizon accourt en palpitant
Heureux, quand tu reviens, si ton errante étoile
T'a fait aimer la rive ! heureux si l'on t'attend !

D'où viens-tu, beau navire ? à quel lointain rivage,
Léviathan superbe, as-tu lavé tes flancs ?
Es-tu blessé, guerrier ? Viens-tu d'un long voyage ?
C'est une chose à voir, quand tout un équipage,
Monté jeune à la mer, revient en cheveux blancs.
Es-tu ruche ? viens-tu de l'Inde ou du Mexique ?
Ta quille est-elle lourde, ou si les vents du nord
T'ont pris, pour ta rançon, le poids de ton trésor ?
As-tu bravé la foudre et passé le tropique ?
T'es-tu, pendant deux ans, promené sur la mort,
Couvant d'un œil hagard ta boussole tremblante,
Pour qu'une Européenne, une pâle indolente,
Puisse embaumer son bain des parfums du sérail
Et froisser dans la valse un collier de corail ?

Comme le cœur bondit quand la terre natale,
Au moment du retour, commence à s'approcher,
Et du vaste Océan sort avec son clocher !
Et quel tourment divin dans ce court intervalle,
Où l'on sent qu'elle arrive et qu'on va la toucher !

Ô patrie ! ô patrie ! ineffable mystère !
Mot sublime et terrible ! inconcevable amour !
L'homme n'est-il donc né que pour un coin de terre,
Pour y bâtir son nid, et pour y vivre un jour ?
Bonjour, je voulais savoir en quoi ce poème était une réécriture du mythe d'Ulysse.

Cordialement
Sur quel système d'oppositions est construit le poème ? Bonjour
Je suis élève en 1ereS. Ma professeur de français m'a donné une question à faire pour préparer l'oral du bac de français. La question est celle du titre et mon texte est "Heureux qui comme Ulysse" de Joachim du Bellay.
J'ai pensé à faire une première partie sur le lyrisme et une deuxième partie sur sa nostalgie et sa douleur.
J'aimerai avoir des avis sur ça s'il vous plaît.
Bonne soirée
"La question est celle du titre "… (du poème ? du recueil ?)

Que veux-tu dire ? Quelle est la consigne exacte ?

Les aspirations de du Bellay à deux moments de sa vie .
Le voyage entre attraction et déception.

I. L'attraction de Rome
Références à Ulysse/ la toison
Evocation de lieux : Tibre/le mont palatin/les palais romains/l'air marin
Le voyage dans le temps et les racines antiques

II. L'attraction de la petite patrie
La simplicité et la modestie du pays natal
Le symbole de la maison et l'ardoise
Rêve d'ancrage et de douceur

III. Un cheminement poétique
La dette aux Anciens
La nécessité d'exprimer des sentiments
Une savante simplicité (beauté formelle et poésie élégiaque)
Si par "titre" tu parles de la question que tu poses en haut, ton plan n'y répond pas. Il faudrait traiter l'opposition entre Rome et sa région natale
Elisabassom a écrit : J'ai pensé à faire une première partie sur le lyrisme et une deuxième partie sur sa nostalgie et sa douleur.
C'est ce qu'il ne faut pas faire !

Comment s'expriment la nostalgie et la douleur du poète, si ce n'est pas le lyrisme ? Vous ne pouvez donc pas distinguer les deux.